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Événements de l'année 2011

ÉVÉNEMENTS DE L'ANNÉE 2011


Corrélation entre les immolations au Tibet et la politique de répression de la liberté religieuse (26 décembre)
Entretien exclusif avec l'artiste Ai Weiwei (24 décembre)
Violence entre étudiants tibétains et chinois à Chengdu (16 décembre)
Lettre ouverte à l'ambassade de France à Pékin (15 décembre)
Le Dalaï-Lama interpelle Lady Ashton (15 décembre)
Déclaration du Kashag lors du 22ème anniversaire de la remise du Prix Nobel de la Paix à Sa Sainteté le Dalaï-Lama (10 décembre)
Décès de Tenzin Phuntsok, 5 jours après son immolation (9 décembre)
Des Tibétains exhibés avec des pancartes au cou (3 décembre)
Compte-rendu de la rencontre avec M. Lobsang Sangay (26 novembre)
Première visite en France de M. Lobsang Sangay (26 novembre)
Le Kashag pleure la disparition de Mme Danielle Mitterrand (23 novembre)
"Le génocide culturel est vrai", dit l'ancien diplomate américain John Graham (15 novembre)
Une nouvelle immolation dans une région tibétaine de Chine (3 novembre)
Manifestation nationale contre la visite de Hu Jintao en France (2 novembre)
Un autre moine s'est immolé au monastère de Karze (25 octobre)
La Chine accuse le Dalaï-Lama d'encourager les immolations de Tibétains (19 octobre)
20 000 fonctionnaires chinois pour une éducation patriotique dans les villages tibétains (19 octobre)
Une nonne tibétaine s'immole par le feu (11 octobre)
Répression au Tibet : message de l'Administration Centrale Tibétaine à la R.P.C. (11 octobre)
Appel urgent pour la répression à Ngaba
Bonzes tibétains : la révolte par l'immolation (30 septembre)
L'enlèvement d'un drapeau tibétain déclenche des protestations (2 octobre)
Lancement de la "Troisième bataille" au Tibet (30 septembre)
Le monastère de Kirti bouclé après la tentative d'immolation de deux moines (27 septembre)
Deux autres moines du monastère de Kirti s'immolent par le feu (26 septembre)
Sa Sainteté le Dalaï-Lama décidera de sa succession à l'âge de 90 ans (25 septembre)
Un moine décède des suites de tortures après 10 ans d'emprisonnement (14 septembre)
La Chine convoite l'Arctique et l'Atlantique (13 septembre)
Une délégation de maires a rencontré le Dalaï-Lama (24 août)
Des detenus Tibétains torturés dans la région de Kardze (18 août)
Global Action Day : 13 juillet (13 juillet)
Les Tibétains de Kardze célèbrent l'anniversaire du Dalaï-Lama (9 juillet)
Dénonciations de la torture au Tibet (5 juillet)
Le mois sacré de Saga Dawa ponctué de manifestations à Kardze (4 juillet)
Des centaines de moines du monastère de Kirti obligés de partir, expulsés ou détenus (21 juin)
Des moines du monastère de Kirti refusent de participer au rassemblement pour la prière "mise en scène" par les autorités chinoises (21 juin)
Les autorités chinoises ont démoli la maison du 13ème Dalaï-Lama (16 juin)
"Transparence et liberté de la presse sont les premières pierres vers la Démocratie" déclare le Dalaï-Lama (13 juin)
Tibet, évolution politique et résistance (8 juin)
La répression continue au monastère de Kirti (26 mai)
2ème Assemblée Générale Tibétaine (21-24 mai)
Les chantiers du nouveau Premier Ministre Tibétain (28 avril)
Pétition pour la libération du monastère de Kirti
Rassemblement de soutien au Peuple tibétain devant le Quai d'Orsay (27 avril)
Crise au monastère de Kirti : appel à l'aide à l'administration centrale tibétaine (23 avril)
Une cour de justice reconnaît officiellement le Tibet (21 avril)
Communiqué de Thupten GYATSO à Alain JUPPÉ (15 avril)
Situation à Kirti : appel du Dalaï-Lama (15 avril)
Des moines tibétains assiégés par Pékin (14 avril)
La police armée chinoise boucle le monastère de Kirti à Ngaba (14 avril)
Résolution sur le Tibet par le Parlement Européen ( 7 avril)
Décès de Jamyang Jinpa (6 avril)
Manifestation au Tibet dans la région de l'Amdo-Ngaba (23 mars)
Appel à une commémoration nationale (10 mars)
Le Tibet fermé aux touristes étrangers en mars 2011 (7 mars)
Droits de l'Homme en Chine
(11 janvier)
Jigme Gyatso entre la vie et la mort (5 janvier)
Trois tibétologues denoncent les sorties de raffarin et Copé (4 janvier)
Un écrivain tibétain s'exprime sur la répression au Tibet (3 janvier)
La répression se poursuit sur Drepung (3 janvier)


CORRÉLATION ENTRE LES IMMOLATIONS AU TIBET
ET LA POLITIQUE DE RÉPRESSION DE LA LIBERTÉ RELIGIEUSE

 
La Commission exécutive du Congrès américain sur la Chine vient de publier un rapport spécial : "Les auto-immolations dans le monde monastique tibétain sont en corrélation avec la répression croissante de la liberté religieuse".
Ce rapport souligne une apparente corrélation entre l’augmentation de la répression sur la liberté religieuse exercée par le Parti communiste chinois et le gouvernement dans les monastères et les couvents bouddhistes tibétains, et 12 cas de moines, en exercice ou anciens, et de nonnes qui ont eu recours à l’auto-immolation en 2011.
Toutes les immolations, sauf la tentative la plus récente, ont eu lieu dans la province du Sichuan, en dehors de la Région autonome du Tibet. La base de données pour les prisonniers politiques de la Commission indique depuis mars 2008 un niveau de détention politique plus élevé dans le Sichuan que dans toute autre province, y compris la "Région Autonome du Tibet".
Les informations apportées par chacun des 10 rapports annuels de la Commission (2002-2011) montrent une tendance à l’aggravation des conditions d’exercice du bouddhisme, en particulier dans les établissements bouddhistes tibétains, y compris par l’utilisation de mesures juridiques élargies.
La tendance s’est aggravée de façon significative après les manifestations majoritairement pacifiques ayant touché le plateau tibétain en mars et avril 2008.
Le Parti et le gouvernement ont réagi à ces protestations
- en intensifiant une campagne contre le Dalaï Lama depuis longtemps établie ;
- en prenant des mesures réglementaires qui empiètent sur les affaires et la gestion monastiques ;
- en mettant en œuvre des programmes offensifs "d’éducation juridique" que les moines et les nonnes sont contraints d’étudier, et d’acceptation d’un contrôle plus grand du gouvernement sur leur religion, les monastères et couvents ;
- mais aussi en convoquant un forum réunissant de hauts responsables du Parti pour établir officiellement une politique coordonnée sur les questions tibétaines, y compris la religion, dans toutes les régions autonomes tibétaines.

Par Monique Dorizon,
Tibet-info.net, le 26/12/2011


ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC L'ARTISTE CONTESTATAIRE AI WEIWEI


Le Chinois Ai Weiwei, 54 ans, est l’artiste qui a marqué le plus cette année 2011 sur le plan international. Son arrestation en avril 2011 et mise au secret pendant trois mois pour « crimes économiques » avait soulevé une énorme vague d’indignation. Depuis, malgré plus de 50 interrogatoires, il défie le régime chinois avec une détermination époustouflante et transforme la menace en performance artistique. Depuis novembre, il fait l’objet d’une enquête pour « pornographie ». Loin de se faire taire, le fils de l’un des plus grands poètes chinois est devenu l’emblème de tous les dissidents et militants des droits de l’homme en Chine. Entretien, réalisé par notre correspondant Stéphane Lagarde et Brice Pedroletti (Le Monde), à l’atelier de l’artiste dans la banlieue de Pékin.

RFI : A quoi occupez-vous vos journées depuis votre libération ?
Ai Weiwei, artiste contestataire (en anglais)
Ai Weiwei : Je n'ai pas d’emploi du temps précis, mais je suis tout le temps occupé. Dans la matinée, je dois m'occuper de mes collègues et répondre à leurs questions. Nous devons aussi faire des plans pour les futures expositions et répondre aux emails. Il y a tout un tas de choses à faire. Quand j’ai deux minutes, je prends un peu de temps pour regarder internet, et tout simplement pour dire bonjour à ces jeunes gens qui participent à la collecte [collecte destinée à payer la caution dans le cadre de l’accusations de fraude fiscale qui vise la société Fake, l'agence d'Ai Weiwei, ndlr] et qui veulent me poser des questions. Puis dans l'après-midi, quand je peux, je vais au parc pour faire un peu d'exercice et aussi passer un peu de temps avec mon bébé. Après le dîner, je signe les reçus des dons qu’on nous a envoyés. Nous avons promis de rembourser ces prêts et c’est un gros travail. Chaque reçu est très soigné, on y met tout notre art et toute notre énergie. Chaque jour, je dois signer plus de 300 reçus. Nous en sommes à 8 000, il en reste 22 000. Beaucoup de gens pensent que c’est l'objet le plus intéressant qu'ils aient jamais reçu dans leur vie. Mon travail est d'essayer de communiquer et d'avoir un échange avec eux.

RFI : Où en est-on de la procédure et de ces accusations de « fraude fiscale » qui vise votre compagnie, la société Fake ?
A.W. : Comme vous le savez, j'ai été arrêté le 3 avril dernier et libéré le 22 juin. Mon arrestation a été effectuée en dehors de toutes procédures formelles. Et quand ils m’ont libéré, il n'y a pas eu d'explications claires. C’est d’ailleurs ce que je n’ai pas cessé de demander pendant ma détention : il est question de la séparation des pouvoirs et cette accusation est basée sur ce que j’ai exprimé sur les réseaux sociaux et dans mes tweets. A cela s’ajoute les entretiens que j’ai accordés à la presse étrangère. Quand j'ai été libéré, j'ai découvert que j’étais accusé de fraude fiscale. C’était destiné à la communauté internationale, mais en aparté ils m'ont dit que cette accusation ne me visait pas moi. Elle visait l'entreprise avec qui je travaille, à savoir la compagnie Fake. Mais toujours avec un manque d'une preuve, et sans suivre la procédure légale. Ils n'ont ainsi jamais retourné les documents confisqués lors de la perquisition de la société par la police. Ils ont arrêté le manager et l’architecte qui travaille avec moi pour les faire avouer. L’un d’entre eux a failli mourir en détention d’une crise cardiaque.
Donc nous en sommes toujours à cette amende de plus de 15 millions de yuans (1,8 million d’euros). Nous ne savons pas si c’est vrai ou non, mais selon la loi nous devons payer. Nous devons nous astreindre à payer la somme de 8 450 000 yuans (967 000 euros) en dépôt de garantie pour pouvoir commencer à nous défendre. C’est ce que nous avons fait. Ils voulaient qu’on soit à court d’argent, mais en moins d’une semaine, la mobilisation de nos soutiens a permis de réunir environ 9 millions de yuans. À présent nous pouvons faire appel. On verra si cela sera suivi par un tribunal, on en ne sait pas grand-chose pour le moment.

RFI : Combien de personnes travaillent pour votre atelier et sont-elles également inquiétées par la justice ?
A.W. : J'ai appris après ma libération que trois de mes proches et quatre de mes collaborateurs avaient également été arrêtés et placés en détention pendant plus de deux mois. Ils ont vraiment été maltraités. L’un d’entre eux est juste chauffeur, un autre est un collègue, ils ont donc vécu des moments très difficiles. Toutes les personnes qui travaillent avec moi ont été emmenées au poste de police pour être interrogé, le jour même où j'ai été arrêté. Ca fait plus d'une dizaine de personnes. Encore récemment, les policiers sont revenus. Ils ont convoqué ma femme, mon photographe et une personne qui souhaitait me commander une œuvre d’art. Ils ont tous été interrogés par la police.

RFI : Quels ont été les conditions de votre détention et quels types de questions vous ont-ils posé lors des interrogatoires ?
A.W. : Au total, ma détention aura duré 81 jours. Pendant ces 81 journées, j’ai été interrogé plus de 50 fois. Et lors de ces 50 interrogatoires, la plupart du temps il était question de mes engagements politiques. Avec des questions du genre : « Quel rôle avez-vous joué dans la « révolution du jasmin ? » Je n'avais évidement aucune idée là-dessus. Je leur répondais : « Vous savez que je suis un artiste indépendant, je fais selon mon intuition. Je n'ai jamais appartenu à aucun parti, à aucun groupe organisé… » Et puis, ils sont revenus sur mes écrits et sur ce qui est arrivé en 2007 et 2008 [l’engagement d’Ai Weiwei auprès des sinistrés du tremblement de terre du Sichuan notamment, ndlr] et la soi-disante insolence d’une dizaine de mes articles de l’époque où je mettais clairement en cause le gouvernement. Les articles ont été classés dans la catégorie « subversion du pouvoir de l'Etat ». Ils m’ont reproché encore certaines de mes conférences à l’Université de Hong-Kong notamment. Mais bien sûr, ils ont dû trouver quelque chose d’autre pour me faire passer pour un criminel. C’est là que sont sorties les histoires d’impôts et sur mon mode de vie, sur la pornographie. Ca m’a surpris et au tout début nous avons eu une dispute à ce sujet.
Quand ils m’ont parlé de mes proches, je leur ai dit : « C'est un peu puéril, personne ne vous croira ! Tout le monde sait qu’il s’agit d’une affaire politique ». Ils m’ont alors affirmé que non, que « la plupart des gens les croiraient ». Donc en réalité, leur intention était claire dès le début. Et puis soudainement, ils m’ont libéré sans préavis. Le jour où je suis sorti je ne savais même pas que j’étais libre. On venait de me répéter que j’allais être condamné à plus de 10 ans de prison. Que j’allais perdre ma liberté pour payer mes crimes.

RFI : Avez-vous dû faire une autocritique ?
A.W. : Oui, cela fait partie de la procédure quand vous êtes dans ce genre de situation. Vous devez écrire quelque chose sur les fautes supposées que vous auriez commises. Bien sûr, vous refusez, mais ils vous disent : « Si vous ne le faites pas, votre cas ne sera jamais résolu. Vous resterez sans avocat, sans contact avec votre famille, sans tribunal et cela peut durer plus d'un an ». Quel est mon crime ? Je leur disais que ma faute ne pouvait être décidée par eux ou par moi mais par un tribunal. Ils ont alors répété que si je n’admettais pas ma faute alors « cela continuerait comme ça ». Je pense qu’eux aussi sont très frustrés d’une certaine manière. Je leur ai répondu : « Je ne sais pas de quel crime vous m’accusez. Les photos de nus publiées sur internet sont des œuvres d’art et je ne connais pas de loi qui s’y oppose ».

RFI : Dans ce genre d’affaire politique, la haine est la base de tout. Vous ne savez pas combien ils vous haïssent et ce qui a déclenché cette haine ?
A.W. : « Faites-nous confiance, disaient-ils. Nous connaissons la loi, nous ne plaisantons pas avec vous, il s’agit bien d’un crime ». J’ai alors continué la discussion, je leur ai demandé les preuves mais sans obtenir de réponse. Ils m’ont répété que je devais accepter de répondre aux charges. J’ai donc finalement accepté d’écrire : « S’il est prouvé qu’il s’agit réellement d’un crime, alors je répondrais aux accusations ».
J’ai dû faire neuf ou dix autocritiques en fonction des accusations comme le fait d’avoir un bébé avec ma petite amie. Ils m’ont dit qu’il s’agissait d’un double mariage. Je leur ai répondu que je n’avais même pas songé à me remarier. « C’est vous qui le dites m’ont-ils rétorqué, mais il s’agit bien d’un double mariage et donc d’une violation de la loi ». J’ai donc écrit : « S’il s’agit comme vous l’affirmez d’un double mariage, alors je répondrais aux accusations ». Cela dit à aucun moment, je n’ai confessé avoir commis un crime. C’est difficile. Tous les jours on vous répète que vous allez rester là pendant plus d’un an, que vous n’aurez pas le droit à un jugement par une cour. Vous ne disposez d’aucune information, vous ne savez rien de ce qui se passe à l’extérieur et vous avez deux soldats debout en face de vous, 24h sur 24, qui vous regardent sans donner d’explication.

RFI : Quels ont été les moments les plus difficiles au cours de cette longue détention ?
A.W. : Mon père était poète et après son retour de Paris, il a été mis en prison par le Kuomintang, avant d’être exilé plus tard sous la révolution culturelle au Xinjiang. J'ai donc grandi dans un contexte très difficile. Non seulement de pauvreté mais aussi de répression politique extrêmement sévère. La révolution culturelle était totalement déshumanisante. Elle a détruit toute raison, et toutes les valeurs humaines de l’ancienne Chine. J’ai donc déjà été confronté à ce genre de situation et j’ai une connaissance très claire de ce type de détention et des souffrances que cela engendre. Je ne me faisais donc aucune illusion sur le pouvoir.
Vous vous sentez désespéré.
Je dois pourtant avouer que, malgré cela, j’ai été totalement pris de surprise. Je n’ai pas été surpris lorsqu’ils m'ont emmené secrètement de l'aéroport à un centre de détention. Je n’ai pas été surpris quand ils m’ont masqué le visage, ou quand les agents en civil m’ont précipité de manière spectaculaire à l’arrière de la voiture, ou quand ils m’ont mis les menottes et m’ont déshabillé pour me fouiller. Je n'ai pas vraiment pensé que cela pouvait être un problème car je sais qu'ils font facilement ce genre de choses. En revanche, quand j’ai entendu que je n’aurais pas le droit à un avocat pendant près de six mois et que je ne pourrais pas dire à ma famille où je me trouve, j’ai senti que les choses tournaient mal. A ce moment là, vous prenez conscience qu’il n’y a pas d’avocat pour vous protéger, qu’il n’y a pas de loi pour les gens comme vous. Alors vous vous sentez désespéré.
Si vous faites quelque chose de mal, même si vous avez tué quelqu'un, vous avez droit d’être informé sur ce qui va vous arriver. Mais dans ce genre d’affaire politique, la base de votre crime repose sur la haine. C’est sans aucune mesure. Vous ne savez pas à quel point ils vous haïssent et vous ne savez pas ce qui a déclenché cette haine. La seule chose que j’ai faite est d’exprimer mes opinions sur un blog. Mais même dans le pré-interrogatoire, vous ne savez toujours pas ce qui a déclenché cette haine. Est-ce que cela remonte au tremblement de terre du Sichuan ? Est-ce que c’était au moment où ils ont détruit mon atelier à Shanghai ? Ils vous bombardent de question : « Combien d'étrangers connaissez-vous ? Quelle est leur profession ? Qu’est-il arrivé il y a 20 ans quand vous étiez à New York ? D’où vient votre argent ? Etes-vous financé par des organisations anti-chinoises ? » Vous trouvez la situation un peu ridicule en même temps c’est tellement réel.
Le plus difficile est d’attendre que cela passe, seconde après seconde, vous ne savez pas pour combien de temps ils en ont. Et ils sont là à vous parler, à vous dire que vous ne devez vous faire aucune illusion, que vous risquez de passer dix ans derrière les barreaux. Alors vous commencez à réaliser qu’avant même de répondre à un tribunal les gens qui vous interrogent vous annoncent que vous allez prendre dix ans de prison. Il ne s’agit plus d’une enquête, mais d’une condamnation. Il y a tellement de pression : ils vous disent que vous ne verrez jamais plus votre maman, que dans dix ans, quand vous sortirez, vos enfants seront grands et ne vous reconnaîtrons plus. C’est une situation très difficile. Et jour après jour, vous devez croire en cela, parce que c'est devenu quelque chose tout ce qu’il y a de plus réel.

RFI : A propos de New York, pouvez-vous nous parler de vos jeunes années là-bas ? Et des nus, car c’est là que tout a commencé, non ?
A.W. : Des photos de nus ?

RFI : Oui. Vous avez recommencé les nus en 2009, mais vous utilisiez déjà le procédé dans les années 1980. Toutes ces photos que vous avez prises avec vos amis, aussi bien à l’intérieur de votre appartement qu’à l’extérieur dans les rues de New York. C’était déjà une sorte de moyen de se confronter, d’éprouver une certaine sauvagerie ?
A.W. : Je suis une personne qui est née en Chine à la fin des années 1950, donc ma jeunesse c'est la révolution culturelle. Juste après la fin de la révolution culturelle, j'ai eu la chance de pouvoir aller à New York. Mais j’étais alors un bébé de la révolution culturelle. Nous ne connaissions rien d'autre que le président Mao. Et je n'avais aucune compétence, je veux dire que j’avais des compétences de survie mais je ne parlais pas l’anglais et je n'avais aucune connaissance sur l’Occident. Sur le plan émotionnel, c’était donc vraiment un combat au début. Bien sûr je voulais échapper à la Chine, parce que je pensais que ne pourrais jamais y survivre. Je voulais la liberté, je voulais m’échapper. En débarquant à New York, vous vous rendez-compte qu’effectivement vous disposez d’une liberté totale, mais que dans le même temps vous n'avez toujours pas de connexion et vous avez ce sentiment qu’au fond vous n’êtes pas utile à cette société. C’est donc une lutte économique, une lutte pour communiquer et comprendre une culture complètement différente.
Je suis un bébé de la révolution culturelle.
Il y a ainsi de longs efforts à faire pour s’adapter au mode de vie occidental, pour en apprendre la philosophie et l’art. De sorte que dans les années 1980, j’ai passé mon temps à New-York à errer sans véritable but. Je me réveillais et je décidais de marcher dans les rues. Quand j’avais besoin d’argent, je trouvais un petit boulot temporaire, puis j’arrêtais de travailler pour réaliser quelques œuvres d'art, mais personne n’en voulait. J’ai dû jeter mes premières œuvres. J’avais même peur de commencer car j’étais très enthousiaste, très productif à l’époque, or même si je les donnais, mes amis n’en voulaient pas et je devais trouver un moyen pour m’en débarrasser. Pendant 12 ans je suis resté là-bas, je ne suis jamais rentré au pays, je n’avais que très peu de contact avec ma famille ici, puis mon père est tombé malade et cela m'a donné une excuse pour revenir.
Au fond, je n’avais rien à faire à New York. Même si j’aime tellement cette ville que je connais très bien, même si cela m’a beaucoup influencé et que j’ai été très impressionné par mes années là-bas -j’avais entre 24 et 36 ans- ma décision était prise. C’était le moment de partir, la ville n’avait manifestement pas besoin de moi et je n’avais aucun avenir sur place. C’est à mon retour en Chine que j’ai réalisé que j’avais plus de 10 000 pellicules sur mes années à New York. J’ai ensuite fait un livre de ces enregistrements très quotidiens sur mes conditions de vie à New York. Plus tard, j’ai posté une centaine de photos par jour sur internet. C’est vraiment beaucoup. J’en ai compté près de 200 000 sur Twitter. Je crois qu’à ce moment là j’étais parmi les plus actifs en Chine. Je suis devenu un utilisateur boulimique des réseaux sociaux. Les gens pensaient : « cet artiste est fou » puis ils ont cherché à me comprendre et à me connaître parce qu’à chaque fois que j’en rencontrais quelqu’un, j’envoyais immédiatement sa photo sur mon blog. Puis ils ont fermé mon blog le 28 mai 2009.

RFI : Combien de followers aviez-vous à l’époque ?
A.W. : A ce moment là, j’avais près de 13 millions de personnes qui suivaient mon blog sur sina.com. Il y avait vraiment beaucoup de gens. Ensuite mon nom n’est plus jamais réapparu sur le web chinois.

RFI : Quelle a été la raison de cette fermeture, c’était après le Sichuan ?
A.W. : En fait, ils m'ont appelé avant qu'ils ne ferment mon blog. Ils m’ont appelé le même soir. C’étaient des officiels de haut niveau. Ils m’ont dit : « Weiwei, le 4 Juin arrive, pouvez-vous nous promettre de ne publier aucun article portant sur le 4 Juin [4 juin 1989, date du massacre de la place Tiananmen, ndlr] ? ». J'ai répondu que je n’avais aucune intention d’écrire sur le 4 Juin, car ce n’est pas un sujet que j’ai l’habitude de traiter. Cela dit, même si je n’en ai pas l’intention, je ne peux pas vous promettre que je n’écrirais pas parce que cela viole mes droits. Quelques heures plus tard, ils fermaient définitivement trois de mes blogs : Sina, Sohu et un autre, sur une autre plate-forme. Plus tard, des jeunes m'ont présenté Twitter sur lequel je suis devenu très actif. Sur la première photo que j’ai posté où j’étais sans vêtement avec le « caonima » [littéralement « cheval de l’herbe et de la boue, symbole de la résistance à la censure en Chine », ndlr]. J’ai écrit : « Ici, c’est moi, Ai Weiwei ». Cela a très bien marché, des milliers de personnes ont commencé à me suivre et à dire : « Pouvez-vous nous prouver que c’est bien vous Ai Weiwei ? ». J'ai dit : « Ok, attendez un moment » et j’ai posté la photo. Evidement cela n’a pas plu au comité central [organe suprême du Parti communiste chinois, ndlr]. Même pendant ma détention la question est revenue. C’était une preuve pour eux. Comment pouvez-vous ainsi dire « Fuck you » au comité central du Parti ? Je leur ai dit que ce n’était pas mon intention. Ils m’ont alors demandé comment j’interprétais cette photo. Je leur ai répondu que c’était de l’humour assez perspicace. Ils m’ont dit : « Avez-vous écrit quelque part que ce n’était pas votre intention ? ». J’ai dit non, ils m’ont alors rétorqué : « C’était donc votre intention ». Je leur ai répété que non et que si c’était le cas je ne le dirais pas comme cela en tout cas.
Ce n’était pas de la pornographie.
Ils m’ont aussi parlé de cette photo où je suis avec quatre filles. Toutes les quatre viennent de trois endroits différents et ne se connaissent pas. Deux d’entre elles étaient mes étudiantes à l’université, une autre est une prostituée et la dernière… je ne m’en souviens même pas... Ah si c’est une écologiste. Le même jour, elles m’ont proposé de venir me voir. Chaque jour je reçois des gens, je ne les connais pas, le contact s’est fait sur internet. J'ai dit ok, vous pouvez venir, mais nous prendrons des photos nues ! Elles ont dit : « Ok ». J'ai été tellement surpris. C’est des filles quand même. Elles sont venues ; elles ont enlevé leurs vêtements ; on a pris la photo ; on s’est serré la main ; elles sont parties. Je ne connais même pas le nom de trois d’entre elles. J’ai essayé de leur expliquer que ce n’était pas de la pornographie. Ils ont dit : « Ce n’est pas vous qui en décidez, cela dépend du nombre de personnes qui cliquent sur le fichier. Si cela dépasse un certain nombre, vous pouvez passez un certain nombre d’année en prison. Vous savez que c’est la loi ? Vous ne pouvez pas violer la loi ». Je n’avais pas d’avocat, je ne savais pas quoi répondre, je leur ai dit que si je l'avais su je n’aurais pas fait cela. Ils ont alors pris un exemple très clair, ils m’ont dit : « C’est la loi et si vous étiez au Moyen-Orient vous seriez condamné à mort ».

RFI : Ces nus artistiques ont commencé à New York en réalité. Le poète Bei Ling a raconté au South China Morning Post qu’à cette époque vous demandiez régulièrement à vos amis chinois de se déshabiller devant l’objectif et de prendre des photos dans votre appartement mais aussi dans la rue. Quel était votre état d’esprit à l’époque ?
A.W. : Bon d’abord, j’avoue que j’ai été surpris par cet article car Bei Ling n'est pas un ami proche. Mais bon, ces informations sont précises. Après tout, ces choses se sont passées. Je pense que quand on est jeune la première chose que l’on veut suggérer, c’est sa rébellion et aussi son attirance pour la liberté, un peu comme les surréalistes ou les années 1960. Les gens cherchent à se rebeller. C’est aussi pour montrer que vous êtes romantique, que vous êtes courageux, que vous n'avez rien à cacher ou que vous n'avez rien à perdre. Donc c'est toujours un geste pour montrer aux gens que votre vie est si simple, que rien ne doit être caché.

RFI : On dit aussi que vous avez glissé le mot sexe dans toutes les phrases lors d’une rencontre officielle entre les écrivains américains de la beat génération et des écrivains chinois et notamment lors d’un échange entre Allen Ginsberg et l’écrivain Bei Dao ?
A.W. : Oui, et là aussi tout n’est pas exact mais il y a une grande part de vérité. Je devais traduire la rencontre, et je connaissais tout ce groupe d’écrivains chinois de l’après 1970. Mais vous savez, je n’aime pas ce genre de rencontres culturelles organisées par les Etats. Cela sonne faux et personne n’atteint la vraie poésie, d’autant que ces écrivains américains et chinois avaient à l’époque des horizons très différents et un mode de vie différent. Alors on fait toujours plaisir en parlant de sexe. Vous savez, c'est la seule chose vraiment universelle je pense, et puis je voulais faire évoluer la conversation, pour que les deux côtés trouvent un terrain d’entente poétique. Mais finalement, je pense que toute la communication a échoué. Ils ont tous eu une mauvaise impression (rires). Donc je pense que c’était drôle. Pour eux il y avait peut-être une sorte de frustration, mais en même temps je les ai conduits à comprendre leur différence.

RFI : A New York avez-vous rencontré des gens comme Andy Warhol, le Velvet Underground ?
Marcel Duchamp. C'est quelqu’un que je respecte beaucoup.
A.W. : Andy Warhol n'était déjà plus un sujet d'actualité dans les années 1980. Je l'ai vu loin, mais je ne l'ai jamais rencontré vraiment parce qu’il est surtout le symbole des années 1970 ou des années 1960, mais pas des années 1980. Je suis très familier avec ce qui s'est passé dans les galeries dans les années 1980 mais je ne connaissais presque aucun des artistes et des galeristes de l’époque.

RFI : Quels sont vos influences ?
A.W. : Si on parle de forte influence, je dirais Marcel Duchamp. C'est quelqu’un que je respecte beaucoup. Et notamment ses tentatives, sa génération, vous savez tous ces intellectuels venus de France, ou d’autres pays avec un mouvement international. Les surréalistes, le mouvement Dada. C’est un groupe de gens très courageux avec un point de vue sur l’art et la culture très visionnaire. Et bien sûr, j'aime beaucoup d'artistes américains notamment Warhol. Je pense que Warhol est le plus fort artiste de son temps, il a vraiment su représenter la culture de consommation de l’époque.

RFI : Avez-vous le temps de travailler sur de nouveaux projets ?
A.W. : Je dois déjà terminer les projets en cours dans différents lieux. Tous ces projets ont été mis en place avant ou pendant que j'étais en détention. Et je ne peux même pas assister à ces spectacles. L’exposition en ce moment à Taipei en fait partie. En même temps, je travaille sur de nouvelles œuvres, mais il me faudra encore du temps pour les préparer.

RFI : Vous avez emmené 1 000 de vos compatriotes à la documenta de Kassel en Allemagne en 2007 pour le projet « 1001 Chinois ». Vous avez aussi beaucoup travaillé à partir de fichiers échangés avec le public, tout ce travail sur internet… C’est aussi ce qui explique aujourd’hui que vous soyez resté en contact avec les gens qui vous soutiennent ?
Plus personne ne peut nous arrêter.
A.W. : Depuis que j’ai été introduit à internet, je suis littéralement tombé amoureux de ce media. Je pense qu’il est le plus important mode de communication et qu’il a complètement changé le paysage de notre savoir et de nos expressions. En fait j’ai toujours pensé qu’en tant qu’artiste je devais trouver un nouveau moyen pour m’exprimer mais aussi pour communiquer avec les gens qui ne sont pas forcement des artistes. Pour cela j’ai fait Fairy tale pour la documenta à Kassel. Grâce à internet j’ai réuni 1001 Chinois. Toute notre communication passait par internet. […] Finalement, le media est utilisé avec succès comme œuvre d’art plutôt que comme un outil. Il y avait mon travail sur le tremblement de terre à Sichuan, les enquêtes citoyennes, tout cela passait par internet. Nos échanges sur internet ont généré beaucoup d’énergie sociale et politique. C’était le premier mouvement civil qui a réussi avec une technologie virtuelle. […] Plus personne ne peut nous arrêter, même s’ils me mettent en prison, ils ne savent pas comment arrêter le mouvement.
La vie est toujours une surprise.
Je crois toujours en la vie, et à l'effort que vous faites. Il ya deux types d'efforts, la plupart des gens sont toujours en train d’essayer de rattraper le moment pour une raison précise. Pour moi c’est un peu différent. J'ai fait des efforts sur ce qui me semblait inutile, je veux dire pas pour une utilisation immédiate. Plus tard cela vous surprend mais il y a un retour des choses. La vie est toujours une surprise. Vous n'avez pas à agir vraiment selon le courant dominant. Parfois cela prend du temps, mais vouloir éduquer les gens pas à pas de façon dirigée pour les conduire au succès ne marche pas. En tous cas ce n’est pas ce qui a fonctionné avec moi. L’irrationalité a aussi sa part de poésie.

Par Stéphane Lagarde,
Le Monde, le 24/12/2011


VIOLENCE ENTRE ÉTUDIANTS
CHINOIS ET TIBÉTAINS A CHENGDU

 

Dans la nuit du mercredi 14 décembre 2011, plus de 3 000 étudiants chinois ont battu des étudiants tibétains mais aussi pratiqué des effractions et des saccages dans leurs dortoirs et salles de classe.
Ceci s’est déroulé dans un institut professionnel chinois à Chengdu, capitale de la Province du Sichuan.

Selon l’écrivaine tibétaine Woeser, l’incident a eu lieu dans un institut d’ingénierie ferroviaire chinois. Environ 200 étudiants tibétains ont été pris en otage par 3000 étudiants chinois, ceux-ci s’en prenant à leurs dortoirs, attaquant les étudiants tibétains et brisant les portes, les fenêtres et les meubles.

Selon le blog de Woeser, les étudiants chinois criaient : "Battez un Tibétain, Obtenez un crédit supplémentaire" et "Brisez les portes des dortoirs des Tibétains à l’Institut". Beaucoup d’étudiants tibétains gravement blessés auraient été hospitalisés.

Après l’incapacité des autorités scolaires à stopper les affrontements, la police a dû être appelée afin de contrôler la situation. Plus de 1 000 agents de la Police armée sont arrivés sur les lieux et auraient lancé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Plusieurs véhicules scolaires et de police ont également été endommagés lors de ces affrontements.

Woeser écrit dans son blog que le jour suivant, le 15 décembre, lorsque les élèves tibétains sont venus pour déjeuner à la cantine de l’école, les étudiants chinois, en voyant les Tibétains, ont fait un tollé en disant : "Les Chinois hans ont été victorieux sur les Tibétains fiers".

Les raisons de ces affrontements ne sont pas encore clairement connues alors que la situation demeure tendue.

Selon Mr Bawa Kalsang Gyaltsen, membre du Parlement tibétain en exil, des messages disant : "Ne vous inquiétez pas pour les blessures, soyez fiers de vous lever pour votre nation" étaient apparus sur le réseau social suite aux affrontements.

Des informations sur les affrontements étaient brièvement apparues sur quelques portails de nouvelles locales, mais ont été rapidement retirées.

Par Monique Dorizon,
Tibet-info.net, le 16/12/2011


LETTRE OUVERTE A L'AMBASSADE DE FRANCE A PÉKIN
(avec copie aux élus)


Madame l’Ambassadrice de France en Chine,

Vous avez très certainement eu connaissance des positions ci-dessous, nous comptons très vivement sur un soutien très énergique de la France par votre intermédiaire afin d’aboutir à une solution humaine, démocratique et pacifique avant qu’il ne soit trop tard.
 
Je vous prie de recevoir, Madame l’Ambassadrice, mes très respectueuses salutations.
 

Yves Le Corre, citoyen du Monde, ami des Peuples tibétains et chinois

Par Cercle Tibet Vérité, le 15/12/2011


LE DALAÏ-LAMA A LADY ASHTON :
"ENVOYEZ DES DIPLOMATES DE L'UNION EUROPÉENNE AU TIBET"


Le Dalaï Lama a supplié Catherine Ashton, Haut Représentant de l’Union Européenne pour les Affaires étrangères, d’insister auprès de la Chine pour que des diplomates de l’Union européenne puissent se rendre au Tibet.
« La situation au Tibet est vraiment désespérée. Il devient urgent que la Communauté internationale envoie des missions d’enquête dans la partie tibétaine afin de se rendre compte de la situation sur place. Cela tempérera les autorités chinoises », a-t-il indiqué par écrit à l’observateur de l’Union européenne, lors de sa visite à Prague, lundi dernier (12 décembre).
« Si, de leur côté, les Chinois rejetaient cette demande, l’Union européenne pourrait alors clamer haut et fort sa vive inquiétude et porter la question devant des instances internationales telles que le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. »
Il a fait remarquer que la Chine se souciait de sa réputation à l’étranger et n’était nullement à l’abri d’événements comme le Printemps arabe.
« Aussi puissante soit la Chine, elle fait toujours partie de ce monde et ne saurait échapper à l’aspiration planétaire à plus de liberté et de démocratie. La façon dont la Chine est perçue hors de ses frontières est très importante pour les gouvernants chinois – la Chine ayant la volonté de jouer un rôle essentiel sur la scène politique internationale. »
Les diplomates de Lady Ashton disent qu’ils ont déjà déposé des demandes officielles pour pouvoir se rendre dans la région disputée.
Mais, au cours d’une rencontre exceptionnelle avec la presse, ce même lundi à Bruxelles, l’homme chargé de la politique chinoise au Tibet - le vice-ministre Zhu Weiqun - a rejeté cette éventualité.
« La Chine est un pays indépendant et nous sommes parfaitement capables de gérer les problèmes sur notre territoire. Donc, en aucune circonstance, nous ne tolérerons que des missions d’enquête étrangères se rendent dans la Région autonome du Tibet… Je doute que l’intervention de toute force étrangère n’apporte quelque chose de constructif. Cela pourrait plutôt conduire à une escalade dans la crise, voire à la guerre », a-t-il déclaré sur ce site.
Il a ensuite fait une allusion à peine voilée au fait que l’Union européenne avait besoin de l’aide financière de la Chine.
« Les relations entre l’Union européenne et la Chine sont d’autant plus importantes en cette période de crise financière… Je ne vois pas pourquoi, à ce stade des relations entre l’Union européenne et la Chine, l’Union européenne laisse tant de gens montrer du doigt les affaires intérieures de la Chine. Que je sache, la Chine n’a jamais montré du doigt les affaires européennes. »
S’adressant à Francesco Magiello, représentant officiel du Service européen pour l’action extérieure, Zhu a déclaré que Lady Ashton devrait réprimander les membres du Parlement européen pour avoir, en novembre, rencontré Lobsang Sangay, Premier ministre du gouvernement tibétain en exil.
« Je compte vraiment sur les institutions de l’Union européenne pour arriver à persuader tous ceux qui ont pris l’habitude de faire des remarques irresponsables à l’encontre de la Chine de se renseigner davantage sur la question plutôt que de tendre un doigt accusateur», a-t-il dit.
La version officielle concernant le Tibet veut que la Chine ait « libéré » la région du féodalisme en 1951, et apporté la prospérité économique au cours des soixante dernières années.
Zhu, ce même lundi, a accusé les gouvernements occidentaux de financer le mouvement du Dalaï-Lama basé en Inde, dans le but d’affaiblir la Chine pour des raisons stratégiques.
Il a traité le Dalaï-Lama de « sauvage » poussant les jeunes moines à s’immoler par le feu pour faire naître un sentiment anti-chinois. Il a ajouté que le service des renseignements chinois détenait la preuve que Kirti Rinpoché, le chef du monastère de Kirti situé au Tibet, avait orchestré depuis l’exil trois des douze auto-immolations récentes. Il a également déclaré qu’un « groupe du Dalaï-Lama » à Taïwan avait dernièrement publié un article racontant que les moines qui se tuaient se réincarneraient en bouddhas.
Pour sa part, Magiello s’est rangé du côté du Dalaï-Lama ainsi que des ONG internationales, comme Human Rights Watch, qui considèrent que les auto-immolations ont lieu en réaction à la répression chinoise.
« Ces récents cas d’immolation nous inquiètent, a-t-il déclaré, parce qu’à notre avis ils semblent refléter le désespoir de certains Tibétains face à l’érosion de leur culture. »
Il a refusé de reprendre derrière les Chinois l’expression de « soi-disant Premier ministre » en parlant de Lobsang Sangay, le qualifiant au contraire de « Premier ministre du gouvernement tibétain en exil ».
L’émissaire du dalaï-lama, Kelsang Gyaltsen, a déclaré à l’observateur de l’Union européenne que la Chine essayait de faire peser les déclarations incendiaires de quelques Tibétains de l’exil sur le mouvement officiel, afin de discréditer son idéal de non-violence.
Enfin, lorsque l’observateur de l’Union européenne lui a demandé de voir une copie de l’article évoqué par Zhu à propos des auto-immolations, le porte-parole de la mission chinoise, Wang Xining, a répondu : « Le… l’article est difficile à trouver sur Internet. Désolé. »

Bruxelles, par Andrew Rettman
Traduction  Bureau du Tibet


DÉCLARATION DU KASHAG LORS DU 22ème ANNIVERSAIRE
DE LA REMISE DU PRIX NOBEL DE LA PAIX A SA SAINTETÉ LE DALAÏ-LAMA



10 décembre 2011

Aujourd’hui, nous nous sommes réunis ici pour commémorer le 22ème anniversaire de la remise du Prix Nobel de la Paix à Sa Sainteté le Dalaï Lama en 1989. En cette occasion de bonne augure, le Kashag envoie ses vœux à tous les Tibétains au Tibet ou en dehors, et à tous les amis du Tibet et soutiens des Droits de l’Homme dans le monde entier.

Le Prix Nobel de la Paix est décerné au nom du scientifique Alfred Nobel pour honorer des personnes qui ont apporté une contribution exceptionnelle à la fraternité entre les nations, l’abolition ou la réduction des armées permanentes, et le maintien ou la promotion de la paix
. Sa Sainteté le Dalaï Lama a été reconnu par le comité Nobel pour sa résistance constante à l’usage de la violence dans la lutte de son peuple pour retrouver sa liberté. Cette reconnaissance a mis en valeur, d’une manière sans précédent, la visibilité internationale de la question du Tibet, et pour cette raison, nous restons éternellement reconnaissants à Sa Sainteté le Dalaï Lama et réaffirmons notre engagement indéfectible à la non-violence.

Cette année, Sa Sainteté le Dalaï Lama, selon ses propres mots, a volontairement délégué tous ses pouvoirs politiques à un dirigeant démocratiquement élu
, ce qui transforme fondamentalement l’institution du Dalaï Lama vieille de 369 ans. La vision de Sa Sainteté le Dalaï Lama est celle d’une société tibétaine démocratique laïque, qui se suffit à elle-même, se renforçant et soutenant ce mouvement démocratique.
Cette décision magnanime de séparer les autorités politique et spirituelle envoie un message fort de véritable leadership. Ce geste du grand 14e Dalaï Lama est d’autant plus respecté dans le monde, et a renforcé sa place parmi le panthéon des grands dirigeants mondiaux.

Le Kashag soutient pleinement la déclaration historique émise par Sa Sainteté le Dalaï Lama sur sa réincarnation, le 24 Septembre 2011
. Le Kashag croit, du point de vue du peuple tibétain comme de celui du monde, que le gouvernement chinois n’a pas de légitimité, de crédibilité et d’autorité en ce qui concerne la réincarnation. Les Tibétains ont une foi et une fidélité absolues envers Sa Sainteté le Dalaï Lama et nous croyons que lui seul a le droit et le pouvoir de déterminer sa réincarnation, fait qui est renforcé par les résolutions adoptées lors de la 11ème conférence semestrielle des chefs bouddhistes en septembre 2011.

Aujourd’hui, alors que nous célébrons également le 63ème anniversaire de la
Déclaration universelle des Droits de l’Homme, il est regrettable que les conditions au Tibet se soient considérablement aggravées ces derniers temps. Le gouvernement chinois continue de violer les droits humains les plus fondamentaux des Tibétains consacrés dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.
En raison de l’occupation du Tibet et de la répression qui suivit les manifestations pacifiques de 2008, les droits civils et politiques du peuple tibétain sont réprimés, sans parler de la marginalisation économique, de l’inégalité sociale, de l’assimilation culturelle et de la destruction de l’environnement. La situation des droits humains au Tibet s’est détériorée de manière si significative que les Tibétains ont recours à des actes désespérés et sans précédent. En 2011, douze Tibétains ont été identifiés comme s’étant immolés par le feu, dont sept sont morts.
Le Kalon Tripa, lors de sa première visite officielle aux Etats-Unis et en Europe
, a informé les dirigeants et les personnalités qu’il a pu rencontrer sur la situation tragique au Tibet. Ils ont été très touchés et ont exprimé leur profonde préoccupation pour la souffrance du peuple tibétain et le besoin urgent de résoudre la question du Tibet par le dialogue pacifique. A ce sujet, le secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a déclaré que Etats-Unis ont été consternés par les récents incidents au Tibet où des jeunes se sont immolés en acte de protestation.
Lors de ces visites, le Kalon Tripa a réitéré la position constante sans équivoque de Sa Sainteté le Dalaï Lama qu’en tant que bouddhiste, la vie est précieuse et il a toujours découragé des mesures drastiques à l’intérieur et en dehors du Tibet, comme il le fit au cours des manifestations pacifiques de 2008 et lors de
plusieurs grèves de la faim de Tibétains en exil. Sa Sainteté le Dalaï Lama est aussi profondément préoccupé par ces développements tragiques.

De même, le Kalon Tripa a appelé les Tibétains à mettre fin à leur grève de la faim en mai de cette année en Inde, car nous avons besoin de vivre pour mener à bien notre mouvement. Dans l’intérêt à long terme de la cause tibétaine, nous exhortons les Tibétains à se concentrer sur l’éducation laïque et/ou monastique pour fournir les ressources humaines nécessaires et la capacité à renforcer et à soutenir notre mouvement.
En geste de deuil pour les auto-immolés et leurs familles, le Kashag a organisé une journée de prière le mercredi 19 octobre, qui a été honorée par la présence de Sa Sainteté le Dalaï Lama et d’autres lamas importants.
Le Kashag exhorte les Tibétains partout à réciter des prières ou d’autres "mani" tous les mercredis
pour la longue vie de Sa Sainteté le Dalaï Lama et pour les victimes de violations des Droits de l’Homme au Tibet, y compris les auto-immolés et leurs familles. Le mercredi 4 janvier 2012, pendant les enseignements de Kalachakra à Bodh Gaya, où le Bouddha a atteint l’illumination, le Kashag organisera également une prière de masse afin que la vérité puisse prévaloir au Tibet.

La Journée des Droits de l’Homme est un temps pour que les gens et les gouvernements puissent réfléchir sur le sens, l’importance et la nécessité des droits fondamentaux. Pour le gouvernement de la Chine, nous voulons lui dire que la seule façon d’apporter une paix véritable et la stabilité au Tibet est de respecter les droits humains fondamentaux du peuple tibétain.
Nous appelons la Chine à libérer tous les prisonniers politiques qui sont condamnés sous divers prétextes, sans procès équitable, à arrêter toutes les politiques répressives actuellement mises en œuvre dans les zones tibétaines, et à résoudre la question tibétaine pacifiquement par le dialogue.
Nous aimerions que les gens et les gouvernements du monde entier puissent reconnaître et récompenser l’engagement authentique et de longue date des Tibétains dans la démocratie et la non-violence. Cette expression de soutien aidera d’autres mouvements pour que la lutte pour la liberté fasse son chemin, ouvrant ainsi la voie à un monde plus démocratique et pacifique pour le 21e siècle.

Enfin, nous exhortons les Nations-Unies et la communauté internationale à envoyer des délégations au Tibet afin d’évaluer les violations des droits humains et la situation sur le terrain de première main. Les médias indépendants et les intellectuels chinois libéraux devraient également être autorisés à y accéder.

Comme toujours, nous saisissons cette occasion pour exprimer notre profonde gratitude au gouvernement et au peuple indien pour leur hospitalité et leur générosité pour les Tibétains depuis plus de cinq décennies.

Que sa Sainteté le Dalaï Lama vive longtemps et que tous ses souhaits se réalisent.

Bureau du Tibet,
Le 10/12/2011


DÉCÈS DE TENZIN PHUNTSOK,
5 JOURS APRÈS SON IMMOLATION

 
 
Tenzin Phuntsok, qui avait tenté de s’immoler par le feu au Tibet le 1er décembre 2011 pour protester contre l’administration chinoise a succombé à ses blessures, a annoncé le 9 décembre le Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie (TCHRD), une association de défense des droits des Tibétains basée en Inde.
Tenzin Phuntsok, présenté comme ayant 46 ans, est décédé le 6 décembre à l’hôpital, cinq jours après sa tentative d’immolation le 1er décembre.
Selon l’organisation
International Campaign for Tibet (ICT), il s’agissait de la première tentative d’immolation dans la "Région Autonome du Tibet".

Depuis le suicide par le feu en mars d’un jeune bonze du monastère de Kirti, dans une région tibétaine de la province du Sichuan, dix moines et nonnes bouddhistes ont suivi son exemple, dont au moins sept sont décédés.

Dolma, la femme de Phuntsok, a disparu depuis son arrestation par la police, après l’immolation de Tenzin Phuntsok. Personne n’a de nouvelles au sujet de sa santé ni de l’endroit où elle serait détenue. Le couple a deux fils et une fille.

Depuis l’immolation, le monastère de Karma reste sous surveillance renforcée, et de nombreux moines en ont été expulsés, dont - selon le TCHRD - Choying Nyima, l’un des fils de Phuntsok et Dolma. Même après avoir été renvoyés, ces moines continuent de subir les menaces et sont sans cesse harassés par la police pour les forcer à donner des informations sur le monastère et les moines de Karma.

Tibet-info.net, le 09/12/2011


DES TIBÉTAINS EXHIBÉS AVEC DES PANCARTES AU COU

 

Des Tibétains arrêtés par les forces de l’ordre chinoises ont été exhibés avec des pancartes au cou indiquant leurs noms et les crimes dont ils sont accusés, selon des photos publiées le 3 déc. 2011 par l’organisation Free Tibet.
Ces clichés ont été pris dans les préfectures autonomes tibétaines de Kardzé
et de Ngaba, affirme le site dissident chinois Boxun.com qui les a postés le 2 déc. 2011, sans plus d’informations sur les lieux précis ni les dates auxquels ils ont été pris, rapporte l’organisation de défense des Tibétains dont le siège est à Londres.
Ces régions tibétaines de la province du Sichuan ont été depuis le mois de mars le théâtre d’une série d’immolations de moines et de nonnes tibétains dénonçant la répression dont ils sont victimes.
Sur une des photos, des policiers des forces spéciales anti-émeute, fusil d’assaut en bandoulière, poussent des moines hors d’un bâtiment en les tenant par la nuque, tête baissée et pancarte au cou.
L’un d’entre eux, Lobsang Zopa, a son nom écrit en chinois (Luorang Zuoba) sur la pancarte, affublé de la mention "séparatiste", un chef d’accusation passible de la prison à vie, selon Free Tibet.
Sur une autre photo, des policiers rangés deux par deux relèvent les bras dans le dos de civils pour leur faire baisser la tête, tandis qu’un troisième cliché montre des Tibétains agenouillés, pancarte au cou, avec leurs noms, toujours écrits en chinois, assortis de l’accusation "séparatiste" ou "rassemblement pour attaquer des institutions étatiques".
Une quatrième photo montre un camion sur lequel des moines pliés en deux, la tête dépassant de la plate-forme de chargement, sont maintenus dans cette position par des membres des forces paramilitaires, là aussi pancarte au cou.
Enfin, trois photos, dont Free Tibet a pu établir qu’elles ont été prises dans la ville de Ngaba, montrent respectivement un barrage de police, un important rassemblement de forces de l’ordre et une patrouille lourdement armée.

Tibet-info.net,
Le 03/12/2011


COMPTE-RENDU DE LA RENCONTRE
AVEC M. LOBSANG SANGAY
(26 novembre, Paris)

C’est au cours d’une journée " marathon " que le Kalon Tripa* Lobsang SANGAY a rencontré samedi 26 Novembre quelques responsables gouvernementaux français, des membres du Sénat, de l’Assemblée nationale, la communauté tibétaine, ainsi que les groupes de réflexion, et défenseurs du Tibet conviés, sans oublier la presse française
.

Reçu officiellement dans l’après-midi par Patrick BLOCHE, Député Maire du
XI ème arrondissement de Paris, le Kalon Tripa a pu ainsi exprimer son point de vue sur son élection tout en abordant quelques thèmes d’actualité.

Lobsang SANGAY souligna dès le début de son allocution que la mise en place d’une élection démocratique était un souhait du Dalaï Lama qui désormais voulait séparer pouvoir religieux et pouvoir politique.

Cette première élection a permis à ce gouvernement d’être élu démocratiquement par l’ensemble des tibétains, qu’il soit simple paysan, ou tibétain exilé de part le monde.

Elu pour 5 ans depuis le 8 août 2011, celui-ci siège à Dharamsala dans le nord de l'Inde.  Cette élection permet au Dalaï Lama de se retirer de la scène politique afin que soit transmis démocratiquement le pouvoir politique aux nouvelles générations
Concernant la continuité religieuse, il a été précisé que la Dalaï Lama nommerait de son vivant son émanation.

Lobsang SANGAY compte sur l’appui de la communauté tibétaine dispersée de par le monde, ainsi que sur le maintien plus que jamais nécessaire des associations proches du peuple tibétain, afin de soutenir le gouvernement tibétain en exil et le faire connaître.

Celui-ci a poursuivi son allocution en nous faisant part de son grand bouleversement concernant les tragiques auto immolations reflétant le grand désespoir des tibétains résidents au Tibet, dans ce geste ultime de révolte.  Il espère une prise de conscience internationale et attend que les représentants de nombreux pays fassent des déclarations.

Contrairement à ce qu'indique le pouvoir Chinois, le Dalaï Lama lui-même décourage ces gestes de désespoir qui sont en contradiction totale avec le Bouddhisme.
Même si la loi martiale est officieusement de rigueur au Tibet, la voie médiane reste l’axe choisit par le gouvernement tibétain pour dialoguer avec la Chine. Répondant à une question posée par une association présente sur le rôle de l’Inde, Lobsang SANGAY a bien précisé que l’Inde a déjà fait beaucoup pour le peuple tibétain, et qu’on ne peut la " pousser  " à faire plus.

Tashi Delek Bordeaux a sollicité l’avis du Kalon Tripa sur de possibles actions de soutien à mener.  En réponse, ce dernier a donc indiqué que toutes les actions de soutien sont très importantes, qu’elles soient des célébrations ou bien des évènements liés à la promotion de la culture tibétaine.
Il a également souligné l’importance géo stratégique du Tibet, et dressé un rapide bilan écologique de l’environnement au Tibet :

Pour bien comprendre l’importance du Tibet et de l’Himalaya, il faut savoir que 10 fleuves prennent leur source au Tibet, et alimentent en eau 47 % de la population mondiale …. mais cela n’empêche pas la Chine de construire jusqu’à 20 barrages par fleuve, ce qui affecte les rivières et la vie des populations locales sans cesse contraintes d’adapter leur vie à cette exploitation sans limite ……

Cette région du monde est la 3ème réserve mondiale de glace derrière l’Arctique et l'Antarctique, il en résulte donc que cet environnement doit être nécessairement préservé pour l'ensemble de la planète.

Après deux heures d’une riche rencontre pleine d’espoir et de détermination, le Kalon Tripa a terminé cette rencontre avec ces mots très émouvants :

" Pas à pas, avec votre soutien, nous progressons, l’urgence actuelle est le retour au Tibet avec le Dalaï Lama. L’Esprit est très puissant et les Tibétains ne renoncent jamais. Nous avons commencé ensemble ce voyage pour la liberté, nous atteindrons notre destination. Nous serons ensemble pour célébrer le jour où tibétains de l'intérieur, tibétains de l'extérieur et amis seront réunis au Tibet "

(Kalon Tripa* : le chef du Kashag, le gouvernement tibétain en exil, équivalent de notre Premier Ministre)

Par Alexandre Bouat et Jean Marmol,
Tashi Delek Bordeaux, le 26 11 2011


M. LOBSANG SANGAY REPRÉSENTE TOUS LES TIBÉTAINS
 

Elu par la seule diaspora, le nouveau Premier ministre n’oublie pas le Tibet. Il s’explique sur sa relation avec le Dalaï Lama et évoque la succession de celui-ci.

Entretien
Je suis né pour être un leader national !" Lobsang Sangay, le Premier ministre tibétain élu à ce poste le 20 mars dernier, rit. Officiellement, l’homme est né un 10 mars, date du soulèvement populaire de 1959 à Lhassa, en faveur de l’indépendance du Tibet. Mais, en fait, il ignore le jour réel de sa naissance en 1968. Parmi ses camarades d’école, à l’époque, "25 % étaient nés le 10 mars, date du soulèvement, 25 % le 15 août, date de l’indépendance de l’Inde, 25 % le 6 juillet, date de la naissance du Dalaï Lama. Les 25 % restant savaient quand ils étaient vraiment venus au monde !" Au-delà de la boutade, l’homme qui a hérité du pouvoir politique du Dalaï Lama, à l’issue d’élections organisées au sein de la communauté tibétaine en exil, est bien devenu un leader national, le Kalon Tripa. En tournée en Europe, Lobsang Sangay, qui travaillait à la faculté de droit de Harvard aux Etats-Unis avant de s’engager en politique et de déménager pour Dharamsala en Inde, nous a accordé un entretien.


Quelle était votre motivation à devenir Premier ministre ?
Servir le Tibet et les Tibétains, perpétuer l’héritage de nos aînés, réaliser la vision de Sa Sainteté le Dalaï Lama d’une société séculière et démocratique, et, bien sûr, représenter les Tibétains vivant hors et à l’intérieur du Tibet.

Cela signifie-t-il que vous vous sentez le Premier ministre, au-delà des 150000 personnes vivant en exil, des 6 millions de Tibétains ?
Je reflète et représente les voix et les aspirations de tous les Tibétains.

Quelles sont vos principales priorités ?
La liberté au Tibet figure en tête de mes priorités. Sur le plan interne, c’est l’éducation. Je veux voir la jeune génération avoir accès autant que moi, et même plus, à l’éducation, monastique ou laïque. Si vous avez une bonne éducation, vous pouvez prendre soin de vous-même, de votre famille, de la communauté, mais vous pouvez aussi devenir un dirigeant efficace du combat tibétain.

Quel regard portez-vous sur les immolations de nonnes et moines tibétains auxquelles on assiste depuis plusieurs mois dans la province chinoise du Sichuan ?
C’est vraiment très triste. Nous avons assisté à douze cas de suicide par le feu, six personnes sont mortes. Les images que nous avons sont atroces et douloureuses. Nous n’encourageons aucune protestation au Tibet, en ce compris les immolations, parce que nous connaissons les conséquences : manifester signifie être arrêté, parfois être torturé, parfois disparaître. En tant que bouddhiste, nous pensons que la vie est précieuse, nous attendons des Tibétains qu’ils vivent leur vie et contribuent à la communauté et au combat plus efficacement sur le long terme. Sa Sainteté le Dalaï Lama a clairement pris position contre toute action drastique. Il les a toujours découragées, comme il l’a fait en 2008 quand il y eut des grèves de la faim. Il est préférable de vivre et de devenir un leader sur le long terme. Mon voyage aux Etats-Unis et en Europe a pour but d’exhorter les gouvernements à exprimer leurs préoccupations, afin de donner espoir aux Tibétains. Car une raison des immolations est le désespoir qui les pousse à entreprendre des actions désespérées.

La force du mouvement tibétain est en grande partie due au charisme du Dalaï Lama. Ne craignez-vous pas que sa retraite politique n’affaiblisse vos revendications ?
Le charisme et le leadership de Sa Sainteté sont immensément appréciés par les Tibétains. Mon rôle n’est pas de le remplacer et je n’ai pas l’intention d’endosser son costume - il est bien trop grand ! Mon rôle est de mettre en œuvre sa vision d’une société démocratique et séculière. Que les Tibétains se tiennent debout et mènent leur combat eux-mêmes sans dépendre de lui. Voilà quelles sont ses attentes. J’en suis aujourd’hui (lundi, NdlR) à mon 107e jour de fonction, ce n’est que le début. Nous sommes censés gagner graduellement en maturité pour consolider le mouvement et le laisser évoluer de lui-même dans l’intérêt des Tibétains sur le long terme.

Comment coopérez-vous avec le Dalaï Lama ? Le rencontrez-vous régulièrement pour lui faire rapport ?
Comme la Reine d’Angleterre reçoit le Premier ministre à déjeuner toutes les semaines ? (Rires) Constitutionnellement et institutionnellement, nos autorités spirituelles et politiques sont séparées. Sa Sainteté est notre leader spirituel le plus vénéré. Politiquement, il n’a, selon notre charte, pas d’autorité. Je le vois régulièrement. Mais est-ce que je le consulte régulièrement ? D’un côté, je suis très tenté de lui demander ce qu’il pense. D’un autre côté, il attend de nous que nous nous débrouillions seuls et que nous gérions l’administration nous-mêmes. Sinon, rien n’aurait changé ! Sous le précédent Kalon Tripa, tout devait être approuvé par lui. Il ne cesse aujourd’hui de nous répéter que nous devons tout faire par nous-mêmes. Mais dans les matières importantes, je recherche quand même son avis et lui me donne ce qu’il tient à appeler ses "suggestions".

Quelles sont ces matières importantes ?
Il peut s’agir des matières importantes du jour ou des matières importantes du mois. Quand je pense me trouver face à un gros dilemme. "Important" est un terme relatif. De toute façon, il est arrivé, même sous mon prédécesseur, que Sa Sainteté donne des avis et que le Kalon Tripa fasse autrement. Jusqu’ici, nous n’avons pas encore eu de divergences de vue.

Si les négociations avec les autorités chinoises restent dans l’impasse, pourriez-vous abandonner la politique de la “voie médiane” (permettant aux Tibétains d’accéder à une réelle autonomie dans le cadre de la République populaire de Chine) pour une autre ?
J’ai remporté mon élection sur la base de cette approche et je tiens à tenir mes promesses.

Vous seriez bien le premier politicien à tenir ses promesses !
Jusqu’ici oui et j’en ai encore l’intention ! (Rires) Cela s’inscrit dans un contexte tibétain. Je vous donne un exemple. Lors de la campagne électorale, nous avons eu un jour un débat à Dharamsala, Tenzin Namgyal Tethong et moi, puis nous avons dû aller à Delhi pour un autre débat. Nous avons partagé un taxi pendant douze heures et puis nous n’avons trouvé qu’une chambre d’hôtel pour nous deux. Nous avons pris le petit-déjeuner ensemble, nous avons tenu notre débat, puis nous avons déjeuné ensemble. Avec Tashi Wangdi, le troisième candidat en lice, nous avons échangé des conseils de campagne. L’élection était disputée, mais nous avons partagé des choses. C’est ce qui explique peut-être aussi que nous ayons une autre sorte de leadership, qui tienne ses promesses. Il y a un élément de moralité dans notre communauté.

Comment voyez-vous vos relations à venir avec Pékin. Le changement de leadership pourrait-il les changer dans un sens ou dans un autre ?
Nous espérons En 16 ans de faculté de droit à Harvard, j’ai rencontré des centaines d’étudiants chinois, organisé des conférences auxquelles j’ai invité des universitaires de Chine. Ce qui démontre mon engagement en faveur du dialogue. Nous avons investi dans la démocratie et la non-violence ces 50 dernières années en exil et nous espérons toujours qu’il y aura à Pékin un leader modéré, raisonnable et libéral, non seulement dans l’intérêt du Tibet, mais dans celui du monde entier ! On a connu des dirigeants comme cela précédemment, comme Hu Yaobang, Zhao Ziyang Mais nous avons 60 ans d’expérience et nos espoirs ont été douchés encore et encore Il nous en reste un peu de pessimisme, ou de réalisme.

On entend beaucoup de choses sur la succession du Dalaï Lama à sa mort. Y a-t-il du neuf ?
Sa Sainteté le Dalaï Lama a organisé une réunion avec les leaders religieux à Dharamsala et publié un document sur le sujet. Il a mis sur la table l’idée de la réincarnation et celle de l’émanation, ce qui signifie qu’il pourrait désigner son successeur avant de mourir. Pour nous, ce n’est pas anormal, nous avons beaucoup de lamas qui ont été désignés de la sorte. Mais il a dit qu’il déciderait quand il aurait 90 ans ! Je me suis dit qu’il devait en avoir marre qu’on lui pose la question de son successeur ! Je pense qu’il veut d’abord donner du temps et de l’espace à l’incarnation politique, qui me revient non pas à moi en tant qu’individu mais à la fonction que j’assume aujourd’hui. Il veut voir cela mûrir. Les Chinois pensent que, quand Sa Sainteté disparaîtra, le mouvement tibétain terminera en eau de boudin. Lui pense que non : il ne laissera pas la place à une personne mais à deux ! Je vais travailler dur ces cinq prochaines années pour que la communauté tibétaine dans son ensemble mûrisse et que sa position se consolide.

Lalibre.be, le 29/11/2011
Par
Sabine Verhest et Philippe Paquet


PREMIÈRE VISITE EN FRANCE DE M. LOBSANG SANGAY


Première visite en France du chef politique de l’Administration Tibétaine en Exil, récemment élu au suffrage universel, le 26 novembre 2011.

Monsieur Lobsang Sangay, le Kalon Tripa, est Docteur en droit international de l’université d’Harvard.

Au cours de ce premier séjour, exceptionnel, en Europe, il a rencontré des membres des gouvernements européens, des ONG, des associations œuvrant pour le Tibet, et la communauté tibétaine.

Selon la décision de Sa Sainteté le Dalaï-Lama exprimée officiellement le 10 mars 2011, une nouvelle Charte constitutionnelle est entrée en vigueur le 29 mai 2011.

A cette occasion, pour la première fois, l’ensemble des pouvoirs administratifs et politiques de Sa Sainteté le Dalaï-Lama a été transféré aux trois organes représentatifs du peuple tibétain : le Cabinet, le Parlement et la Cour suprême de Justice.

Le Kalon Tripa, le chef politique de l’administration centrale tibétaine, élu démocratiquement par le peuple tibétain, est à la tête du pouvoir exécutif. Il a été élu démocratiquement au suffrage universel direct pour une durée de cinq ans, par la diaspora tibétaine répartie dans plus de 30 pays, le 20 mars 2011, et a pris ses fonctions le 8 août 2011.

Communiqué du Bureau du Tibet,
et Tibet-info.net, le 21/11/2011


LE KASHAG PLEURE LA DISPARITION DE
MME DANIELLE MITTERRAND



DHARAMSHALA : le Kashag présente ses condoléances suite à la triste disparition de Mme Danielle Mitterrand, ancienne première dame de France, en la décrivant comme une grande et fidèle amie des Tibétains.

"Le Kashag a appris avec une profonde tristesse le décès de Mme Danielle Mitterrand, ancienne première dame de la France. Mme. Danielle Mitterrand était la grande amie du Tibet et avait un profond respect pour Sa Sainteté le Dalaï-Lama, " a dit le Kashag dans une déclaration aujourd'hui.

"Avec sa disparition les Tibétains ont perdu un fidèle amie," a rajouté le Kashag.

"Le Kashag envoie ses sincères condoléances a sa famille et prie pour son âme."

En 1999, Mme Mitterrand avait été honorée par la International Campaign for Tibet (ICT) avec son prix de la Lumière de Vérité pour sa contribution significative à la compréhension publique du Tibet et à son état critique actuel.

"Mme Danielle Mitterrand a été un avocat dévoué pour les droits de l'homme du peuple tibétain. Elle a utilisé les bureaux et les forums internationaux, en incluant la Commission des Nations Unies sur les Droits de l'homme et le Parlement européen, pour attirer l'attention sur la situation de droits de l'homme au Tibet et encourager la Chine pour respecter ces droits", avait dit l'ICT lors de sa déclaration annonçant le prix.

Mme Danielle Mitterrand, ancienne femme du Président français François Mitterrand, est décédée de maladie à l'hôpital Georges Pompidou à Paris au début de la matinée de mardi. Elle avait 87 ans.

Par Thupten Gyatso,
Membre du Kashag, le 23/11/2011

Traduction par Tashi Delek Bordeaux


"LE GÉNOCIDE CULTUREL AU TIBET EST VRAI",
DIT L'ANCIEN DIPLOMATE AMÉRICAIN JOHN GRAHAM



DHARAMSHALA, le 15 novembre : John Graham, un ancien diplomate américain, après une visite privée de dix jours au Tibet, le mois dernier, a attesté que les rapports de génocide culturel au Tibet sont vrais.

"Pendant dix jours le mois dernier j'ai vu par moi-même ce que les Chinois font au Tibet… Les rapports que vous avez entendus sur le génocide culturel sont vrais. La Chine efface les idées, les traditions et les habitudes des Tibétains", écrit Graham dans un article intitulé
Au revoir le Tibet ?.

En gardant ses notes écrites dans un code personnel sur les emballages de nourriture cachés dans des chaussettes sales, l'ancien Officier de Service diplomatique américain les a retranscrites dans un article dévoilant les politiques répressives chinoises, qui ont poussé onze Tibétains à s'immoler depuis le mois de mars dernier.

"Il n'était pas facile pour les Tibétains de parler avec moi hors de la vue. La plupart des Tibétains entendus ont précisé combien ils détestent les Chinois depuis qu'ils ont envahi leur pays, et même encore plus depuis qu'ils essayent délibérément de détruire leur culture et leur mode de vie", écrit Graham.

L'orateur célèbre et l'auteur de plusieurs livres notent que Lhassa a été transformé en un village Potemkin où tous les travails les mieux payés sont pris par des Chinois alors que les Tibétains sont forcés de choisir parmi ce qui reste.

A propos de la tactique de non-coopération de résistance employée par les Tibétains, Graham écrit :A quelques centaines de mètres des beaux boulevards du centre ville vous trouverez des ilôts de maisons tibétaines simples, faites de pierres et de mortier. C'est un crime de voler le drapeau chinois de votre toit, mais les deux tiers de ces petites maisons risque une lourde amende si elles ne le mettent pas.

En attirant l'attention à la réintégration forcée de nomades tibétains et de fermiers, Graham note que “les maisons tibétaines sont détruites au bulldozer et les résidents sont relogés dans des immeubles de grande hauteur du Type vert Cabrini aussi vite que ceux-ci peuvent être construits”.

Les mouvements forcés comme cela ne meurtrissent pas des corps mais les âmes. L'idée est d'amener les Tibétains, surtout les jeunes, à oublier qui ils sont”, écrit Graham.

Par Tendar Tsering,
Phayul, le 15/11/2011


Traduction par Tashi Delek Bordeaux
 

UNE NOUVELLE IMMOLATION
DANS UNE RÉGION TIBÉTAINE DE CHINE


Le Dalaï-Lama, vénéré par les Tibétains et prix Nobel de la paix en 1989, demande une autonomie réelle pour le Toit du monde mais reste considéré par Pékin comme un dangereux "séparatiste". Il vit en exil à Dharamsala en Inde. ( © AFP Lobsang Wangyal) PEKIN (AFP) - La onzième immolation par le feu, ou tentative d’immolation, cette année de bouddhiste a eu lieu jeudi dans la province chinoise du Sichuan, où une nonne tibétaine s’est suicidée pour protester contre la répression religieuse.

Fait assez rare, l’information a été donnée par l’agence officielle Chine nouvelle. Puis elle a été confirmée par au moins deux associations de défense des Tibétains dont le siège est à l’étranger.

"Qiu Xiang, originaire d’un couvent du district de Dawu dans la préfecture autonome tibétaine de Garze (Ganzi en chinois) a mis le feu à son corps" en mi-journée à un carrefour, selon l’agence officielle, qui ajoute qu’elle avait "environ 35 ans".

"Nous avons appris qu’elle avait lancé un appel à la liberté religieuse ainsi qu’à un retour du dalaï lama au Tibet" avant d’accomplir son geste désespéré, a relaté à l’AFP Kate Saunders, de l’association International Campaign for Tibet (ICT), dont le siège est à Londres.

Contactée par téléphone par l’AFP, la police de la préfecture de Garze a refusé de commenter la nouvelle. L’ONG Free Tibet, dont le siège est aussi à Londres, a de son côté également confirmé l’immolation de la nonne.

Dans cette zone "les Tibétains sont réputés pour la force de leurs convictions religieuses", a ajouté Mme Saunders. La région, selon elle, "est très agitée depuis quelques temps, particulièrement depuis juillet".

Neuf moines tibétains et une nonne se sont déjà immolés par le feu ou ont tenté de le faire dans des régions de la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine) habitées par des Tibétains.

Plusieurs d’entre eux ont également lancé, juste avant de mourir, des slogans en faveur du retour du dalaï lama, leur chef spirituel exilé.

Le premier d’entre eux avait été un jeune bonze du monastère de Kirti, dans la préfecture d’Aba, en mars dernier, pour le troisième anniversaire du début des émeutes antichinoises de 2008 à Lhassa.

Qiu Xiang est la deuxième nonne tibétaine à s’immoler, après celle qui s’était fait brûler le 17 octobre près de la localité d’Aba, également au Sichuan, pour protester contre la répression religieuse.

Deux jours après, Pékin avait accusé le "groupe du Dalaï-Lama" de "terrorisme déguisé" et d’avoir encouragé les récentes immolations ou tentatives d’immolations. Le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil avait pour sa part salué "le courage" des moines

De nombreux Tibétains ne supportent plus ce qu’ils considèrent comme une domination grandissante des Hans, ethnie fortement majoritaire en Chine, et le monastère de Kirti, dans le Sichuan, est devenu l’épicentre de la contestation contre la répression de leur religion et de leur culture.

Les moines bouddhistes se plaignent de la surveillance policière et nombreux subissent des campagnes de rééducation politique.

Les suicides publics des moines sont un phénomène relativement nouveau illustrant selon les ONG le désespoir face à la répression dans les régions tibétaines. Mais le
Dalaï-Lama s’est déjà déclaré opposé à ces actes extrêmes, qui vont à l’encontre du caractère sacré de la vie selon les préceptes bouddhistes.

"Pour certains moines, leur identité religieuse a plus de prix que la vie elle-même", affirme Kate Saunders.

Le Parlement européen s’est déclaré la semaine dernière "profondément préoccupé" par les récentes immolations ou tentatives.

"L’immolation peut être considérée comme une forme de protestation et l’expression du désespoir croissant que ressentent les jeunes Tibétains", ont relevé les eurodéputés.

La Chine affirme avoir "libéré pacifiquement" le Tibet en 1951 et améliorer le sort des Tibétains en déversant des fonds pour le développement économique de cette région pauvre et isolée.

Le
Dalaï-Lama, vénéré par les Tibétains et prix Nobel de la paix en 1989, demande une autonomie réelle pour le Toit du monde mais reste considéré par Pékin comme un dangereux "séparatiste". Il vit en exil à Dharamsala en Inde.

Tibetan.fr, le 03/11/2011


LA FRANCE, L'ALLIÉE SERVILE DE LA CHINE


Ce soir, dès son arrivée à Cannes à la veille du G20, Nicolas Sarkozy recevra Hu Jintao pour un entretien privé, suivi d’un dîner. Le lendemain, Barack Obama aura droit à une heure autour d’un café. Quant à Manmohan Singh, Premier ministre indien, son thé devra être expédié en quarante-cinq minutes, pas une de plus. Les autres dirigeants des grandes puissances mondiales se contenteront de la photo de groupe.

Tout cela en dit long sur le rôle que se donne la France auprès de la Chine, dans le grand concert diplomatique mondial. Un rôle que l’on pourrait croire privilégié mais qui se situe, de notre point de vue, à l’exact inverse, celui d’un allié complice et servile. Celui du maillon faible.

Quarante-huit ans. En janvier, cela fera quarante-huit ans que la France fut le premier grand pays occidental à reconnaître la République populaire de Chine. Cela fera quarante-huit ans de contorsions douloureuses, comme l’absence de condamnation de la Révolution culturelle et de ses dizaines de millions de victimes. Aujourd’hui, la France reste le pays de l’inaction sur la cause tibétaine, à l’opposé des opinions publiques mondiales.

Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Alain Peyrefitte, et aujourd’hui Jean-Pierre Raffarin ou Nicolas Sarkozy… la France postgaullienne a perdu en prestige mais demeure constante dans sa servilité. Si les puissances occidentales ne sont pas toutes de la plus grande vertu à l’égard de Pékin, c’est de loin la diplomatie française qui s’évertue régulièrement à freiner toute pression collective comme celle qu’avait proposée en son temps Joschka Fischer, ministre vert des Affaires étrangères en Allemagne.

Oui, depuis toujours, la diplomatie française considère qu’il faut ménager la Chine, malgré son régime, et bloque tout front démocratique planétaire contre l’ensemble de ses exactions : atteintes aux droits humains, répressions contre les syndicats et les ONG, conditions sociales infamantes, absence de démocratie digne de ce nom, mise sous coupe économique et politique des pays satellites (Vietnam, Laos, Corée du Nord, Birmanie… uniquement des dictatures). Notre pays demeure silencieux, y compris sur l’oppression quasi génocidaire des Tibétains, sur la répression des Ouïghours. Notre pays est inactif face à cette menace colossale, celle d’une guerre nucléaire sur le dos du conflit avec Taiwan. Pire encore, la France essaye depuis des années d’obtenir la levée de l’embargo sur les armes décidé par l’Union européenne au lendemain du massacre de Tian’anmen en 1989.

Les révolutions en Afrique du Nord nous ont pourtant démontré l’importance d’accorder autant d’attention aux revendications émanant de la population civile qu’aux affirmations assénées par les dictateurs, selon lesquels ils restent les seuls garants de l’ordre, ou, comme on dit à Pékin, de «l’harmonie sociale». Nous aurions pu, comme d’autres dirigeants des pays occidentaux, recevoir officiellement le dalaï-lama, accueillir publiquement quelques dissidents chinois, soutenir des écrivains en grande difficulté, tels Liao Yiwu, ou Zhou Qing, aujourd’hui hébergés par notre voisin l’Allemagne, et ouvertement fêtés dans toutes les rencontres culturelles internationales. Nous aurions montré alors à l’ensemble de la population chinoise que nous n’étions pas aux ordres de la Cité interdite.

Tant que la Chine continuera à affirmer qu’elle pratique «une ascension pacifique» tout en réprimant violemment ses citoyens les plus courageux, tels les avocats défenseurs des droits civiques, les paysans spoliés de leurs terres, ou les parents d’enfants victimes du lait contaminé, qui pourra croire à ses beaux discours sans se rendre complice d’une immense supercherie ? Avant d’encenser ce nouveau géant économique, n’est-il pas temps de vérifier s’il n’est pas un colosse aux pieds d’argile ?

Militants amoureux de la Chine, nous faisons nôtre cette phrase de Victor Hugo, écrivain qui y est tant admiré : «Rien ne peut arrêter une idée dont le temps est venu.» Le temps arrive, le temps est venu de la démocratie en Chine. La France, dont la diplomatie aura enfin opéré une rupture avec des décennies de mollesse, sera alors devenue la vraie amie que la Chine mérite.

Par MARIE HOLZMAN sinologue, présidente de Solidarité Chine
et JEAN-MARC BRÛLÉ Conseiller régional d'Ile-de-France (Europe Ecologie-les-Verts), président de Ecologistes pour le Tibet


Libération, le 02/11/2011


MANIFESTATION NATIONALE
CONTRE LA VISITE DE HU JINTAO EN FRANCE

Mercredi 2 novembre 2011 de 15h à 19h au Trocadéro à l’Ambassade de Chine populaire à Paris.

L’association de "la Communauté Tibétaine de France et ses Amis" a lancé un appel pour une mobilisation générale des Tibétains avec leurs amis français contre la visite du Président chinois, Hu Jintao, surnommé "Le Boucher de Lhassa", afin de dénoncer les répressions et l’état de siège dans les régions de Ngaba et de Kardze. Hu Jintao est tenu responsable de la mort de centaines des Tibétains par assassinats politiques.

A cette occasion, il s'agissait d'attirer l’attention du Président de la République Française, Monsieur Nicolas SARKOZY, sur la situation dramatique des Tibétains au Tibet. Récemment, dix moines dont une nonne se sont immolés pour dénoncer l’état de siège militaire, depuis plus de trois ans, en Amdo Ngawa et dans la région de Kardze au Nord-Est du Tibet.

Nous demandons à la France de sortir de son silence au sujet du Tibet et d’intervenir auprès de "la Communauté Internationale ainsi que du Président chinois sur les doléances tibétaines :

A. Que la France demande à Hu Jintao de mettre fin à l’état de siège militaire au Tibet et de respecter la liberté d’expression des Tibétains.

B. Que la République populaire de Chine autorise le libre accès aux journalistes étrangers et aux diplomates dans les régions tibétaines afin d’émettre des rapports objectifs sur la situation.

C. Que Sa Sainteté le Dalaï Lama soit autorisé à rentrer au Tibet comme son peuple le réclame.

D. Que la République populaire de Chine rende la liberté au peuple tibétain pour gérer leurs propres affaires au Tibet.

E. Que tous les prisonniers politiques du Tibet soient libérés des prisons chinoises et l’aspiration du peuple tibétain à la justice et à la liberté soit reconnue par la République populaire de Chine.

F. Que la solution ultime au problème du Tibet résulte d’un commun accord entre les Chinois et les Tibétains.




Les photos de la manifestation prises par Roland :


Rassemblement sur le parvis du Trocadéro





























intervention de Thupten La


intervention de Jean-Marc Brûlé


intervention du représentant de la communauté ouïgur


intervention de Lydia Labertrandie


intervention d'un guéshé et d'un moine
du Centre Bouddhiste Vajra Yogini de Toulouse


Cortège de la manifestation








































Le barrage des forces de l'ordre

Les forces de l'ordre, avenue Georges V, qui barrent l'accès à l'ambassade de Chine.

 
















 

UN AUTRE MOINE S'EST IMMOLÉ
AU MONASTÈRE DE KARZE

Ca s’est passé vers midi, l’heure locale à Karze, lors d’une cérémonie religieuse du monastère de Karze lequel se trouve sous la juridiction de la Préfecture autonome tibétaine de Karze.

Tout à coup, un moine appelant Dawa Tsering âgé 38 ans, avait surgi et il a versé de l’huile de kérosène sur lui même, ensuite il a allumé son corps. Après quoi, il a commencé à scander les slogans suivants avec son corps aux flammes : "Retour de Sa Sainteté le Dalaï Lama au Tibet. La Restauration de la Liberté au Tibet ainsi que de l’égalité entre les peuples".

Dès que des moines et des laïques sur place, se sont aperçus le geste de ce moine aux flammes et ils ont essayé de les éteindre mais il était tombé par terre. Il a été conduit immédiatement dans un hôpital le plus proche. Mais pour l’heure, il demeurait dans un état critique

Vénérable Bir Jigmey, un ancien député tibétain a affirmé qu’il doit cette information à une source basée en Europe et celle-ci aurait des liens au Tibet. Les autorités chinoises ont décidé à nouveau de déployer ses militaires afin de boucler la région de Karze pour y imposer l’état de siège.

Tibetan.fr, le 25/10/2011


LA CHINE ACCUSE LE DALAÏ-LAMA
D'ENCOURAGER LES IMMOLATIONS DE TIBÉTAINS

 

La Chine a accusé mercredi le "groupe du dalaï lama" de "terrorisme déguisé" pour avoir encouragé les récentes immolations ou tentatives d'immolations de neuf moines tibétains, dont le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil a pour sa part salué "le courage".

Pour la première fois lundi, c'est une nonne tibétaine qui a succombé après s'être immolée par le feu à l'extérieur de son couvent près de la localité d'Aba, chef-lieu d'une région tibétaine de la province du Sichuan (sud-ouest) où ont déjà eu lieu huit des neuf immolations ou tentatives d'immolations de moines ou d'anciens moines bouddhistes depuis mars.

"Les cas d'immolation sont contraires à la morale et à la conscience et devraient être condamnés", a jugé mercredi la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu.

Au lieu de cela le dalaï lama et des indépendantistes tibétains "ont magnifié le sujet pour inciter plus de personnes à leur emboîter le pas", a-t-elle ajouté.

"Les activités séparatistes qui coûtent des vies humaines sont de la violence et du terrorisme déguisés", a déclaré Mme Jiang. Signe de la nervosité de Pékin, ses propos sur les immolations ne figurent pas sur le transcript officiel du point de presse du ministère.

Des journalistes de l'AFP présents cette semaine dans la ville d'Aba, épicentre des protestations avec son monastère de Kirti, ont vu des policiers en tenue complète anti-émeute, équipés de mitrailleuses et de barres de fer.

Ils ont aussi vu des groupes de soldats en tenue de camouflage, portant des fusils automatiques, des barres de fer affûtées et des blindés quadrillant les quartiers de la ville. Les axes étaient souvent bloqués et les contrôles d'identité omniprésents.

S'exprimant depuis la ville indienne de Dharamsala (nord) où est basé le gouvernement tibétain en exil, Lobsang Sangay a déclaré qu'une journée de prières avait été organisée "par solidarité avec ces Tibétains qui ont sacrifié leur vie pour la cause du Tibet, en particulier ceux qui se sont immolés, leur famille et ceux qui souffrent de la répression au Tibet".

"Nous rendons par conséquent hommage à leur courage et sommes solidaires de leur esprit indomptable", a-t-il ajouté.

Le dalaï lama a pour sa part débuté une grève de la faim d'une journée avant d'entamer une séance de prières avec une centaine de moines, de nonnes et d'autres Tibétains dans le principal temple de Dharamsala.

M. Sangay, élu fin avril, a dénoncé le "colonialisme" de la Chine et "la destruction systématique de la culture, de la religion, de la langue et de l'environnement tibétains uniques". Il a également critiqué "les politiques répressives" de Pékin.

Les prières, menées par le dalaï lama, le chef spirituel des Tibétains récemment retiré de la vie politique, ont été délibérément organisées un mercredi, conformément à un mouvement culturel appelé "Lhakar" qui s'est répandu dans tout le Tibet.

Chaque mercredi, les Tibétains au Tibet ont choisi de porter des tenues traditionnelles, de parler tibétain, de manger dans des restaurants tibétains et de faire de leur mieux pour préserver leur culture, a souligné M. Sangay.

A New Delhi, des milliers de Tibétains en exil ont défilé mercredi en signe de solidarité. Brandissant des bannières et des drapeaux, ils sont partis d'un mémorial au père de l'indépendance de l'Inde, le Mahatma Gandhi, pour rejoindre le centre de la capitale.

L'Inde a accueilli le dalaï lama lors de sa fuite du Tibet après l'échec d'un soulèvement anti-chinois en 1959.

Sa présence et la tolérance de l'Inde à l'égard de manifestants tibétains sont une constante source de friction avec la Chine. Pékin accuse le dalaï lama d'être un dangereux séparatiste.

AFP, le 19/10/2011


20 000 FONTIONNAIRES CHINOIS POUR
UNE ÉDUCATION PATRIOTIQUE DANS LES VILLAGES TIBÉTAINS


A la suite des immolations au Tibet, la Chine envisagerait d’envoyer 20 000 fonctionnaires chinois dans les villages tibétains de la "Région Autonome du Tibet" (TAR) afin de "re-sculpter l’esprit des Tibétains".
"Ces fonctionnaires chinois resteront un an dans les villages tibétains afin de faire adopter le patriotisme et l’amour pour la Chine", a déclaré Mr. Bawa Kelsang Gyaltsen, membre du parlement tibétain et un expert de la Chine, basé à Dharamsala, siège du l’Administration centrale tibétaine en exil.
Selon B.K. Gyaltsen, des drapeaux nationaux chinois et des photos de dirigeants chinois seront distribués en grande quantité dans tous les villages tibétains;
"Habituellement, les Tibétains dans les villages exposent des photos de dirigeants chinois sur les autels et les murs quand les responsables chinois visitent les villages et les retirent une fois qu’ils sont partis", a déclaré B. K. Gyaltsen. "Mais maintenant, sous surveillance constante, les villageois seront confrontés à une plus grande répression".
Ce mouvement de pénétration dans les villages tibétains fait partie des nombreuses politiques employées par Chen Quanguo, dirigeant du Parti, nouvellement nommé au Tibet.
Les campagnes gouvernementales de rééducation patriotique dans les monastères et couvents tibétains ont été largement contestées par les Tibétains et condamnées par les observateurs internationaux. Il faut voir comment les villages tibétains, à majorité ethnique tibétaine contrairement aux grandes villes de la "Région Autonome du Tibet", ont réagi à la nouvelle politique.

La semaine dernière, dans un communiqué de presse,
Human Rights Watch a dit que les politiques répressives et provocatrices des techniques policières mises en place par les autorités chinoises sont responsables de l’augmentation des troubles et de l’escalade des tensions dans la région.
En cette seule année, neuf Tibétains, dont une religieuse de 20 ans, ont tenté de s’immoler protestant contre la poursuite de l’occupation chinoise au Tibet.

Par Monique Dorizon,
Tibet-info.net, le 19/10/2011


UNE NONNE TIBÉTAINE S'IMMOLE PAR LE FEU

En RPC, Tenzin Wangmo, une nonne tibétaine est morte après s’être immolée par le feu, lundi 17 octobre 2011, dans la province du Sichuan, au sud-ouest. Son geste porte à neuf le nombre de religieux bouddhistes qui se sont suicidés ou ont tenté de le faire, depuis mars 2011. Selon les associations de défense des Tibétains, le soulèvement contre Pékin prendrait de l’ampleur dans cette région.

A 20 ans, Tenzin Wangmo est la première nonne tibétaine du Sichuan à s’immoler par le feu. Le signe que la protestation contre Pékin s’étend aux différentes communautés bouddhistes de cette zone limitrophe du Tibet. Signe aussi d’un profond désespoir car avant de s’asperger d’essence, la nonne a appelé à la liberté religieuse et au retour du Dalaï Lama, le chef spirituel tibétain exilé en Inde.

Depuis mars, et l’immolation d’un premier moine pour marquer les trois ans des émeutes antichinoises au Tibet, la sécurité a été considérablement renforcée au Sichuan. Les policiers ne patrouillent plus sans extincteurs, et le monastère de Kirti –foyer de la contestation– est devenu, selon son chef, une prison virtuelle.

Pourtant, selon l’association Free Tibet, le mouvement gagne de l’ampleur. Un appel à manifester circulerait dans la région pour demain. Lors du dernier rassemblement dimanche, la police a blessé deux moines par balles. Et Pékin ne compte pas relâcher son emprise sur les Tibétains de Chine. Les autorités répètent d’ailleurs qu’elles choisiront le successeur du Dalaï Lama.

Par Delphine Sureau,
Tibetan.fr, le 18/10/2011


BULLETIN D'INFORMATIONS
SUR LES AUTO-IMMOLATIONS AU TIBET

 

S.No

Nom

Monastère

Age

Nom du père

Nom de la mère

Date de l'auto-immolation

Statut actuel

1

Phuntsok

Monastère de Kirti, Ngaba

21

Tsering Tashi

Dzongkar

16/03/ 2011

décédé le 17/03/2011

2

Tsewang Norbu/Norko

Monastère de Nyitso, comté de Tawu

29

Tsokye

Choklek

15/08/2011

décédé le 15/08/2011

3

Lobsang Kelsang

Monastère de Kirti

18-19

Tsering Tashi


26/09/2011

hospitalisé

4

Lobsang Kunchok

Monastère de Kirti

18-19



26/09/2011

hospitalisé, Comté de Barkham

5

Kelsang Wangchuk

Monastère de Kirti

17

Tsurdri

Dechok

03/10/2011

in County People's Hospital

6

Choephel

ancien moine du monastère de Kirti

19



07/10/2011

décédé le 11/10/2011

7

Khaying/Lhungyang

ancien moine du monastère de Kirti

18



07/10/2011

décédé le 08/10/2011


Tibet.net, le 12/10/2011


RÉPRESSION AU TIBET :
MESSAGE DE L'ADMINISTRATION CENTRALE TIBÉTAINE A LA R.P.C.


L’Administration Centrale Tibétaine demande à la République populaire chinoise de mettre un terme à la répression au Tibet qui a provoqué des vagues de manifestations et de révolte à Ngaba et dans d’autres régions du Tibet.

Depuis le 10 Mars 2011, date du 52ème anniversaire du Soulèvement national tibétain, sept immolations par le feu de Tibétains ont été confirmées pour protester contre l’occupation du Tibet par la Chine populaire et en signe de soutien au mouvement pour liberté du peuple tibétain. Le plus récent de ces tristes incidents s’est produit dans le Comté de Ngaba, dans la région nord-est du Tibet.

L’Administration Centrale Tibétaine condamne la politique menée par les autorités chinoises en réponse aux événements actuels. Plutôt que d’entamer le dialogue avec le peuple tibétain pour trouver des solutions aux plaintes et réclamations, des sources rapportent que les autorités chinoises se sont précipitées sur les individus qui tentaient de s’immoler pour les placer en détention. En cela, la Chine viole très clairement ses propres lois et les règlements internationaux concernant les Droits de l’Homme les plus fondamentaux.

Nous demandons au gouvernement chinois de relâcher immédiatement les survivants et de les traiter avec respect et dignité.

L’administration centrale prie instamment les Tibétains et tous nos amis dispersés dans le monde entier de montrer leur solidarité avec les habitants de Ngaba et de faire connaître à tous l’urgence et la gravité de la situation qui sévit en ce moment au Tibet. Nous en appelons à la communauté internationale afin qu’elle fasse pression sur le gouvernement de la Chine populaire pour qu’il trouve une solution pacifique à la question du Tibet dans le dialogue.

Le Kashag, Dharamsala,
le 10 Octobre 2011

Tibet-info.net,
Le 11/10/2011


 
APPEL URGENT POUR LA RÉPRESSION A NGABA


Trois moines du monastère de Ngaba à Kirti, dans l'Est du Tibet, se sont immolés en l'espace d'une semaine.  Le 3 octobre, Wangchuk Kelsang, 17ans criant des slogans et tenant à la main une photo du Dalaï-Lama, s'est immolé dans la ville de Ngaba. Le 26 septembre, Lobsang Kalsang et Lobsang Konchok (photo à gauche) âgés de 18 à 19 ans, se sont immolés après avoir organisé une manifestation pacifique similaire, au cours de laquelle ils ont brandi le drapeau national tibétain et appelé à la liberté religieuse au Tibet, en criant "longue vie au Dalaï-Lama". Kelsang Wangchuk et Lobsang Kelsang sont à la fois des proches de Phuntsok, un moine de 21 ans, qui vit également du monastère de Kirti et qui est décédé après s'être immolé au mois de mars.
Dans les deux cas, les moines ont été rapidement entourés par le personnel de sécurité chinois et emmenés. Les médias chinois étatiques affirment que tous les trois ont survécu, mais cela ne peut pas être confirmé. Leurs lieux de garde et leur état de santé ne sont pas connus.

Au cours des six derniers mois, cinq moines tibétains du monastère de Ngaba et de Kardze se sont immolés. Deux sont connues pour avoir péri. Ceci est une indication claire que la répression violente de la Chine au Tibet est devenue insupportable.
En réponse aux protestations de Ngaba, les autorités chinoises font stationer la police paramilitaire armée autour du monastère de Kirti, a fait des dizaines d'arrestations arbitraires et des centaines de moines ont été déplacés du monastère. Des checkpoints ont été mis en place par l'armée dans le monastère et les nouveaux rapports montrent que Internet a été coupé et que les routes sont bloquées. Des restrictions similaires ont été imposées dans Kardze.

Ces mesures répressives ne font qu'exacerber les tensions dans la région et que la politique actuelle de la Chine au Tibet doit changer.

S'il vous plaît agissez : en signant ce message en bas et en l'envoyant en urgence à Liu Qibao, secrétaire du Parti du Sichuan.

 

BONZES TIBÉTAINS : LA RÉVOLTE PAR L'IMMOLATION

Le monastère tibétain rebelle de Kirti, dans la préfecture d’Aba, dans l’ouest de la province du Sichuan, a été de nouveau cette semaine le théâtre de deux immolations par le feu. Pour la quatrième fois en six mois, des bonzes se transforment volontairement en torches humaines.

Que s’est-il passé ?
Deux moines de 18 et 19 ans ont brandi, lundi, des drapeaux du Tibet indépendant en criant des slogans appelant au retour du dalaï-lama, le chef spirituel du Pays des neiges. Selon des témoins, ils ont ensuite arrosé leur corps d’essence avant de l’enflammer. Au moins l’un d’eux aurait survécu à ses brûlures. Un éditorial du journal officiel chinois Global Times accusait mercredi le dalaï-lama d’être l’instigateur de ces «actes repoussants».

Y a-t-il eu des précédents ?
Un premier moine de Kirti a choisi, le 16 mars, de se transformer en torche humaine devant la mairie d’Aba. Les policiers en faction auraient éteint les flammes, avant de frapper le blessé. Les autorités chinoises ont peu après condamné, pour «homicide», à des peines allant de dix à treize ans de prison, trois moines qui se sont portés au secours du malheureux. Le 15 août, non loin d’Aba, un autre moine, âgé de 29 ans, s’est suicidé par le feu, là encore en criant «longue vie au dalaï-lama !

Le bouddhisme tibétain autorise-il le suicide de protestation ?
«Le suicide sous toutes ses formes est proscrit par le bouddhisme tibétain,rappelle Robert Barnett, directeur du Centre d’études tibétaines de l’université de Columbia, à New York. Si héroïque que soit son suicide, un bouddhiste ne peut en espérer aucun bénéfice spirituel.» Cette forme de protestation «très inhabituelle» est «une réaction aux mesures de sécurité extrêmes imposées par les autorités à Aba». Cette région, estime-t-il, sert de «laboratoire» pour tester de nouvelles techniques de répression.

Pourquoi ces immolations ?
Soixante ans après l’invasion du Tibet par les troupes communistes chinoises, une grande partie des 3 millions de Tibétains continue de réclamer l’indépendance ou le statut d’autonomie promis par Pékin en 1951. Une majorité exige que le retour du dalaï-lama, qui a fui en Inde en 1959, soit autorisé. Des affrontements et manifestations antichinoises ont éclaté presque tous les ans entre 1987 et 1993. En 2008, des émeutes ont fait au moins 19 morts (des Chinois de souche en majorité) à Lhassa, et 9 à Aba. Dans cette zone soumise à une forme de loi martiale, l’irrédentisme tibétain est très robuste et le clergé particulièrement visé. Quelque 300 moines rebelles de Kirti sont ainsi détenus, depuis avril, dans un lieu inconnu. Une demande d’information sur leur sort, émise par les Nations unies, a été ignorée par Pékin. Selon des sources tibétaines, les bonzes de Kirti sont soumis à une intense «rééducation politique», qui inclut des privations de nourriture. De l’argent est également offertpour inciter les moines à se défroquer.

Par Philippe Grangereau
Libération, le 30/09/2011


L'ENLÈVEMENT D'UN DRAPEAU TIBÉTAIN
DÉCLENCHE DES PROTESTATIONS

Le week-end du 1er octobre 2011, des manifestations ont éclaté dans une zone tibétaine de la province du Sichuan après qu’une photo du Dalaï Lama et un immense drapeau tibétain ont été retirés d’un bâtiment et jetés dans la rue, rapportent des témoins oculaires. Des dizaines de manifestants dans la ville de Serthar, Préfecture autonome tibétaine de Kardzé ont appelé au retour d’exil du Dalaï Lama et ont exigé la liberté pour le Tibet.
La police a tenté d’intervenir, mais s’est retirée alors que la foule grossissait, selon Sertha Tsultrim Woeser, originaire de Serthar et membre du Parlement tibétain en exil basé à Dharamsala en Inde.
"L’identification détaillée des manifestants n’est pas connue, mais les manifestants initiateurs étaient tous des laïcs tibétains", a-t-il rapporté à Radio Free Asia, citant des témoignages de témoins oculaires.
Les manifestations du 1er octobre sont intervenues dans une atmosphère tendue, suite à l’immolation de deux nouveaux moines tibétains - la quatrième immolation par le feu au cours des six derniers mois - originaires du monastère de Kirti au Sichuan, la semaine dernière.
Le monastère a été assiégé par les forces de sécurité chinoises qui avaient emmené et détenu plus de 300 de ses moines.
L’incident de ce samedi 1er octobre a été déclenché à la mi-journée après que quelqu’un ait accroché un immense drapeau tibétain et une photo du Dalaï Lama sur un immeuble de quatre étages à Serthar.
Selon Woeser, après un certain temps, le drapeau et la photo du Dalaï Lama ont été retirés et jetés dans la rue, déclenchant des protestations immédiates d’un groupe de Tibétains.
"Ils ont appelé au retour du Dalaï Lama au Tibet et se sont plaints de l’absence de liberté pour les Tibétains et ont exigé cette liberté. Ce groupe a protesté pendant environ 15 minutes", dit-il. "Une trentaine de policiers sont arrivés pour intervenir et ils ont tenté de les arrêter. Cependant, à ce moment, davantage de personnes se sont réunies et la foule a grossi. Ainsi la police n’a pas pu détenir les premiers manifestants".
Tibet Express, journal tibétain édité en Inde, a également rapporté ces manifestations.
Des témoins oculaires ont dit à Woeser qu’un nombre inconnu de brochures avec la photo du Dalaï Lama a été distribué à Serthar ce dimanche, appelant au retour du Dalaï Lama et à la liberté pour les Tibétains.
Woeser dit que ces brochures avaient également été distribuées la semaine dernière dans trois sous-districts de Serthar.
Aucune arrestation n’a été signalée jusqu’à présent, a déclaré Woeser.

Pékin a rejeté les appels d’une commission pour les Droits de l’Homme des Nations-unies à fournir des renseignements sur la situation de plus de 300 moines de Kirti portés disparus depuis que le monastère a été perquisitionné en avril.
Le Ministère des Affaires étrangères de la Chine a simplement déclaré que les moines faisaient l’objet "d’éducation juridique".
Les autorités chinoises mènent fréquemment une "rééducation politique" de moines tibétains, qui sont mis sous pression afin de renoncer à leur allégeance à leur chef spirituel en exil, le Dalaï-Lama.

Par Monique Dorizon,
Tibet-info.net, le 02/10/2011


LANCEMENT DE LA CAMPAGNE
"TROISIÈME BATAILLE" AU TIBET


Le 1er octobre 2011, la Chine va célébrer le 62e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine (RPC). Cette célébration est toujours précédée d’un contrôle plus serré et davantage de restrictions au Tibet.
Cette fois-ci n’est pas différente. Selon chinatibetnews.com, dans l’après-midi du 27 septembre 2011, le Comité régional du Parti et le Gouvernement de la Région autonome du Tibet (TAR) ont tenu une conférence à Lhassa en préparation de la célébration de la fondation de la République populaire de Chine, le 1er octobre. Lors de la réunion, une campagne de la "troisième bataille" a été lancée pour "gagner le maintien de la stabilité pour cette année".
Le Secrétaire du Parti de la Région autonome, Chen Quanguo, a souligné quatre points.
- Le premier, dit-il, est d’assurer qu’aucun cas politique ne se pose. Il a ajouté : "la lutte contre le séparatisme doit être approfondie, pour maintenir la stabilité sociale et garantir efficacement la stabilité à long terme au Tibet".
- Deuxièmement, les problèmes devraient être maîtrisés à la base lorsqu’ils sont petits.
- Troisièmement, tous les monastères doivent être étroitement surveillés avec des séances de rééducation patriotique intensifiées. Les activités et les affaires religieuses doivent être effectuées conformément à la Loi.
- Enfin, il a dit que les camarades du Parti et le Gouvernement (et tout fonctionnaire) sont les principaux responsables du maintien de la stabilité.

Pema Thinley, Président du Gouvernement de la Région Autonome du Tibet, a présidé la réunion et dit que les fonctionnaires doivent être déterminés à gagner cette bataille de la "troisième campagne" de maintien de la stabilité. La réunion a également été suivie par tous les dirigeants des Comtés et des villes via téléphone ou vidéo conférence.
Il s’agit de la deuxième réunion sur la "stabilité sociale" au cours de cette année voulant développer la répression dans toutes les régions du Tibet, mais cette conférence est la première pour le nouveau Secrétaire de la Région Autonome du Tibet, Chen Quanguo.
La "troisième campagne de bataille" vise à sévir contre les manifestants tibétains pacifiques et les Tibétains qui se différencient des idéologies politiques de la République Populaire de Chine.

Par Monique Dorizon
Tibet-info.net, le 30/09/2011



LE MONASTÈRE DE KIRTI BOUCLÉ
APRÈS LA TENTATIVE D'IMMOLATION DE DEUX MOINES


Le monastère tibétain de Kirti, près de Ngaba, dans l’Amdo tibétain, où deux moines ont tenté le 26 sept. 2011 de s’immoler par le feu, demeurait le 27 sept. bouclé par la police, ont indiqué des habitants.
"Les routes vers la préfecture de Ngaba sont bloquées, il y a des policiers partout dans les rues", a déclaré par téléphone à l’AFP un employé d’une société pharmaceutique locale.
"Les habitants de la préfecture de Ngaba ne peuvent envoyer ou recevoir de SMS et Internet n’est plus accessible", a-t-il ajouté.
Les autorités du Sichuan ont également demandé à tout groupe de 6 personnes ou plus de se disperser, pour tenter d’interdire tout mouvement de protestation.

Un Tibétain joint par téléphone dans un hôtel local a expliqué que les touristes, chinois comme étrangers, se voyaient refuser l’accès de cette préfecture autonome tibétaine de la province du Sichuan. "De nombreux policiers patrouillent dans les rues", a-t-il relaté.
Depuis l’immolation par le feu du jeune moine Phuntsok en mars 2011, les moines de Kirti ont fréquemment disparu pour réapparaître "complètement cassés par la torture", selon Mary Beth Markey, de l’association International Campaign for Tibet.
"Le suicide est considéré comme le pire moyen d’attenter à la vie, et est interdit selon les principes du bouddhisme tibétain. Ces actions montrent le niveau de désespoir que ces moines peuvent endurer".

Les Etats-Unis ont pressé la Chine dès le 27 sept.
de respecter les droits des Tibétains après la tentative d’immolation des deux moines tibétains déclenchant une nouvelle vague de répression.
Le département d’Etat américain est "gravement préoccupé" après l’immolation de deux moines tibétains au monastère de Kirti dans la province du Sichuan, a-t-il écrit dans un communiqué.
Le département d’Etat a également enjoint la Chine d’autoriser les journalistes comme les diplomates à observer la situation dans la province du Sichuan où les Tibétains accusent Pékin de mener une répression.
"A la lumière des doléances continues exprimées par la population tibétaine de Chine, nous pressons à nouveau les responsables chinois de respecter les droits des Tibétains, de s’occuper des politiques qui ont créé des tensions dans des zones du Tibet et de protéger l’identité religieuse, culturelle et linguistique unique des Tibétains", est-il écrit.

La Chine a réagi à l’annonce américaine en précisant qu’elle refusait que le Tibet soit utilisé pour s’ingérer dans ses affaires intérieures, selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
"Nous sommes opposés à ce que tout pays ou toute personne utilise les questions liées au Tibet pour s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine et miner (sa) stabilité sociale et (son) unité ethnique", a déclaré le porte-parole, interrogé sur la déclaration la veille du Département d’Etat.
"Le gouvernement chinois protège les droits légaux et les intérêts des minorités ethniques", a assuré Hong Lei.
 
 
Tibet-info-.net, le 27/09/2011


DEUX MOINES DU MONASTÈRE DE KIRTI
S'IMMOLENT PAR LE FEU



Le 26 septembre 2011 vers 10h30 (heure locale du Tibet) deux moines du monastère de Kirti, Comté de Ngaba, Province de l’Amdo, se sont immolés par le feu.
Les moines Lobsang Kelsang et Lobsang Kunchok ont organisé une manifestation pacifique sur le marché du Comté de Ngaba, chantant et criant des slogans tels que "Longue vie au Dalaï Lama" et "Nous voulons la liberté religieuse au Tibet". Ils ont ensuite mis le feu à leurs vêtements. Les deux moines ont été immédiatement arrêtés par des membres de la Police populaire armée (PAP) et du Bureau de la sécurité publique (PSB) après que ces policiers ont essayé d’éteindre les flammes.
Il est à craindre que l’un des moines ne soit mort sur la place du marché tandis que l’autre demeurerait dans un état critique. Un responsable de l’hôpital du Peuple de Ngaba a confirmé à l’AFP que l’établissement avait accueilli les deux hommes, sans fournir de détail sur leur état. Tous deux doivent être âgés d’environ 18 ans et originaires du canton de Meyruma, Comté de Ngaba. Le moine Lobsang Kelsang est un cousin (ou le jeune frère ?) du moine Phuntsog qui s’est immolé le 16 mars de cette année.
C’est la troisième fois au cours de cette année que des moines du Tibet, dans un acte désespéré, s’immolent.
Phuntsog, moine du monastère de Ngaba Kirti s’est immolé le 16 mars, voulant marquer le troisième anniversaire du soulèvement de 2008 et attirer l’attention internationale sur la question du Tibet.
Tsewang Norbu, moine de 29 ans, du monastère de Nyitso à Tawu, Kardze, a réclamé la liberté au Tibet et le retour de Sa Sainteté au Tibet avant de s’immoler, le 15 août dernier.
Lobsang Kelsang et Lobsang Kunchok ont rejoint le monastère de Kirti à un âge précoce.

Au cours des deux derniers mois, la Cour chinoise du Comté de Ngaba a condamné plusieurs moines du monastère de Kirti à de longues peines de prison après que les autorités les aient accusés d’implication dans la mort de Phuntsog.
La situation dans le Comté de Ngaba est encore très tendue. Un grand nombre de militaires armés ont été déployés dans la ville de Ngaba et la zone entourant le monastère. Les autorités ont également coupé l’accès Internet et les lignes téléphoniques publiques.
Plusieurs autres Tibétains du Comté de Ngaba, y compris de nombreux moines, ont été arrêtés par les autorités chinoises au cours des derniers mois et ont été vraisemblablement torturés brutalement, tout en étant détenus sans chef d'accusation.

Tibet-info.net, le 26/09/2011
Par Monique Dorizon

 
 

SA SAINTETÉ LE DALAÏ-LAMA
DÉCIDERA DE SA SUCCESSION A L'AGE DE SES 90 ANS

 


Le Dalaï-Lama durant une conférence au Brésil le 17 septembre 2011.

Le chef spirituel des Tibétains, le
Dalaï-Lama, a déclaré samedi qu’il déciderait "autour de ses 90 ans" de sa réincarnation, rappelant avec fermeté que le dernier mot ne reviendrait pas à la Chine mais à lui seul.

Le
Dalaï-Lama, 76 ans, a fait cette déclaration dans un document de 4200 mots publié à l’issue d’un rassemblement de responsables des quatre écoles spirituelles du bouddhisme tibétain à Dharamsala, dans le nord de l’Inde.

"Lorsque j’approcherai de mes 90 ans, je consulterai les grands lamas des traditions bouddhiques tibétaines, les Tibétains et les autres adeptes du bouddhisme tibétain et procéderai à une réévaluation de l’institution du dalaï lama pour savoir si elle doit ou non être pérennisée. Ma décision sera prise sur cette base", a-t-il assuré.

"En dehors de la réincarnation reconnue à travers ces méthodes légitimes, aucun candidat ne peut prétendre à une reconnaissance ou un agrément, s’il a été choisi pour des finalités politiques par qui que ce soit, y compris par ceux qui se trouvent dans la République populaire de Chine".

Selon la tradition tibétaine, les moines doivent identifier un jeune garçon présentant des signes selon lesquels il est la réincarnation du dernier chef spirituel.

Mais le
Dalaï-Lama a évoqué dans le passé une rupture possible avec cette tradition en choisissant un successeur avant sa mort ou parmi les Tibétains en exil. Il a aussi dit qu’il pourrait être ouvert à une élection du prochain dalaï lama.

De nombreux observateurs prédisent que la Chine désignera son successeur, ce qui aurait pour conséquence d’aboutir à l’existence de deux
dalaï-lamas, l’un reconnu par Pékin et l’autre par les exilés ou choisi avec le consentement de l’actuel chef spirituel.

Ce cas de figure s’est déjà produit en 1995 lorsque la Chine avait rejeté le choix du dalaï lama concernant la réincarnation du panchen lama, le deuxième plus haut titre dans le bouddhisme tibétain.

Le panchen lama choisi par la Chine, Gyaincain Norbu, est aujourd’hui âgé de 21 ans et fait souvent l’éloge de l’administration chinoise au Tibet. Le panchen lama choisi par le
Dalaï-Lama, Gedhun Choekyi Nyima, n’a pas été vu depuis 1995, après avoir été arrêté par la Chine.

Tibetan.fr, le 25/09/2011

 
UN MOINE DÉCÈDE DES SUITES DE TORTURES
ENDURÉES DURANT 10 ANS D'EMPRISONNEMENT


Un ancien prisonnier politique tibétain du comté Sogdzong, Ven, Yeshe Tenzin qui a été emprisonné pendant 10 ans, est mort récemment d'une grave maladie suite aux tortures sévères reçues pendant son emprisonnement. Certaines personnes disent qu'il aurait été empoisonné dans la prison chinoise avant sa libération. "Yeshe Tenzin, un moine bouddhiste du monastère de Sog Tsandhan, dans le comté de Sogdzong, dans l'Est du Tibet, avait été condamné à 10 années de prison pour sa participation à distribuer des brochures listant des éditions Tibétaines telles que "l'appel de la Liberté au Tibet" avec quelques autres personnes en 2001. Il a été libéré en décembre de 2010 après avoir purgé une peine de prison de 10 ans, "il a aussi été accusé d'assister le Kalachakra du Dalaï-Lama, M. Ngawang Tharpa de Sogdzong, vivant actuellement en exil, a dit le Tibétan Post International (TPI).

"Sa famille et ses parents l'ont fait hospitaliser dans différents hôpitaux pour le faire soigner ces 10 derniers mois, mais aucun traitement ne fut efficace. Il est décédé dans sa maison." a dit Tharpa.

"Pendant cette période il a été torturé et battu sévèrement, ce qui provoqua une maladie physique sérieuse. Cependant, certaines personnes disent qu'ils ont des doutes vis-à-vis des fonctionnaires chinois, qui auraient eut recours à une sorte de médecine empoisonnée pour les prisonniers tibétains avant leur libération lors du contrôle médical ou avant de terminer leur peine de prison," a-t-il ajouté.

"Un autre prisonnier politique de Sogdzong, Tenzin Choewang est aussi mort de la même maladie, selon les sources Tibétaines. "La plupart des prisonniers de comté Sogdzong qui ont été libérés de la prison chinoise avaient après des problèmes de santé sérieux."

En octobre de 2009, trois jeunes adultes tibétains, Gyaltsen, Wanchuk et Namkha ont été arrêtés par la police chinoise dans le Comté Sogdzong, Est du Tibet, et n'ont pas été donnés de nouvelles depuis. Les policiers ont refusé tout contact avec leurs familles.

Une source anonyme du Tibet a dit à TPI qu'il pense que la police avait contrôlé leurs activités Internet et les comptes QQ (le service de messagerie), par lesquels ils ont échangé des photographies et des discours de Sa Sainteté le Dalaï-Lama. La source a dit aussi que la police avait accusé les trois individus d'être en communication avec d'autres personnes à l'extérieur du Tibet et de la Chine.

Tibet.fr, le 14/09/2011


 
LA CHINE CONVOITE L'ARCTIQUE ET L'ATLANTIQUE

C'est un scénario digne d'un film de James Bond. Un magnat chinois, ancien haut fonctionnaire du Parti communiste, achète un terrain de 300 km² en Islande. Officiellement pour y construire un hôtel, mais en effet, disent certains, pour y installer une base d'espionnage en plein coeur de la zone névralgique de l'OTAN.

Huang Nubo, président-fondateur du groupe immobilier Zhongkun, se défend d'être un espion, même s'il a commencé sa carrière au ministère de la Propagande de l'empire du Milieu. Son projet islandais a néanmoins suscité une levée de bouclier, dans la petite île nordique. Le président islandais s'est déclaré en faveur de la transaction, mais le ministre de l'Intérieur a annoncé qu'il allait «examiner les intérêts et la sécurité de l'Islande», ont rapporté les médias britanniques.

«L'ambassade d'Islande à Pékin a fait grand cas, au cours des dernières années, de la possibilité que la Chine utilise le passage du Nord-Ouest pour raccourcir le transit de ses exportations vers l'Europe et la côte est américaine», explique Thomas Nilsen, directeur du groupe de réflexion Barents, en entrevue d'Oslo. «On espère que l'Islande sera une escale et que la Chine y ouvrira un port en eau profonde.»

Espionnage

De là à penser que les intérêts chinois ne sont pas que commerciaux, il n'y a qu'un pas, explique Robert Huebert, politologue spécialiste de l'Arctique à l'Université de Calgary. «Je ne pense pas que la Chine courra le risque d'ouvrir une base d'espionnage électronique en Islande dès maintenant. Mais les dirigeants chinois voient les choses à très long terme. Les avantages commerciaux viennent en premier. Mais qui sait si dans 10 ou 15 ans, la balance de pouvoir aura assez changé pour que la marine chinoise prenne pied dans l'Atlantique Nord, comme l'URSS l'avait fait à Cuba? L'Islande est certainement le meilleur candidat à une défection de l'OTAN vers la Chine. Le pays a été ravagé par la crise financière, mais n'a pas reçu beaucoup d'aide des États-Unis ou de l'Union européenne.»

La Chine demande depuis 2008 le statut officiel d'observateur au Conseil Arctique, où siègent le Canada, les États-Unis, la Russie et des pays scandinaves, selon un rapport de 2010 de l'Université Laval. Quand le passage du Nord-Ouest sera suffisamment libre de glaces pour laisser passer les navires porte-conteneurs, le trajet vers l'Atlantique Nord sera réduit de 20% à 40% par rapport aux canaux de Suez et de Panama.

«La Chine veut absolument que la navigation arctique soit internationale, dit M. Huebert. Le Canada veut pouvoir imposer sa surveillance. Pour le moment, la position chinoise est intenable, parce qu'ils ont plusieurs conflits frontaliers dans leurs eaux côtières, où ils insistent sur le respect des droits nationaux. Mais éventuellement, la Chine sera assez puissante pour avoir une approche contradictoire en montrant ses dents.»

La Chine a acquis en 2007 un brise-glace russe qui est le plus grand du monde, à l'exception des brise-glace nucléaires. Le Tigre des neiges déplace plus de 20 000 tonnes, deux fois plus que le Louis-Saint-Laurent canadien. Des brise-glace chinois ont visité l'Arctique canadien en 1999 et 2003 et des cargos chinois ont fait le passage du Nord-Ouest, en Russie, à quelques reprises au cours des dernières années, avec des escortes de brise-glace nucléaires.

Record de chaleur en Arctique

L'Arctique vient de battre un record datant de 2007. La superficie de la banquise a rétréci comme jamais depuis 1972, selon un nouveau rapport de l'Université de Brême, en Allemagne. En date de jeudi dernier, seulement 4,2 millions des 14 millions de kilomètres carrés de l'Arctique étaient couverts de glace, contre 4,3 millions kilomètres carrés en 2007. Dans les années 70, ce minimum frisait les 7 kilomètres carrés. La disparition de la glace a été particulièrement prononcée au nord du détroit de Béring, qui sépare l'Asie et l'Amérique.

Tibet.fr, le 13/09/2011
Par Mathieu Perreault


UNE DÉLÉGATION DE MAIRES
A RENCONTRÉ LE DALAÏ-LAMA



Treize maires représentant les différentes villes de France qui parrainent officiellement des communes tibétaines, dont Jean-Louis Halioua (Salles sur Garonne), Bernard Bros (adjoint de Carbonne), Philippe Bedel (Bax), Évelyne Delavergne (Lavelanet de Comminges) ont eu une entrevue avec le Dalaï-Lama lors de sa venue à Toulouse.

Après la présentation faîte par Jean-Louis Halioua, le Dalaï-lama a encouragé à faire connaître cette campagne et conseillé d’en informer le Parlement européen.

La situation actuelle du Tibet a été évoquée, en particulier sur la volonté politique de la Chine de faire disparaître la langue tibétaine. Ainsi, les noms des villes et des rues sont rebaptisés en langue chinoise. Le Dalaï-lama a rendu un hommage particulier à Marcelle Roux, présidente de France - Tibet en la surnommant « la mère du Tibet ».

Il a ensuite offert les katas, écharpes blanches traditionnelles, à toutes les personnes présentes avant de rejoindre une autre délégation de parlementaires.

En quoi consiste le parrainage ?

Il se fait en trois étapes : une délibération, le choix d’une commune tibétaine et la mise en place d’un panneau à l’entrée de la ville. Ainsi le conseil municipal de Salles sur Garonne a délibéré en 2009 et a parrainé officiellement la commune de Lhatsé, située à l’ouest de Lhassa, carrefour important sur la route qui relie Lhassa au mont Kailash.

Cette campagne a pour objectif de préserver l’identité de ces communes au sein même de leur territoire mais aussi de maintenir une grande vigilance afin d’éviter toute perte d’identité culturelle ou cultuelle pour ces populations. Elle veut montrer au gouvernement chinois que la population française s’intéresse au devenir des habitants de ces communes choisies et à leurs droits en tant que citoyens. Enfin elle souhaite s’inscrire dans une orientation constructive de préservation du patrimoine, de l’histoire et de la culture tibétaine. lors de chaque parrainage, un Tibétain vivant en France est invité à venir parler de sa ville ou de son village natal pour mieux la faire connaître.

Tibetan.fr, le 24/08/2011


DES DÉTENUS TIBÉTAINS TORTURÉS
DANS LA RÉGION DE KARDZÉ


Certaines sources affirment que parmi un groupe de 40 à 50 Tibétains, détenus après avoir protesté contre la domination chinoise dans les zones tibétaines et libérés le jeudi 11 août 2011, beaucoup auraient été torturés au cours de leur détention. Ils présentent des ecchymoses et des coupures sur le corps, révélateurs des coups reçus et d’autres abus.

Le groupe a été arrêté dans la Préfecture autonome tibétaine de Kardzé.
"Dans ce groupe, 17 tibétains ont été libérés dans l’après-midi du 11 août par le tribunal intermédiaire de Kardzé", a déclaré Lobsang Gonpo, moine tibétain vivant en Inde, citant des contacts dans la région.
"La plupart portaient des ecchymoses et des coupures sur le corps liés aux coups violents et à la torture... Aucune amende ne leur a été imposée mais leur état de santé est mauvais", dit-il.
"Depuis que les autorités chinoises ont interdit les grands accueils publics, ils ont été accueillis surtout par les membres de leur famille", poursuit Lobsang Gonpo, ajoutant qu’on a demandé à ces anciens détenus de se signaler aux autorités policières du Comté deux jours après leur libération.

Ces derniers mois, Kardzé a été le théâtre de manifestations tibétaines répétées, menées par des individus et par de petits groupes, malgré les arrestations persistantes et les passages à tabac menés par les autorités chinoises.
"Il y a maintenant une très forte présence des forces de sécurité chinoises dans la ville de Kardzé. Ils gardent un œil vigilant sur les Tibétains", dit Lobsang Gonpo.

Trois jours plus tôt, le 8 août, les autorités chinoises ont libéré un Tibétain détenu pour avoir transmis des informations sur la situation locale à des contacts à l’extérieur de la région, rapporte un Tibétain vivant à Kardzé, parlant sous condition d’anonymat.
"Son nom (du Tibétain libéré) est Pema Gonpo, originaire du village de Gyarang Da. Il est âgé de 37 ans environ. C’est un homme d’affaires travaillant à Sertha. Il a été détenu le 6 juillet, soupçonné d’avoir passé de l’information en Inde sur la situation à Kardzé", dit cet homme.
"Il a été sauvagement torturé lors d’un interrogatoire rigoureux, a été passé à tabac et suspendu au plafond. Il a été également alternativement placé dans des pièces froides et chaudes tout en étant interrogé", précise-t-il
Pema Gonpo a été soigné dans les hôpitaux de Sertha et Dartsedo
, rapporte cette même source, mais son état a continué d’empirer et sa famille a été finalement appelée pour prendre soin de lui.

Pendant ce temps, les autorités chinoises ont arrêté quatre moines tibétains qui avaient tenté de revenir à leur monastère après avoir échappé à la police pendant près de trois ans, dit un Tibétain vivant dans la "Préfecture autonome tibétaine" de Kanlho.
"En 2008, plusieurs moines du monastère de Gyalmo, Préfecture de Kanlho, ont participé à des manifestations contre la Chine". "Lors des manifestations, 20 moines de ce monastère ont été détenus"
"Récemment, quand deux des moines, Tenzin Gyatso et Jigme Samten, ont voulu retourner secrètement au monastère, la police chinoise les attendait". "Ils ont été arrêtés le 1er août vers 15h00".
"Deux autres moines, Kaljam et Yonten, ont été placés en détention à peu près à la même période, mais ils ont ensuite été libérés", poursuit la même source.

Tibet-info.net, le 18/08/2011,
Par Monique Dorizon


 
MALGRÉ LES RISQUES PRIS,
LES TIBÉTAINS DE KARDZÉ CÉLÈBRENT
L'ANNIVERSAIRE DU DALAÏ-LAMA


Par milliers, des Tibétains défient les interdictions gouvernementales et sortent en nombre pour célébrer le 76ème anniversaire de Sa Sainteté le Dalaï Lama, à Kardzé, au Tibet oriental.
La Voix du Tibet (VoT), service de radio tibétaine de Dharamsala, cite des sources en exil confirmant qu’au moins à deux reprises, des Tibétains se sont réunis pour offrir des prières et célébrer l’anniversaire de Sa Sainteté le Dalaï Lama, le 6 juillet.

Yama Tsering, moine en exil, dit à VoT que "tôt le matin, environ 300 nonnes du couvent de Ganden Jangchup Choeling de Tawu, Kardzé, faisaient une cérémonie de Sangsol (prières et offrandes d’encens) sur la colline de Machen Pomrar, quand elles ont été confrontées au personnel de sécurité chinois.
Des Tibétains campaient dans des tentes sur les pentes de la colline de Machen Pomrar en prévision des célébrations.
Plus de dix mille Tibétains ont rejoint les nonnes, transportant des drapeaux nationaux tibétains et criant des slogans pour le retour de Sa Sainteté le Dalaï Lama et la liberté religieuse au Tibet, lorsqu’ils ont été empêchés de continuer la cérémonie religieuse par plus de 500 membres du personnel de sécurité chinois".
Les slogans auraient continué pendant plus de cinq heures jusqu’à ce que la dirigeante du couvent arrive et désamorce la situation.
Lors d’un autre incident de célébration populaire, des Tibétains de Dragko, à Kardzé, ont effectué une cérémonie de prière et de Sangsol pour commémorer l’anniversaire de Sa Sainteté.
Plus tôt, le 5 juillet, deux moines du monastère de Dhargey à Kardzé ont été arrêtés lors de deux incidents distincts, accusés de mener des activités sécessionnistes. Il n’y a aucune information sur la situation de ces moines.

L’affichage public de soutien à Sa Sainteté le Dalaï Lama arrive à un moment où Kardzé vacille sous la répression intense des forces de sécurité, suite à une série de manifestations antichinoises depuis le mois dernier.
L’Administration centrale tibétaine, dans un document d’information sur les manifestations pacifiques de Kardzé publié le 7 juillet, décrit la situation comme "sombre et tendue".
"Il est clair que la situation des Droits de l’Homme à l’intérieur du Tibet, en particulier dans la région de Kardzé, se dégrade avec une augmentation spectaculaire de brutalité et de répression chinoises. Avec le type de mesures répressives imposées par les autorités chinoises, il existe une possibilité d’augmentation des manifestations à n’importe quel moment et donc d’arrestations de nombreux Tibétains dans la région de Kardzé", est-il noté.


Tibet-info.net, le 09/07/2011
Par Monique Dorizon


 
GLOBAL ACTION DAY :
MANIFESTATIONS DANS LE MONDE ENTIER
DEVANT LES AMBASSADES CHINOISES
LE 13 JUILLET 2011

 
« LHASA VOIT ROUGE »
Du 14 au 16 juillet prochain, le gouvernement chinois va célébrer à Lhasa les 60 ans de la « Libération pacifique » du Tibet.
La région autonome du Tibet, actuellement fermée, va ainsi recevoir la visite de hauts fonctionnaires du gouvernement chinois et des diplomates étrangers sont également attendus.
Pendant que la mascarade de cette célébration s organise à Lhasa, la répression s'intensifie au Tibet dans les régions de Kardze et Kirti où les manifestations sont de plus en plus nombreuses.
Loin des caméras et des micros, peu de témoignages nous parviennent mais ils sont accablants pour le gouvernement de la République Populaire de Chine.
La campagne nommée « Red Song », menée depuis 2007 à travers la Chine et le Tibet, qui encourage les « citoyens » à danser et chanter sur les musiques patriotiques est le symbole de cette grande mascarade de propagande dans la capitale tibétaine.
C'est pourquoi l'Association Etudiants pour un Tibet Libre et la Communauté tibétaine de France et ses amis, organisent le 13 juillet à 16h, Place de l'Alma, près de l'ambassade chinoise, une manifestation en musique et en danse afin de servir d'antidote à la campagne « Red Song ».
Les situations actuelles à Kardze et à Kirti rappellent la réalité de 60 ans d'occupation. Pour mettre la lumière sur les manifestations qui se déroulent quotidiennement au Tibet et la répression qui s'intensifie, nous appelons au soutien des français et du gouvernement français.
Soyez nombreux à nous rejoindre ce 13 juillet !
N'hésitez pas à faire tourner autour de vous!

Vive le Tibet Libre !
L'Equipe d'Etudiants pour un Tibet Libre


DÉNONCIATIONS DE LA TORTURE AU TIBET

Le dimanche 26 juin 2011, lors de la Journée internationale de soutien aux victimes de la Torture, Gu Chu Sum, groupe d’anciens prisonniers politiques, a déclaré que la torture était systématiquement pratiquée à l’encontre des Tibétains par les autorités chinoises.
"Chocs électriques, coups de pied et tabassage, mise à nu, jets d’eau bouillante sur le visage, position debout pieds nus sur la glace, sont couramment utilisés par les autorités chinoises sur les prisonniers politiques tibétains dans une vaine tentative de destruction de leur esprit et de leur volonté".
"En dépit des tentatives du gouvernement chinois de montrer son unité ethnique au reste du monde ainsi que ses projets et travaux pour aider le Tibet, en réalité, c’est une série de politiques d’inégalité et de discrimination à l’encontre des minorités ethniques qui est pratiquée".
"Pour cette raison, le peuple tibétain ne peut plus subir cette règle de violence".

Selon les avocats et les chercheurs, de manière habituelle, le gouvernement chinois a établi une discrimination contre les minorités ethniques dans son système judiciaire.
Des analystes ont déclaré que la campagne de Gu Chu Sum met en évidence un système dans lequel toute forme d’opposition ou de plainte déposée par les Tibétains - ou d’autres groupes ethniques minoritaires - est susceptible d’attirer une réaction violente de la part du Parti communiste au pouvoir.

Tenzin Tethong, expert en études tibétaines à l’Université de Virginie, dit qu’au cours de leur formation, on a inculqué des idées racistes aux forces de sécurité chinoises au Tibet.
Il cite l’histoire d’un lama nommé Jigme, du monastère de Labrang au Sichuan, qui a été emmené pour interrogatoire dans un camp militaire.
"Les soldats étaient du Sichuan, et ils lui ont dit : « Saviez-vous que ces armes que nous portons ont été faites dans le but de tuer les vieux Tibétains comme vous ? ».
"En bref, ils ne maintiennent ni la paix ni la sécurité ; ils ont une attitude discriminatoire envers les minorités ethniques, qui leur a été inculquée pendant de nombreuses années par le gouvernement", dit Tenzin Tethong.

Le monastère de Kirti, dans la Préfecture de Ngaba, à majorité tibétaine, au Sichuan, a été assiégé par le personnel de sécurité chinois depuis qu’en signe de protestation contre la domination chinoise, un jeune moine s’est immolé par le feu le 16 mars, puis est décédé.
t les récentes manifestations des bergers et des étudiants mongols contre la destruction des prairies locales ont déclenché un afflux massif de troupes en Mongolie intérieure, à la fin du mois de mai.

Tenzin Tethong dit que Pékin caractérise souvent le discours sur les droits de l’homme comme l’amélioration des conditions économiques, ou une arme politique dans les mains des pays occidentaux désireux d’attaquer la Chine.
"Mais le problème réside davantage sur la différence avec laquelle la Chine mène l’application du droit entre l’ethnie majoritaire han et ses minorités ethniques", a-t-il dit.
"Chaque fois que les Tibétains s’opposent au gouvernement chinois pour une raison quelconque, pour des raisons environnementales, religieuses ou linguistiques ... les fonctionnaires locaux transforment cela en quelque chose hautement politique et très sensible", a déclaré Tenzin Tethong.
"Donc la probabilité qu’ils utilisent la violence (contre les Tibétains) est beaucoup plus importante qu’à Shanghai ou Pékin".

L’avocat défenseur des droits, Xie Yanyi, a convenu que les préoccupations des minorités ethniques de la Chine ont été trop facilement politisées.
"Quand cela arrive, je crois qu’alors vous y voyez des violations des droits de l’homme et un système qui est destructeur de la primauté du droit".
Cependant, Xie dit qu’il n’a pas vu un usage systémique de la torture à l’échelle nationale dans le système judiciaire de la Chine.
"M’appuyant sur certaines situations auxquelles j’ai participé, je peux dire que dans très peu de cas la torture a été utilisée au cours des interrogatoires", a déclaré Xie, qui est basé à Pékin.
Il ajoute : "Il n’existe aucune torture systémique, mais elle est beaucoup plus susceptible de se produire secrètement, hors du cadre juridique, par exemple en camps de travail, dans les centres de désintoxication, d’enfermement psychiatrique, ou au cours de résidence surveillée ou de soi-disantes « disparitions »".
"Je ne pense pas que cela soit systémique ... mais c’est encore une mauvaise habitude, un comportement habituel".
 
La semaine dernière, Richard Gere, à Pékin, lors d’une exposition de ses photos prises dans la région himalayenne, s’en est pris à la torture et aux crimes perpétrés au Tibet.
Une photo montre plusieurs dessins illustrant la torture de nonnes tibétaines par les autorités chinoises, que Gere a déclaré avoir trouvés sur le mur d’un couvent à Dharamsala, la ville indienne où est basé le gouvernement du Tibet.

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a appelé les gouvernements à prendre des mesures efficaces pour prévenir la torture, qui, dit-il, ne peut jamais être justifiée.
"Il n’existe aucune circonstance exceptionnelle que ce soit, aussi bien un état de guerre, ou une menace de guerre, l’instabilité politique interne ou toute autre situation d’urgence nationale ou de sécurité publique". "Lors de la Journée internationale de soutien aux victimes de la Torture, nous honorons les hommes et les femmes qui ont souffert, subi leur épreuve avec courage et force intérieure", dit-il. "Nous pleurons, aussi, ceux qui n’ont pas survécu".
Ban Ki-moon se félicite de l’ajout récent de la Convention internationale pour la Protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées dans le droit international relatif aux Droits de l’Homme, décrivant la disparition forcée comme une autre manifestation de la torture.
"À une époque où les aspirations légitimes des gens dans de nombreuses régions du monde à une plus grande liberté, la dignité et une vie meilleure rencontrent trop souvent violence et répression, j’exhorte les États à respecter les droits fondamentaux de tous", dit-il.
"La torture et autres formes de traitements et punitions cruels, dégradants et inhumains, partout où ils se produisent et quelles que soient les circonstances, ne peuvent jamais être justifiées".

Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme a averti que ceux qui commettent des tortures pourraient être traduits en justice.
"La torture est illégale et si elle est effectuée sur une base systématique, peut constituer un crime de guerre ou un crime contre l’humanité", dit-elle.
"Ni un état d’urgence, ni un conflit, ni la lutte contre le terrorisme, ni la lutte contre la criminalité n’excusent l’usage de la torture".
Navi Pillay ajoute que la torture est aujourd’hui toujours largement pratiquée partout dans le monde.
Le Fonds de contributions volontaires des Nations-Unies pour les victimes de la Torture dit qu’il a été obligé de réduire le financement des services psychologiques, médicaux et sociaux pour des milliers de survivants de la torture dans le monde entier, faisant allusion à une réduction des contributions volontaires des États membres.

Tibet-info.net, le 05/07/2011
Par Monique Dorizon
 

LE MOIS SACRÉ DE SAGA DAWA
PONCTUÉ DE MANIFESTATIONS A KARDZE

 
Au moins 39 Tibétains ont été arrêtés en juin 2011 pour avoir organisé des manifestations appelant à un "Tibet libre", au "Retour du Dalaï Lama au Tibet" et criant "Vive le Dalaï Lama". La situation dans la région est très tendue et les gens vivent dans un climat de peur.
À la suite des manifestations, des troupes de sécurité ont été déployées par milliers dans la région afin d’écraser instantanément toute forme de protestation populaire.

Un touriste étranger, ayant récemment séjourné à Kardze, a fait le compte-rendu suivant de la situation dans la région :
"Il y avait des milliers de policiers et de militaires, dans des équipements anti-émeute, patrouillant dans les rues en camion ou à pied en formation. Il y en avait beaucoup debout au coin des rues, et également de nombreux en civils.
Alors que je marchais, des nonnes ont été arrêtées et on leur a dit qu’elles ne pouvaient pas se déplacer dans les rues. Elles ont été très courageuses et ont dit à la police qu’elles s’étaient perdues et ont pu continuer leur chemin. Il y avait des véhicules blindés avec de gros canons sur le toit, des camions remplis de membres de l’armée, des voitures de police, des voitures banalisées roulant constamment dans les rues, toutes les une ou deux minutes. Il y avait des policiers à quelques mètres les uns des autres sur la route principale et beaucoup à chaque croisement.
Je suis allé deux fois à Kardze. La première fois, il y avait moitié moins de policiers et d’armée. La deuxième fois, une semaine plus tard, c’était très tendu. Il y avait des rumeurs parlant de moines criant "Tibet libre", alors peut-être est-ce la raison pour laquelle leur nombre a augmenté.
La seconde fois, en allant vers Kardze, notre véhicule a été intercepté deux fois à la périphérie - recherche de moines, de nonnes et d’étrangers. Ils relevaient les détails de la carte d’identité de tous les moines et nonnes entrant à Kardze.
En ville, il y a une grande prison emplie de prisonniers politiques tibétains. Le soir, à la télévision, ils montrent des prisonniers se repentant de leurs crimes, après avoir été battus jusqu’à leur soumission. L’un d’entre eux était une vieille dame nomade, 80 ans environ, paralysée et courbée. Ses trois fils ont été tués, et elle est venue en ville pour crier "Tibet libre".
Mes amis de Kardze, dont je tairai les noms afin de les protéger, ont eu plusieurs membres de leur famille en prison dans le passé. Le père y est resté deux ans, torturé à plusieurs reprises. Les deux nièces, des nonnes, ont été récemment en prison en 2008 pour avoir écrit une lettre ouverte demandant que le Dalaï Lama retourne au Tibet et le soutenant. Ce sont de jeunes nonnes d’une vingtaine d’années et elles ont été enfermées respectivement deux et trois ans. En me décrivant leurs tortures, elles ont commencé à pleurer, les blessures émotionnelles et mentales étaient encore fraiches".

En plus des rapports antérieurs sur des religieuses et des moines, organisant des manifestations à Kardze, le Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie (TCHRD)
a reçu des informations confirmées que deux autres nonnes ont été arrêtées pour avoir manifesté.
Le 18 juin 2011, deux religieuses, Choesang et Peltruk, du couvent de Dhargye Nyagye, Comté de Kardze, ont organisé une manifestation vers 9 h sur le marché principal de Kardze appelant à la "longue vie du Dalaï Lama", la "liberté au Tibet" et le "retour du Dalaï Lama au Tibet" tout en distribuant des tracts. Environ 10 minutes plus tard, la police est arrivée et les a immédiatement menottées et a commencé à les battre sévèrement. Il est très probable que les religieuses aient été torturées en prison. Leurs familles se sont vues refuser toute visite et interdire de leur donner de la nourriture et des vêtements.

Tibet-info.net, le 04/07/2011
Par Monique Dorizon
 

DES CENTAINES DE MOINES
DU MONASTÈRE DE KIRTI SONT OBLIGÉS
DE PARTIR, EXPULSÉS OU DÉTENUS

Selon International Campaign for Tibet, organisation basée à Washington, le monastère de Kirti, sous blocus des policiers armés chinois depuis le 16 mars, a perdu des centaines de moines en raison d’expulsions et de détentions ainsi que de désertions. Les désertions seraient causées d’une part par les craintes de disparition, de torture et de détention, et l’impossibilité de la pratique religieuse et des études, en raison de la campagne d’éducation patriotique obligatoire menée par les autorités chinoises.

"Le monastère de Kirti a longtemps été l’un des plus grands et le plus influent monastère de la région, et dans cet endroit, les Tibétains ressentent fortement leur identité nationale. Les Tibétains craignent que les autorités chinoises cherchent maintenant à affaiblir significativement le monastère de Kirti par le biais de cette campagne systématique menée contre lui et contre les moines", affirme anonymement un Tibétain en exil ayant maintenu des contacts dans la région.

Au sujet de la situation de blocage par l’armée et la police, un moine de Kirti en exil déclare : "Ces jours-ci, il y a deux grandes tentes de l’armée installées à l’extérieur du mur nord du monastère, deux de chaque côté des entrées orientale et occidentale, trois autres au niveau du grand stupa ouest du monastère et quatre à l’entrée principale (sud) de l’ensemble. La nouvelle salle de réunion du monastère est occupée par des soldats et des policiers, et tous les dortoirs vacants sont également occupés par des soldats, des policiers et des fonctionnaires".

Auparavant, le 9 juin, le site de la BBC a cité le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois Hong Lei qui, tout en répondant à la question d’un journaliste étranger à Pékin, a déclaré qu’il n’y avait eu aucune "disparition" au monastère de Kirti ; que les autorités locales avaient simplement emmené quelques moines pour "éducation juridique".

Pendant ce temps, deux autres détentions de moines ont été signalées par les moines de Kirti exilés. Il s’agit de Gempel, âgé de 23 ans, fils d’Urgyen Tsering de la division pastorale no. 2 dans le canton de Me’uruma et d’A Kyakya, 30 ans, de la division no. 1 de Me’uruma. Cependant, la date de leur détention et leur actuelle localisation restent inconnues.

A’Kyakya a été soupçonné d’avoir mené les manifestations ayant eu lieu après l’immolation d’un moine de Kirti âgé de 21 ans le 16 mars.

Tibet-info.net, le 21/06/2011
Par Monique Dorizon

 
 

DES MOINES DU MONASTÈRE DE KIRTI
REFUSENT DE PARTICIPER AU RASSEMBLEMENT
POUR LA PRIÈRE "MISE EN SCÈNE"
PAR LES AUTORITÉS CHINOISES


Selon une source très haut placée, après avoir appris que les autorités chinoises avaient organisé l’événement à des fins de propagande, des moines du monastère de Kirti ont refusé d’assister à une réunion de prière habituellement observée une fois tous les 15 jours.
Le 15 juin, les autorités ont appelé moines et laïcs à se rassembler au monastère de Kirti pour assister au rite de "lha-tse" qui n’avait pas été effectué depuis le 16 mars 2011, alors que les tensions débutaient au monastère de Kirti à Ngaba suite à l’immolation d’un moine manifestant contre le gouvernement.
Selon cette source, quelques moines âgés, environ 40 d’entre eux, ont assisté à l’événement religieux alors que la majorité des moines a refusé de participer au rite de la communauté pour protester contre le plan des autorités d’utiliser l’événement à des fins de propagande.

Des caméras ont été installées sur le site où se déroulait la cérémonie, apparemment pour filmer la procession religieuse à laquelle participaient habituellement la population locale et un grand nombre de moines. La source dit aussi que quelques Tibétains assistant à l’événement ont été filmés alors qu’ils offraient de l’encens et participaient à des rites religieux.

Quelques jours avant la cérémonie, les tentes abritant les soldats autour du monastère auraient été emmenés, et les traces en auraient été supprimées. La même source a déclaré que les gens se passaient le mot en disant que cela devait être pour tromper les journalistes, ou peut-être à cause de la venue d’une équipe d’inspection extérieure.

Parmi les 300 moines emmenés le 22 avril, ceux des préfectures de Golok et de Yushu dans le Qinghai, ont été libérés et ramenés dans leurs régions d’origine, mais ils ont été effectivement interdits de retour au monastère de Kirti.

"Nous n’avons pas pu apprendre quelque chose de plus sur la situation des moines originaires d’autres provinces (y compris Rebkong dans le Qinghai et Machu dans le Gannan)", ajoute cette source, exprimant ses préoccupations.

Tibet-info.net, le 21/06/2011
Par Monique Dorizon
 

LES AUTORITÉS CHINOISES ONT DÉMOLI
LA MAISON DU 13ème DALAI-LAMA


Les autorités chinoises ont démoli l'ancienne maison centenaire du 13ème Dalaï-Lama en dépit des appels pour protéger le site. La maison de Thupten Gyatso était située près du fleuve Kyichu, au sud de Lhasa. Elle se trouvait dans une région contrôlée par le Centre Militaire de Lhasa et avait été déclarée "structure historique à être protégée," a dit une source qui vit au Tibet. Le 13ème Dalaï-Lama, souvent considéré par les Tibétains comme le "Grand 13èmee, était né d'un couple de paysans dans la région de Dakpo au Sud du Tibet.

Thupten Gyatso a été reconnu par les autorités religieuses tibétaines comme la réincarnation du 12ème Dalaï-Lama en 1877.

Il avait prédit par la suite l'invasion chinoise du Tibet de 1950 et est mort à l'âge de 57 ans en décembre 1933 après avoir préconisé la modernisation de l'armée tibétaine.

Tibet.fr, le 16/06/2011
 
 

"TRANSPARENCE ET LIBERTÉ DE LA PRESSE
SONT LES PREMIÈRES PIERRES VERS LA DÉMOCRATIE"
DÉCLARE LE DALAI-LAMA



"Transparence et liberté de la presse sont les premières pierres vers la Démocratie" déclare le Dalaï-Lama à la communauté chinoise.

Sa Sainteté le Dalaï-Lama a dit lors d'une réunion de la communauté chinoise à Melbourne dimanche dernier que la transparence et la liberté de presse marchent de paire pour que la Chine embrasse la démocratie.

Sa Sainteté a rencontré un grand nombre de jeunes chinois, bouddhistes et activistes de la démocratie lors de son quatrième jour de visite à Melbourne. Beaucoup d'entre eux sont des membres du Groupe d'Amitié sino-tibétain de Melbourne, qui a été établi sur les suggestions de Sa Sainteté le Dalaï-lama lors d'une visite précédente.

Il a dit que les relations entre le Tibet et la Chine durent depuis plus de 1000 ans. "D'autant plus que le Bouddhisme est concerné, il a prospéré en Chine longtemps avant le Tibet. Les Chinois sont donc des étudiants de Bouddha plus anciens", a-t-il dit.

Au sujet du politique, Sa Sainteté a réitéré sa position pour la recherche de l'autonomie en Chine. Il a dit, "nous devons résoudre la question par l'amitié et la coopération réciproque".
 
 
 

Sa Sainteté a dit aux Chinois, fier de montrer au gouvernement chinois ce qu'il a fait pour l'accomplissement d'une vraie démocratie tibétaine, en ajoutant que c'est maintenant au tour du Parti communiste Chinois de prendre sa retraite après avoir été au pouvoir depuis 60 ans.

Cependant, il a précisé qu'il ne s'attend pas à ce que la Chine se change en un pays démocratique dans la nuit. Il a dit que "la Chine est un grand pays et n'est pas utilisée pour la démocratie. C'est une bonne chose de continuer à prendre ce chemin progressivement. Le premier pas à prendre pourrait être une plus grande transparence et une plus grande ouverture. Elle devrait commencer par permettre la
liberté de presse et par arrêter les moyens qui diffusent de fausses informations".

Sa Sainteté a été touchée par l'accueil chaleureux de la communauté chinoise. Un groupe de femmes chinoises a récité une prière en tibétain en son honneur. Il leur a dit qu'il récitait chaque jour depuis son enfance la même prière.


Auparavant,
Sa Sainteté avait rencontré les membres des communautés tibétaine, mongole et Bhoutanaise. Il a dit à l'audience : "nous devrions être les bouddhistes du 21ème siècle. Par cela, je veux dire que nous devons avoir la pleine compréhension du Bouddha dharma".

Il a encouragé les Tibétains vivant en Australie à faire attention spécialement dans le fait de préserver leur culture.
Il a dit: "nous sommes en exil non pas à cause d'un désastre naturel ou d'une guerre civile, nous avons quitté notre pays à cause d'une occupation étrangère. C'est notre devoir de maintenir notre héritage riche et ancien". Réfutant n'importe quelle spéculation sur sa dévolution de pouvoir politique, Sa Sainteté a dit aux Tibétains présents qu'ils soient assurés qu'il n'ait pas renoncé au Tibet. "J'ai pris ma décision dans l'intérêt à long terme du peuple Tibétain", a dit Sa Sainteté.


Sa Sainteté a alors commencer son deuxième jour d'enseignements en abordant le Mode de vie de Bodhisattva. Après avoir développé le chapitre 9 sur la Sagesse, il a attiré l'attention sur les chapitre 1 (Les Avantages de l'Esprit qui se réveille), 4 (La Conscience) et 8 (La Concentration).

Il a parlé longuement sur le "vide", le Nirvana, les quatre croyances nobles et d'autres concepts centraux du bouddhisme. En parlant tant en tibétain qu'en anglais, Sa Sainteté a montré de nouveau ses prouesses remarquables comme enseignant du bouddhisme, en communiquant ces importants concepts non seulement de manière accessible aux esprits tibétains et occidentaux, mais aussi d'une façon extrêmement essentielle pour le monde moderne.

Tibet.fr, le 13/06/2011

 

CONFÉRENCE DE PRESSE
GROUPE D'INFORMATION SUR LE TIBET AU SÉNAT


  
 
M. Jean-François HUBERT
Sénateur (UMP -  Doubs),
Président du groupe d'information sur le Tibet au Sénat,

vous prie d'assister à la conférence donnée par M. Kelsang Gyaltsen, Représentant du Dalaï-Lama pour l'Europe, et par Mme Sofia Stril-Rever, auteur de l'Appel au monde du Dalaï-Lama, sur le thème :

"Tibet, évolution politique et résistance"

 
 
le Mercredi 8 juin 2011 à 18h
 
- salle de réunion Monerville -
26, rue de Vaugirard 75006 Paris


se pésenter muni(e) de la présente invitation


M. Kelsang Gyaltsen, Représentant par intérim du Dalaï-Lama en Europe, fera un point sur l’actualité politique de la communauté tibétaine en exil après les élections du printemps 2011, qui ont renouvelé le Parlement tibétain de Dharamsala et désigné un nouveau Premier Ministre en la personne de M. Lobsang Sangay, ainsi que sur la situation au Tibet, où la répression s’est intensifiée ces derniers mois.

Mme Sofia Stril-Rever, écrivain et sanskritiste, qui vient de consacrer un ouvrage aux discours prononcés par le Dalaï-Lama tous les 10 mars, jour anniversaire de l’insurrection de Lhassa en 1959, fera une présentation de l’évolution de la pensée politique et diplomatique de celui-ci, jusqu’à sa décision récente de renoncer à toute charge politique.

 

LA RÉPRESSION CONTINUE
POUR LES MOINES DU MONASTÈRE DE KIRTI


A la mi-mai 2011, le gouvernement chinois a annoncé aux moines du monastère de Kirti - comté de Ngaba au Sichuan - qu’il leur serait donné 800 yuans chinois, comme une forme de salaire permettant de vivre.
Cependant, le 26 mai, au lieu de cela, le gouvernement chinois a donné à chaque moine 400 yuans chinois. Quatorze moines du monastère de Kirti n’ont pas accepté l’argent, disant que "l’argent venait de la sueur et du sang d’autres personnes".
Les moines ayant catégoriquement refusé l’argent ont été menacés. Les responsables chinois ont insisté, disant : "vous devez prendre cet argent" et ils ont donné des conseils aux moines pour l’utilisation de cet argent.
Les quatorze moines qui n’ont pas accepté l’argent n’étaient pas les seuls à avoir cette attitude morale déterminée contre les fonctionnaires chinois. De nombreux autres moines ont pris l’argent et l’ont déchiré avec une attitude de défi. Une altercation a éclaté entre les fonctionnaires chinois et les moines. Les moines ont dit que sous le régime chinois, ils n’accepteraient pas de fonds du gouvernement.
Les fonctionnaires chinois ont dit à la Communauté de moines de Kirti qu’ils devraient le prendre, que cela venait du peuple. Les moines, pacifiques, ont courageusement rétorqué : "nous subirons la punition de la loi si, d’après la Constitution communiste chinoise, refuser de l’argent est un crime - nous ne voulons pas accepter votre argent".
Pendant deux mois, près de 2 000 moines du monastère de Kirti ont été contrôlés par la police chinoise. Les moines de Kirti ne sont pas certains que le gouvernement chinois ait connaissance de ce qui s’est passé dans le monastère et de leur isolement du monde extérieur. Les moines voulaient informer le gouvernement chinois de la situation à Kirti.
Au monastère de Kirti, les Chinois, qui ont mis le site en état de siège, continuent de donner des "programmes de rééducation". Chaque matin, les fonctionnaires chinois font des discours, et l’après-midi, tous les moines donnent leurs réponses. Si les moines n’écrivent pas ce que veulent les Chinois, ils sont punis par la police chinoise.
Malheureusement, les moines du monastère de Kirti connaissent toujours l’oppression, et les problèmes rencontrés par le monastère passé aux mains de responsables chinois, ont commencé quand Phuntsok s’est immolé par le feu le 16 mars 2011 ; ils continuent encore à ce jour.

Tibet-info.net, le 04/06/2011
Par Monique Dorizon
 

2ème ASSEMBLÉE GÉNÉRALE TIBÉTAINE
(21-24 mai, Mc Leod Ganj)


Le 21 mai 2011, à l’Auditorium du Tibetan Children Village (Mc Leod Ganj, près Dharamsala), 418 Tibétains provenant de plus de 20 pays dont les États-Unis, l’Inde, la Russie, l’Europe et le Népal se sont réunis à Dharamsala en Inde à l’occasion de la deuxième Assemblée Générale Tibétaine.
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Cette Assemblée a été organisée par le Parlement tibétain en exil après que Sa Sainteté le Dalaï Lama ait annoncé le 10 mars dernier sa décision de déléguer son pouvoir politique afin de se consacrer à son rôle de guide spirituel.
A la suite de son discours, le Parlement en exil lui a demandé de revenir sur sa décision. Sa Sainteté le 14ème Dalaï Lama a non seulement refusé mais a ensuite essayé d’expliquer au mieux les raisons de son retrait des affaires politiques au peuple tibétain.
Après cela, il est devenu évident que Sa Sainteté resterait ferme sur sa décision.

Il y a de cela plusieurs années, Sa Sainteté avait déjà exprimé le souhait de se retirer de la vie politique du gouvernement tibétain en exil. Le 10 mars 2011, lors de son allocution annuelle, il a de nouveau clarifié la question de son départ à la retraite :

"Dès les années 1960, je n’ai cessé de répéter que les Tibétains avaient besoin d’un dirigeant élu librement par le peuple et auquel je pourrai transmettre le pouvoir. Nous avons à présent atteint le moment de mettre ceci en pratique." [...]
"Ma volonté de transmettre l’autorité n’est aucunement un désir de fuir mes responsabilités. Cela doit être bénéfique aux Tibétains à long terme. Cela ne procède pas d’un découragement de ma part. Les Tibétains ont placé une telle foi et une telle confiance en moi que je suis déterminé à jouer mon rôle pour la juste cause du Tibet [...]"

Le 14 mars 2011, au cours de la onzième session du 14ème Parlement tibétain en exil, Sa Sainteté a officiellement proposé que des modifications soient apportées à la Charte des Tibétains en exil en tenant compte de "sa décision de déléguer son pouvoir à un élu."

Un comité ad hoc a aussitôt été mis en place afin de rédiger les modifications nécessaires à la Charte.
Le comité, composé du Porte-Parole du Parlement, du Porte-Parole adjoint du Parlement, du Kalon Tripa (Premier Ministre), du Kalon (Ministre) pour le ministère de l’Éducation, et de Pema Junney (membre du Parlement), a rendu publiques les modifications proposées à la Charte.

Les 418 délégués venus du monde entier, ainsi que des militants politiques, des représentants d’ONG, le Premier ministre élu tibétain, Lobsang Sangay, des anciens ministres, des ministres actuels, des députés sortants, des députés élus, et d’autres responsables gouvernementaux ont été regroupés en 10 groupes de travail qui ont présenté les recommandations et les modifications à apporter à la Charte.
Cette assemblée a été mise en place en partie pour travailler sur des modifications à apporter au préambule et à l’article 1er de la Charte Tibétaine qui traitent essentiellement des pouvoirs de Sa Sainteté le Dalaï Lama au sein de l’Administration Centrale Tibétaine, ainsi qu’à 39 autres articles rédigés par le Comité.

Lors de son discours à destination de l’assemblée, l’actuel Kalon Tripa a souligné "l’importance de maintenir la légitimité du gouvernement tibétain en exil, indépendamment des changements qui pourraient être apportées à la Charte".

L’Assemblée, qui devait à l’origine avoir lieu du 21 mai au 23 mai, a été prolongée d’un jour.
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Les changements apportés au préambule et à l’article premier de la Charte ont été présentés à Sa Sainteté le Dalaï Lama, le mardi 24 mai, le jour de la clôture de l’assemblée générale.
La deuxième Assemblée Générale Tibétaine s’est terminée le mardi 24 mai et a fini par arriver à un consensus. L’assemblée a appelé Sa Sainteté le Dalaï Lama à assumer un rôle de "chef de l’État symbolique" (Ceremonial head of State).

Le lendemain (25 mai), un rapport final établi a été présenté à Sa Sainteté le Dalaï Lama. En face de l’auditoire, ce dernier a rejeté la demande de demeurer le "chef de l’Etat" au niveau symbolique ("Ceremonial Head of State").
Le Dalaï lama a cependant assuré qu’il allait parcourir le rapport présenté par la deuxième Assemblée Générale Tibétaine. Compte tenu de la position ferme au sujet de son retrait de la scène politique de Sa Sainteté depuis mars dernier, cette décision n’a pas été une surprise pour les législateurs.

Les législateurs tibétains se sont réunis pour deux jours les 26 et 27 mai lors d’une session extraordinaire pour examiner et évaluer les modifications proposées à la Charte.

Modifications apportées à la Charte tibétaine :

En vertu de la modification de l’article 1er de la Charte Tibétaine, Sa Sainteté le Dalaï Lama est le "Protecteur et le symbole du Tibet et du peuple tibétain".
Selon le préambule modifié, les droits de Sa Sainteté seront de fournir des conseils à l’égard de la protection et la promotion du bien-être physique, spirituel, éthique et culturel du peuple tibétain, et de rester engagé dans les efforts visant à parvenir à une solution à la question du Tibet.

Les pouvoirs exécutifs dévolus à Sa Sainteté le Dalaï Lama en vertu de l’article 19 de la Charte ont été délégués au Kalon Tripa (Premier Ministre).
En conséquence, le Kalon Tripa est habilité à approuver et promulguer les projets de loi et les règlements adoptés par le Parlement tibétain en exil. Les autres pouvoirs et les responsabilités ont été réparties entre le législatif et le judiciaire.

Une autre modification importante à la Charte est l’annulation du Conseil de régence (articles 31 à 35) et de leurs dispositions qui, auparavant, habilitait le Conseil à assumer le rôle du Dalaï Lama dans les circonstances où celui-ci ne pouvait agir en tant que chef de l’Etat.

Le Parlement a également approuvé le changement de la dénomination "Zhung Tsenjol Bhoe" à "Bod Mei Tsuk Drik" (littéralement : Institution / Organisation du peuple tibétain) et non plus Administration Centrale Tibétaine.

Le mercredi 02 Juin 2011 s’est déroulée la première session du 15ème Parlement tibétain en exil, et pour beaucoup cela signifie l’ouverture d’un nouveau chapitre dans l’histoire de la démocratie tibétain.

Tibet-info.net, le 05/06/2011
 

TENSION TOUJOURS TRÈS FORTE
DANS LA RÉGION DE NGABA


La situation actuelle demeure toujours tendue dans la région de Ngaba, au Tibet oriental, alors que les autorités chinoises continuent d’arrêter des moines tibétains.

Des milliers de policiers chinois armés ainsi que des forces paramilitaires ont été déployés. Les journalistes étrangers se sont vus interdire d’entrer au Tibet depuis les manifestations qui ont suivi l’immolation de Phuntsok, coïncidant avec le 3ème anniversaire des violentes manifestations contre les lois chinoises au Tibet.

Le 12 mai, Losang
Choepel, 19 ans, moine du monastère de Kirti, appartenant à la famille de Karma Tsang dans la division pastorale de Naktsangma, dans la municipalité de Cha, région de Ngaba, a été arrêté au sein du monastère et mis en détention. Son lieu de détention et le motif de son arrestation ne sont pas connus. Les autorités ont coupé court aux paroles ou témoignages des gens portant sur les questions politiquement sensibles en les accusant de divulgation de "secrets d’Etat", "séparatisme", "diffamation" et de crime de "subversion".

Le Vénérable Lobsang Yeshe et Kanyag Tsering, coordonnateurs pour les médias du monastère de Kirti basé à Dharamsala, disent que "la principale question posée par la presse étrangère est : ’’Quel est le nombre de soldats présents à Ngaba, dans la région du Tibet oriental ?’’ Jusqu’à présent nous avions simplement donné le nombre estimé par les témoins locaux, aucun chiffre sûr".

"Mais récemment, un correspondant a indiqué avoir entendu dire par un soldat chinois qu’il y avait 55 000 soldats déployés dans Ngaba. Il s’agit de la première estimation provenant du côté chinois. Bien entendu, nous ne savons pas si elle est fiable, mais elle donne une idée de la répression en cours partout dans le Comté de Ngaba" ont-ils dit dans leur dernière déclaration, mentionnant la situation actuelle très tendue dans la région de Ngaba.

"Ces jours-ci, des soldats, des policiers et les forces de la police spéciale, avec différentes armes, maintiennent le blocus du monastère de Kirti, à l’intérieur et au dehors", poursuivent-ils.

"Ils divisent les moines du dortoir en groupes de 20 et tiennent des réunions dites de ’rééducation patriotique religieuse’ dans les bâtiments du dortoir des moines. Ils posent beaucoup de questions sur de nombreux sujets, et quand les moines ne peuvent donner les réponses que les fonctionnaires veulent entendre, il semblerait qu’ils soient arrêtés. Cependant, il n’existe aucun détail sur des cas individuels".

Aux environs du 2 mai, Lobsang Dargye, moine de Kirti, de la famille de Ngaba Tsang à Ruchen, no. 2 de la municipalité de Me’uruma, a été condamné à 3 ans de prison. "Le crime pour lequel il a été condamné à 3 ans de prison est d’avoir dit ce qu’il pensait devant des fonctionnaires et des soldats durant les réunions de ’religion patriotique’. Cela montre quelle est la liberté d’expression des Tibétains. Depuis le 16 mars de cette année, ils ont changé les dirigeants de tous les cantons (Xians) les remplaçant par des personnes provenant d’autres comtés".

Tibet-info.net, le 27/05/2011
Par Monique Dorizon

 

LES CHANTIERS DU NOUVEAU
PREMIER MINISTRE TIBÉTAIN


Les spéculations vont bon train sur la tâche du nouveau Kalon Tripa, Lobsang Sangay, et sur la "nouvelle donne" au sein de la communauté tibétaine en exil. Une nouvelle donne qui inclut, il ne faut pas l’oublier, une augmentation sensible du rôle et des pouvoirs de sa fonction, qui sera précisée par la prochaine révision de la Charte fondamentale, constitution du Tibet démocratique.
D’abord, rappelons le souhait nettement exprimé par le XIVeme Dalaï Lama de voir les responsabilités politiques qu’il assumait depuis le début de son exil passer entre les mains de la nouvelle génération et cela par le moyen d’une élection, libre et démocratique.
Cette élection à eu lieu, en dépit des difficultés. Les trois candidats en lice à l’issue du premier tour : Lobsang Sangay, Tenzin Namgyal Tethong, Tashi Wangdi sont tous des personnalités remarquables, entièrement dévoués à la cause tibétaine.
En élisant Lobsang Sangay, les Tibétains ont fait le choix de la jeunesse, car il n’a que quarante-trois ans. Probablement aussi de l’initiative et d’un nouveau ton donné à l’expression de la revendication tibétaine.
Mais à en juger par ses déclarations au cours de la campagne électorale et depuis la proclamation des résultats, il ne faut pas s’attendre à un changement d’orientation majeur, comme l’imaginent parfois les commentateurs un peu trop pressés de voir naître oppositions et conflits. C’est bien la voie médiane, établie par le Dalaï Lama qui reste la ligne de conduite. C’est à dire la volonté d’obtenir sans violence et par la négociation une autonomie authentique permettant la sauvegarde du peuple tibétain, de sa culture, de son environnement et de ses valeurs.
La tâche est ardue et déjà le gouvernement chinois, qui considère comme parfaitement légitime des gouvernements qui font tirer au canon sur leur propre peuple - voir la position de la Chine sur la Syrie - s’en est pris à cette "organisation illégale" que présidera désormais Lobsang La.
Parmi les atouts du nouveau premier ministre, outre une intelligence qui a permis au gamin né d’une famille simple, réfugiée dans les années 60 dans la région de Darjeeling de se retrouver diplômé de l’université la plus prestigieuse du monde, Harvard, sa capacité a dialoguer est sans doute l’une de ses qualités majeures.
Dès les premières années de son séjour sur le campus, Lobsang Sangay s’est en effet engagé dans l’organisation de colloques permettant de rassembler étudiants chinois et tibétains, dans la perspective d’un dialogue que rejetaient précisément les autorités de Pékin.
Il s’y est créé un solide réseau de contacts qui ne lui seront pas inutiles dans sa nouvelle tâche.
L’établissement du dialogue avec une Chine arc-boutée sur ses convictions impériales, mais qui connaît aussi bien des contradictions internes, demeure en effet l’objectif numéro un du nouveau responsable.

Mais il est une autre tâche à laquelle le nouveau premier ministre devra s’atteler sans tarder, c’est celle de convaincre par ses paroles et par ses actes ceux de ses compatriotes qui n’ont pas voté pour lui.
La jeune démocratie tibétaine en effet, si elle doit s’ouvrir sans réserve à la liberté d’opinion et de choix, ne peut se permettre l’esprit de dénigrement et de vendetta qui mine parfois des démocraties plus installées. D’autant que le combat se mène face a un adversaire aussi habile que cruel.
Les récents évènements de Kirti montrent en effet la permanence d’un mode de répression confinant au sadisme, s’en prenant aux plus fragiles, aux personnes âgées tuées à coup de barre de fer, aux moines affamés par un blocus militaire avec des arrestations massives de centaines de moines emmenés vers une destination inconnue.
Plus généralement la mise en coupe réglée du Tibet, de ses ressources naturelles, la mise à mort du mode de vie nomade, la répression à l’égard des intellectuels et artistes, et tout cela sous le regard bienveillant de grandes démocraties comme la France, qui n’hésite pas à envoyer, du 25 au 30 avril, le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer à Pekin pour y "approfondir les liens d’amitié" avec la République Populaire de Chine. Ah, l’art du timing à la française !
C’est aussi à se faire connaître des institutions nationales et internationales que le nouveau Kalon Tripa devra consacrer son talent. Suggérons aux élus nationaux et européens amis du Tibet de l’inviter à venir sans tarder s’exprimer devant eux.

Informer de façon juste et équitable, ouvrir la porte à nos amis Tibétains et singulièrement à leurs représentants élus pour qu’ils puissent s’exprimer et faire connaître la justesse de leur cause, telles sont et demeurent nos propres tâches pour aider une démocratie naissante et porteuse d’un immense avenir, à l’échelle de la Chine. Car on sait aujourd’hui, ceci console de cela, que l’esprit de liberté, comme les nuages radioactifs, ne connaît pas de frontière.

Tibet-info.net, le 28/04/2011
Par Jean-Paul Ribes
 
 

PÉTITION POUR LA LIBÉRATION
DU MONASTÈRE DE KIRTI


Dans le Sichuan, des moines tibétains assiégés par Pékin

Le monastère tibétain rebelle de Kirti, situé à Aba dans la province du Sichuan, est assiégé depuis le 9 avril par tout un régiment de soldats chinois de la «police armée». Les quelque 2500 lamas qui vivent dans cette ville-temple ne peuvent plus la quitter sous peine d’arrestation, et personne n’est autorisé à y pénétrer.

Des barbelés et des postes d’observation ont été installés sur l’ensemble du périmètre par un millier de militaires, qui empêchent toute nourriture de traverser les lignes. Selon plusieurs sources tibétaines citées par Radio Free Asia (RFA), les denrées commencent sérieusement à manquer.

La population locale tibétaine, qui s’est cotisée pour rebâtir ce temple détruit au canon par l’armée chinoise dans les années 1950, procure quotidiennement des aliments au clergé sous forme d’offrandes. Mais depuis le 9 avril, «elle n’est plus autorisée à le faire», selon le Centre pour les droits de l’homme et la démocratie basé à Dharamsala, en Inde, où se trouve le gouvernement tibétain en exil. Le Centre se dit «très inquiet sur le sort des moines».

La lamasserie de Kirti, connue pour son militantisme pour l’indépendance du «Pays des neiges» et le retour du Dalaï Lama, le chef spirituel du peuple tibétain, est un casse-tête pour les autorités chinoises. Lors des dernières grandes émeutes qui ont secoué l’ensemble du Tibet, en mars 2008, l’armée chinoise a tué par balles au moins huit Tibétains qui manifestaient pour l’indépendance à Aba. Plusieurs moines du monastère voisin de Kirti faisaient partie des victimes.

Une immolation, des centaines d'arrestations.

Le 16 mars dernier, un jeune lama de Kirti nommé Phuntsog s’est immolé par le feu devant le siège du gouvernement local (lire le reportage paru dans Libération le 8 avril). Des policiers chinois auraient éteint les flammes, avant de le rouer de coups. Des foules de Tibétains se sont alors précipitées pour le protéger. Amené à l’hôpital, il aurait succombé à ses brûlures et aux coups administrés par la police. Plusieurs centaines de Tibétains d’Aba ont alors manifesté et des centaines d’entre eux auraient été arrêtés.

L’agence Xinhua (Chine Nouvelle) a démenti que les policiers aient tenté d’achever le moine, et accuse les bouddhistes d’un monastère qui l’a recueilli de l’avoir «tué en retardant son admission à l’hôpital». Lundi dernier, un détachement de militaires chinois a tenté de pénétrer dans le monastère pour y arrêter plusieurs moines.

Des centaines de villageois tibétains d’Aba se sont interposés. Nombre d’entre eux ont été battus à coups de crosses et mordus par des chiens policiers lancés sur la foule, selon des témoins cités par RFA. Des moines qui ont tenté de venir à leur rescousse ont été mis en joue par les militaires. C’est à la suite de cette confrontation que le monastère a été transformé en prison par les militaires, peut-être dans l’attente d’une prochaine intervention qui pourrait être plus violente.

Par PHILIPPE GRANGEREAU, correspondant à Pékin

Envoyez un fax ou une pétition
La situation de Ngaba, au Tibet, se dégrade. Le 12 avril 2011 les forces chinoises ont essayé de prendre d'assaut le monastère de Kirti et il est à craindre que les moines soient expulsés de force et transférés dans des prisons locales. Les Tibétains se sont précipités vers le monastère et ont fait le blocus des portes intérieures, afin de protéger les moines.
Les tensions dans le comté de Ngaba sont élevés et les craintes pour les Tibétains dans la région et au monastère de Kirti sont aigus. Des dizaines de Tibétains ont été arrêtés arbitrairement et les troupes chinoises ont encerclé le monastère, empêchant les moines de rentrer ou de sortir, même pour aller chercher de la nourriture...

Ci dessous, deux articles d'informations pour mieux comprendre la situation.

En attendant, il est urgent d'agir et nous vous proposons deux actions :
- un fax
- une pétition

Tous n'ont pas la possibilité d'envoyer un fax, mais faite passer.

Ou si vous avez un peu de moyens, allez à la poste la plus près de chez vous pour l'envoyer.

Merci pour eux.

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FAX AU DEPARTEMENT DE LA SECURITE PUBLIQUE DU SICHUAN

S'il vous plait, envoyez par fax au département de la sécurité publique du Sichuan le texte en chinois ci dessous (si vous ne pouvez pas lire le chinois, envoyez le texte en anglais)


n° numéro de fax : +8602886663961


Message du texte à envoyer par fax: (traduction anglaise ci-dessous)
FAX to Public Security Department, Sichuan :

I am deeply concerned about the situation in Ngaba County (Ch: Aba Tibetan Autonomous Prefecture, Sichuan Province). Following the death of Phuntsok Jarutsang, a monk from Kirti monastery, on 16 March 2011 there has been a violent and intimidating crackdown against Tibetans by the Chinese authorities.

I demand that you immediately :
- release all the Tibetans who have been arbitrarily detained.
- cease with the crackdown and intimidation of Tibetans in Ngaba and the monks at Kirti Monastery.
- stop the forced political re-education at Kirti Monastery, which violates Tibetans' basic right to religious freedom.
- allow independent international media and government officials to visit the area.

I have alerted my Beijing embassy and government representatives to the grave situation in Ngaba and have urged them to raise this issue with Chinese officials. Your continued crackdown in Tibet only serves to further garner global support for the Tibet cause and tarnish China's international reputation.

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UNE PÉTITION A SIGNER : Stop the Crackdown in Tibet and China
http://org2.democracyinaction.org/o/5380/p/dia/action/public/?action_KEY=6257


 
 
RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN
AU PEUPLE TIBÉTAIN
DEVANT LE QUAI D'ORSAY
(mercredi 27 avril)


Rassemblement de soutien au Peuple Tibétain devant le Quai d’Orsay et nous souhaiterions que la France sorte de son silence sur la situation du Tibet et qu’elle fasse entendre sa voix sur la situation de Kirti en Amdo Ngaba au Tibet.

ça suffit les répressions au Tibet !

Mercredi 27 Avril 2011 de 16h à 18h devant le Quai d’Orsay à Paris. Métro line 8, 13, RER : C à la station : Invalides

"La Communauté Tibétaine de France et ses Amis organisent un rassemblement de solidarité avec les Tibétains du Tibet, pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme, comme les arrestations arbitraires des moines bouddhistes tibétains dans le mépris total de leur liberté de conscience.

Jusqu’à nos jours, les autorités chinoises ont bénéficié d’une impunité internationale, malgré tous les crimes qu’elles avaient commis contre les populations civiles qui sont en désaccord avec leur politique liberticide. Le peuple tibétain subit 60 ans d’injustice, de répression, de persécution infligées par le Parti communiste chinois.

L’évenement a été déclenché le 16 mars 2011, quand le vénérable Phuntsok, un moine au monastère de Kirti dans la région de l’Amdo Ngawa, a recouru à un geste désespéré en s’immolant pour protester contre les répressions chinoises.

Nous savons depuis plus d’une semaine, que le gouvernement chinois a déployé les 800 cadres du Parti Communiste chinois au monastère de Kirti, afin d’y imposer "la campagne de rééducation patriotique" aux moines sous les menaces de fermeture définitive du monastère en cas de désobéissance civile.

La situation de Kirti est en état de siège militaire et ce qui nous inquiète le plus, c’est que le gouvernement chinois a transféré environs 300 moines tibétains vers une destination inconnue ; un genre de camp de concentration que l’Europe avait connu dans certaines époques de son histoire.

La mort de deux personnes a été confirmée suite aux tirs de l’armée chinoise déployée dans la région contre les populations civiles, par ailleurs, les soldats chinois se sont lancés dans des opérations de pillage des habitations de moines tibétains, sous prétexte qu’ils cherchent des "personnes suspectées".

Dans ces circonstances dramatiques, nous souhaiterions que la France sorte de son silence vis à vis de la Chine sur la question tibétaine afin de faire cesser les répressions militaires chinoises et faire libérer tous les prisonniers politiques au Tibet.

La France a un devoir d’agir pour le Tibet, comme elle a toute sa légitimité pour défendre les peuples opprimés par ce régime totalitaire et pour interpeller les autorités chinoises afin qu’elles dépassent la logique militaire de la gestion des crises tibétaines en sachant qu’il s’agit d’un problème politique qui demande un traitement politique de la situation plutôt que les répressions constantes.

La France devrait pousser les parties aux conflits vers une solution diplomatico-politique au problème du Tibet, à la lumière de multiples consultations des acteurs concernés.

Par Thupten GYATSO, Président de la "Communauté Tibétaine de France et ses Amis"

Tibetan.fr, le 26/04/2011

 

CRISE AU MONASTÈRE DE KIRTI :
APPEL A L'AIDE A L'ADMINISTRATION CENTRALE TIBÉTAINE


Le Kashag de l’Administration centrale tibétaine est profondément inquiet de la répression sécuritaire sur le monastère de Kirti, dans le nord-est du Tibet, mise en place depuis le mois dernier, après que Phuntsog, moine du monastère, se soit immolé par le feu en souvenir de ceux qui ont participé aux nombreuses manifestations pacifiques ayant secoué le Tibet en 2008.

Le gouvernement chinois a bouclé le monastère de Kirti en déployant des forces de sécurité armées sévissant contre les Tibétains après le suicide du moine, le 16 mars. Depuis lors, un important groupe de Tibétains monte la garde au monastère de Kirti pour empêcher la police chinoise d’emmener des moines en détention.

Les Tibétains regroupés au monastère, principalement des personnes âgées, ont été sévèrement battus par la police alors qu’ils tentaient d’empêcher la police d’emmener quelque 300 moines dans une dizaine de camions militaires dans la nuit du 21 avril. La foule a été dispersée par la police qui distribuait les coups sans discernement. Deux personnes âgées tibétaines, Dongko, 60 ans, et Sherkyi, 65 ans, sont mortes en raison de coups violents.

Le dernier rapport en notre possession dit que 300 moines ont été emmenés du monastère et sont détenus dans des endroits inconnus. En outre, le gouvernement chinois applique aux étrangers une interdiction de pénétrer dans les zones tibétaines de Kanze (Kardzé, ou Garzê) et Ngaba (Aba).

L’ordonnance rendue le 21 avril par les autorités provinciales de la sécurité publique, déclare que les étrangers déjà présents dans les régions susmentionnées devaient partir.

À en juger d’après les informations disponibles, la situation est très tendue et critique. En l’absence d’équipes de surveillance extérieure et l’absence d’une protection juridique appropriée et de médias libres, nous craignons que la situation ne puisse se transformer en génocide. Compte tenu de la triste situation au monastère de Kirti, le Kashag en appelle fortement et urgemment à la Communauté internationale, aux Gouvernements et Parlements dans le monde entier pour convaincre la Chine de ne pas à utiliser la force pour résoudre la crise à laquelle font face les moines du monastère de Kirti à Ngaba, nord-est du Tibet. Nous les exhortons également à lancer un appel au gouvernement chinois pour libérer immédiatement les moines détenus.

C’est aussi le sincère espoir du Kashag que la crise qui prévaut dans le monastère de Kirti et dans la ville de Ngaba soit évoquée et discutée lors de la réunion annuelle sur les Droits de l’Homme entre les États-Unis et la Chine, la semaine prochaine.

Nous faisons le même appel à d’autres pays pour qu’ils soulèvent cette question dans leurs dialogues bilatéraux avec la Chine.

Le Kashag dans son jugement réfléchi considère que la force n’est pas la solution pour traiter correctement les authentiques griefs du peuple. Nous croyons que les moines du monastère de Kirti ont de réels griefs qui nécessitent de la part des autorités chinoises la volonté de les traiter avec tolérance et ouverture d’esprit.

Tibet-info.fr, le 23/04/2011
Par Monique Dorizon



 
UNE COUR DE JUSTICE RECONNAIT OFFICIELLEMENT
LE TIBET EN TANT QU'ÉTAT OCCUPÉ


Selon le procès intenté pour génocide et autres crimes commis entre 1972 et 2004 (faits reconnus le 10 janvier 2005, et actuellement en cours d’investigation dans la phase sommaire) :

Dans sa décision du 30 mars 2011, l’Audiencia Nacional (la Haute cour nationale) de la cour n° 2 d’Espagne a accepté d’élargir sa classification et d’invoquer des crimes de guerre en considérant les faits dénoncés comme de "véritables violations des Conventions de Genève du 12 août 1949, selon les articles 608 et 611.5 du Code criminel de l’Espagne".
En septembre 2010, en son propre nom ainsi qu’au nom des co-plaignants – la Fundacion Casa del Tibet et Thubten Wangchen – le C.A.T
a saisi la cour n° 2 de l’Audiencia Nacional qui enquêtait sur l’affaire de génocide et autres crimes commis au Tibet, demandant que ces faits soient dénoncés et, après complète investigation, reconnus comme une grave violation de la Convention de Genève, la quatrième en particulier.

Les allégations motivant une telle requête se fondent sur :
- la reconnaissance du Tibet en tant qu’état occupé depuis 1950 (comme avéré dans le procès initial), qui rend illégal le transfert massif de population chinoise (le pays occupant) au Tibet (le pays occupé), selon l’article 49 de la quatrième Convention de Genève.
- la référence à l’article 23.4 de la loi espagnole de procédure judiciaire puisque, malgré l’application du principe de justice universelle se voyant réduite par la demande de rapprochement national, cette restriction ne peut s’appliquer que si "ce n’est pas au détriment de ce qui est stipulé dans les conventions et traités internationaux signés par l’Espagne" ; donc, selon l’article 146 du traité susmentionné
et ratifié par l’Espagne en 1952, les violations graves de la Convention de Genève devraient être poursuivies, quelle que soit la nationalité des défendeurs.

La décision récente de la cour n°2 de l’Audiencia Nacional non seulement accepte les arguments du C.A.T. pour ce qui est du transfert de population du pays occupant (la Chine) vers le pays occupé (le Tibet), mais se prononce dans les mêmes termes que ceux utilisés par le procureur dans son rapport, rapport que le juge cite en déclarant que "l’investigation doit pouvoir aboutir à des crimes de guerre, comme cela est prévu dans la quatrième Convention de Genève, et en accord avec les plaignants et la nature du procès".
On peut souligner que ni le juge ni le procureur ne jugent nécessaire la présence des quatre experts nationaux et internationaux proposés par le C.A.T. pour étayer leurs arguments légaux, même s’ils leur accordent la possibilité de soumettre leurs données et rapports par écrit et ne rejettent pas l’idée d’une comparution ultérieure, "en cas de procès".

Alan Cantos, directeur du C.A.T. a déclaré : "Il est particulièrement satisfaisant de constater que certains juges et procureurs étudient encore les preuves et appliquent la loi sans céder aux pressions et aux intérêts de toutes sortes. La justice universelle devrait continuer à être universelle, ce qui est sa raison d’être, et non "à la carte" par des gouvernements soumis et des états puissants ou des entreprises utilisant un double langage dès lors qu’il s’agit d’appliquer la loi internationale."

De la même façon, lorsqu’on lui a demandé son avis sur la décision de la cour, le Dr José Elias Esteve Molto, vice-président du C.A.T. et auteur de la plainte en tant qu’avocat, a déclaré : "Cette décision légale montre l’interdépendance des Droits de l’homme, tout comme elle montre que les crimes internationaux commis au Tibet prennent racine dans l’occupation militaire du pays et sont infligés au peuple tibétain à qui l’on refuse systématiquement le droit à l’autodétermination, pourtant reconnu par l’assemblée générale des Nations Unies en 1961."

En ce qui concerne la plainte pour crimes contre l’humanité commis à l’endroit du peuple tibétain de 2006 à 2008 (affaire reconnue le 5 août 2008, puis classée en février 2010 par le juge Pedraz) :
- Dans un article d’ Europa Press, le C.A.T. s’est récemment exprimé sur le fait que la Cour suprême avait accordé aux plaignants la possibilité de faire appel à la suite du second procès pour crimes contre l’humanité commis au Tibet. Dans sa décision du 10 mars, la Cour a autorisé les trois plaignants à contester les critères de la Cour criminelle de l’Audiencia Nacional qui, non contente d’avoir entériné la clôture initiale des investigations par le juge Santiago Pedraz, avait essayé d’empêcher les plaignants de faire appel de la décision auprès de la Cour suprême.
Les juristes du C.A.T. sont en train de préparer l’appel à soumettre au jugement de la Cour suprême, dans une ultime tentative d’empêcher la clôture définitive du deuxième procès.

Tibet-info.net, le 21/04/2011

 

 
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
DE THUPTEN GYATSO A ALAIN JUPPÉ


Paris, le 15 Avril Paris.

A l’attention de M. Alain Juppé, Ministre d’Etat des Affaires étrangères et européennes.

Monsieur le Ministre d’Etat,

Nous sommes très inquiète par la situation au monastère de Kirti dans la région de l’Amdo Ngawa et celle-ci se trouve sous la prefecture autonome tibétaine de Aba dans la province de Sichuan et le Gouvernement de “la République populaire de Chine a imposé un état siége militaire dans ce monastère, lequel abrite 2500 moines tibétains.

Depuis plus d’une semaine, les soldats chinois aux ordres de Pékin empêchent les moines de sortir pour s’approvisionner et ceux de l’extérieur d’y entre. Cette situation provoquée par la politique de l’Etat communiste chinois va causer inévitablement un massacre de plus 2500 moines par famine.

Nous vous demandons vivement une intervention de la France auprès des Autorités Chinoises afin qu’ils lèvent immédiatement l’état de siège militaire et de faire cesser les violences de l’armée chinoise contre les populations civiles tibétaines qui ne demandent que pacifiquement au respect de leur liberté de conscience.

Je vous prie de bien vouloir prendre en considération cette demande juste d’urgence, afin de stopper un autre massacre au Tibet et que la France invite la Chine à reprendre un dialogue Sino-Tibétain pour trouver une solution politique à la crise tibétaine.

Veuillez agréer, Monsieur le ministre d’Etat l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Thupten GYATSO, Président de la Communauté Tibétaine de France.


Tibetan.fr, le 15/04/2011


 
SITUATION A KIRTI :
APPEL DU DALAÏ-LAMA


La situation qui prévaut actuellement au monastère de Kirti, à Ngaba, dans le nord-est du Tibet, est très sombre en raison de la confrontation entre les forces militaires chinoises et les Tibétains locaux. Le monastère, qui compte environ 2 500 moines, est complètement encerclé par les forces armées chinoises, qui empêchent l’approvisionnement du monastère en alimentation et autres fournitures vitales.
Les Tibétains locaux, craignant que ce siège du monastère de Kirti soit un prélude à la détention à grande échelle des moines, ont encerclé les soldats qui font le blocus du monastère et ont encombré les routes de manière à empêcher les camions et les véhicules chinois d’entrer ou de sortir de Kirti.
Le blocus chinois du monastère de Kirti a commencé le 16 mars 2011, quand un jeune moine tibétain du monastère s’est tragiquement immolé pour marquer le troisième anniversaire des manifestations pacifiques généralisées qui ont secoué le Tibet en 2008. Au lieu d’éteindre le feu, la police a battu le jeune moine, ce qui a été l’une des causes de sa mort tragique. Cet acte a créé un ressentiment considérable parmi les moines, qui a abouti à ce blocus massif du monastère de Kirti.
Je suis très préoccupé par cette situation qui, si on la laisse continuer, peut devenir explosive, avec des conséquences catastrophiques pour les Tibétains de Ngaba.
Compte tenu de cela, j’exhorte les moines et les laïcs tibétains de la région à ne rien faire qui puisse être utilisé comme un prétexte par les autorités locales pour exercer une répression massive sur eux.
Je presse également instamment la communauté internationale, les gouvernements du monde entier, et les organisations internationales non gouvernementales, de persuader les autorités chinoises à faire preuve de retenue dans le traitement de cette situation.
Au cours des six dernières décennies, l’utilisation de la force comme principal moyen de traiter les problèmes au Tibet n’a fait que renforcer les injustices et le ressentiment du peuple tibétain. Je lance donc un appel aux dirigeants chinois à adopter une approche réaliste et de répondre aux doléances légitimes des Tibétains avec courage et sagesse et à s’abstenir de recourir à la force dans le traitement de cette situation.

Le Dalaï Lama,
le 15 avril 2011

Tibet-info.net, le 16/04/201
 

DANS LE SICHUAN,
DES MOINES TIBÉTAINS ASSIÉGÉS PAR PÉKIN


Une centaine de camions militaires flanqués de slogans nationalistes sont entrés, début avril, dans les régions tibétaines du Sichuan.

Le monastère tibétain rebelle de Kirti, situé à Aba dans la province du Sichuan, est assiégé depuis le 9 avril par tout un régiment de soldats chinois de la « police armée ». Les quelque 2500 lamas qui vivent dans cette ville-temple ne peuvent plus la quitter sous peine d’arrestation, et personne n’est autorisé à y pénétrer.

Des barbelés et des postes d’observation ont été installés sur l’ensemble du périmètre par un millier de militaires, qui empêchent toute nourriture de traverser les lignes. Selon plusieurs sources tibétaines citées par Radio Free Asia (RFA), les denrées commencent sérieusement à manquer.

La population locale tibétaine, qui s’est cotisée pour rebâtir ce temple détruit au canon par l’armée chinoise dans les années 1950, procure quotidiennement des aliments au clergé sous forme d’offrandes. Mais depuis le 9 avril, « elle n’est plus autorisée à le faire », selon le Centre pour les droits de l’homme et la démocratie basé à Dharamsala, en Inde, où se trouve le gouvernement tibétain en exil. Le Centre se dit « très inquiet sur le sort des moines ».

La lamasserie de Kirti, connue pour son militantisme pour l’indépendance du « Pays des neiges » et le retour du Dalaï Lama, le chef spirituel du peuple tibétain, est un casse-tête pour les autorités chinoises. Lors des dernières grandes émeutes qui ont secoué l’ensemble du Tibet, en mars 2008, l’armée chinoise a tué par balles au moins huit Tibétains qui manifestaient pour l’indépendance à Aba. Plusieurs moines du monastère voisin de Kirti faisaient partie des victimes.

Une immolation, des centaines d’arrestations Le 16 mars dernier, un jeune lama de Kirti nommé Phuntsog s’est immolé par le feu devant le siège du gouvernement local ( reportage paru dans Libération le 8 avril). Des policiers chinois auraient éteint les flammes, avant de le rouer de coups. Des foules de Tibétains se sont alors précipitées pour le protéger. Amené à l’hôpital, il aurait succombé à ses brûlures et aux coups administrés par la police. Plusieurs centaines de Tibétains d’Aba ont alors manifesté et des centaines d’entre eux auraient été arrêtés.

L’agence Xinhua (Chine Nouvelle) a démenti que les policiers aient tenté d’achever le moine, et accuse les bouddhistes d’un monastère qui l’a recueilli de l’avoir « tué en retardant son admission à l’hôpital ». Lundi dernier, un détachement de militaires chinois a tenté de pénétrer dans le monastère pour y arrêter plusieurs moines.

Des centaines de villageois tibétains d’Aba se sont interposés. Nombre d’entre eux ont été battus à coups de crosses et mordus par des chiens policiers lancés sur la foule, selon des témoins cités par RFA. Des moines qui ont tenté de venir à leur rescousse ont été mis en joue par les militaires. C’est à la suite de cette confrontation que le monastère a été transformé en prison par les militaires, peut-être dans l’attente d’une prochaine intervention qui pourrait être plus violente.

Phlippe Grangereau, correspondant à Pékin, source :
www.liberation.fr
Tibetan.fr, le 14/04/2011
 

LA POLICE ARMÉE CHINOISE
BOUCLE LE MONASTÈRE DE KIRTI A NGABA


2500 moines connaissent une pénurie alimentaire.

Depuis l’immolation par le feu de Phuntsok, le 16 mars 2011 dans la Comté de Ngaba au Sichuan, coïncidant avec le 3ème anniversaire du soulèvement de 2008 au Tibet et afin de protester contre le maintien de la répression au Tibet, la situation s’est aggravée au monastère de Kirti à Ngaba, auquel Phuntsok était affilié.
Selon des informations confirmées, les forces de sécurité chinoises ont bouclé le monastère et des contingents supplémentaires de forces armées de la sécurité (estimées à 800) sont arrivées le 9 avril 2011 afin de renforcer les mesures de répression sur le Comté de Ngaba.
Les déplacements des moines sont totalement réglementés, personne n’étant autorisé à entrer ou sortir du monastère.
Des espaces dans les fils de fer barbelés du nord du monastère ont été comblés avec des murs en dur. Depuis le bouclage, les moines connaissent une pénurie alimentaire et dépendent des dons en nourriture faits par les habitants par l’intermédiaire de l’administration du monastère.
Cependant, les autorités ont interdit aux Tibétains d’offrir de la nourriture aux moines. Des témoignages indiquent que si la situation n’évolue pas, plus de 2 500 moines dans le monastère vont connaître la faim, ce qui, certainement, mènerait à une révolte massive. Auquel cas, des forces de police lanceraient un assaut meurtrier menant à des tueries extrajudiciaires, comme cela s’est produit il y a 3 ans, le 16 mars 2008 dans la Comté de Ngaba.
Les lamas et les dirigeants du monastère ont pu jusqu’alors maintenir le calme en demandant aux moines de rester patients malgré la répression en cours.
A la suite de la manifestation de Phuntsok et la marque de solidarité des moines du monastère de Kirti qui s’en est suivie, les autorités ont pris des mesures drastiques pour maintenir les moines sous leur contrôle.
Selon les dernières informations, depuis le début du mois d’avril 2011, les forces de sécurité, qui auparavant encerclaient le monastère, sont entrées à l’intérieur du campus. Elles ont même empêché les moines les plus âgés de marcher sur le chemin de circumambulation (Kora) et ont créé des postes d’observation (avec des jumelles) sur les plateformes des chörtens dans le monastère.
Toute la journée, les gardes restent vigilants sur les activités du monastère. Plus de 33 personnes ont été arrêtées, dont 22 (8 moines et 16 laïcs) sont toujours en détention.
Selon les dernières informations confirmées reçues par le TCHRD (Tibetan Center for Human Rights and Democracy), il existe une forte probabilité de meurtres extrajudiciaires dans la Comté de Ngaba. Une très forte tension prévaut au monastère de Kirti entre les habitants tibétains et les forces de sécurité chinoises qui pourrait amener les forces de sécurité chinoises à ouvrir le feu.
Selon des informations en provenance de sources différentes reçues par le TCHRD, le 13 avril, vers minuit (heure de Pékin), de nouveaux et importants contingents de la Police armée chinoise sont arrivés au monastère de Kirti.
Voyant les véhicules, des habitants se sont précipités vers le monastère afin de protéger les moines. Auparavant, les autorités chinoises avaient annoncé que les moines seraient emmenés le 12 avril dans un autre endroit pour une "éducation légale" et une "rééducation patriotique".
Les élèves, qui d’habitude vont à leur école en passant par les chemins du monastère, se sont vus ordonner par les fonctionnaires de ne plus prendre ce chemin habituel à partir du 8 avril 2011. Les habitants pensent que les véhicules de police sont venus au monastère pour emmener les moines (de 18 à 40 ans ?). Ils ont empêché les policiers d’entrer dans le monastère, ce qui a entrainé de très fortes tensions entre les habitants et la police armée. La police a commencé à battre violemment quelques Tibétains et ont lancé les chiens policiers contre la foule. Voyant la tension à l’extérieur du monastère, les moines ont été empêchés de sortir par la police qui était à l’intérieur. Des moines dirigeants du monastère sont sortis afin de calmer la tension en persuadant la foule de maintenir le calme. Bien que les choses se soient calmées temporairement, d’autres Tibétains sont arrivés pour rejoindre la foule. Les habitants ont actuellement bloqué toutes les routes menant hors du Comté de Ngaba et montent la garde.

L’organisation "
Students for a Free Tibet" propose une action en faveur des moines du monastère de Kirti à destination du Secrétaire du Parti communiste au Sichuan.

Sources : TCHRD, les
11 et 13/04/2011
Tibet-info.net, le 14/04/2011,
Par Monique Dorizon
 

RÉSOLUTION SUR LE TIBET
PAR LE PARLEMENT EUROPÉEN


La résolution est adoptée au cours de la séance du jeudi 7 avril 2011.

Interdiction de l’élection du gouvernement tibétain en exil.

Le Parlement européen,

– vu sa résolution du 17 juin 2010 sur la situation au Népal et sa résolution du 26 octobre 2006 sur le Tibet ,
– vu la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée en 1948,
– vu le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966,
– vu la déclaration du Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, du 29 mai 2010 sur la situation politique au Népal,
– vu l’article 122, paragraphe 5, de son règlement,

A. considérant que l’occupation du Tibet par la République populaire de Chine empêche les Tibétains d’élire de manière démocratique leurs représentants sur le territoire du Tibet,

B. considérant que plus de 82 000 Tibétains exilés à travers le monde ont été invités à voter le 20 mars 2011 pour élire le nouveau Kalon Tripa, ou premier ministre, du gouvernement tibétain en exil,

C. considérant que plusieurs milliers de Tibétains présents au Népal n’ont pas obtenu l’autorisation de voter des autorités de Katmandou, qui sont soumises à une pression croissante de la part gouvernement chinois,

D. considérant que, lors d’un précédent tour d’élections, qui avait eu lieu au Népal le 3 octobre 2010, la police de Katmandou avait confisqué les urnes et fermé les centres de vote de la communauté tibétaine,

E. considérant que, le 10 mars 2011, le Dalaï Lama a annoncé qu’il renoncerait officiellement à son rôle de dirigeant politique au sein du gouvernement tibétain en exil, qui est établi à Dharamsala, en Inde, dans l’objectif de renforcer la structure démocratique du mouvement tibétain à la veille des élections qui devaient élire une nouvelle génération de dirigeants politiques tibétains,

F. considérant que le gouvernement népalais a déclaré que les manifestations de Tibétains violent la politique d’"une seule Chine", qu’il a réitéré son engagement à interdire les manifestations contre Pékin sur son territoire et qu’il a, par conséquent, décrété une interdiction générale de circulation des groupes de Tibétains pour tenter de ménager les autorités chinoises,

G. considérant qu’il a été reproché aux autorités népalaises, et en particulier à la police, d’avoir violé, de manière réitérée, les droits de l’homme fondamentaux tels que les libertés d’expression, de réunion et d’association des Tibétains se trouvant en exil au Népal ; considérant que ces droits sont garantis pour toutes les personnes présentes au Népal par les conventions internationales des droits de l’homme auxquelles le pays est partie, y compris le Pacte international relatif aux droits civils et politiques,

H. considérant que la situation de nombreux réfugiés au Népal, notamment tibétains, s’avère préoccupante,

I. considérant que l’Union européenne a réaffirmé son engagement à soutenir une gouvernance démocratique et participative dans les relations extérieures de l’Union par l’adoption des conclusions du Conseil du 17 novembre 2009 sur le soutien à la démocratie dans le cadre des relations extérieures de l’Union,

1. souligne que le droit à participer à des élections démocratiques est un droit fondamental pour l’ensemble des citoyens, qui doit être respecté, protégé et garanti dans tout État démocratique ;

2. demande au gouvernement népalais de respecter les droits démocratiques du peuple tibétain qui mène, depuis 1960, un processus électoral interne unique dans le but d’organiser des élections démocratiques et d’y participer ;

3. insiste sur l’importance d’élections démocratiques pacifiques afin de renforcer et de préserver l’identité tibétaine à l’intérieur comme à l’extérieur du territoire tibétain ;

4. invite instamment les autorités népalaises à respecter le droit des Tibétains du Népal à la liberté d’expression, de réunion et d’association, auquel peuvent prétendre toutes les personnes présentes sur le territoire népalais, en vertu des conventions internationales des droits de l’homme signées par le Népal ;

5. demande aux autorités de mettre fin aux arrestations et aux restrictions préventives visant les manifestations et la liberté d’expression qui bafouent le droit légitime de s’exprimer et de se réunir de manière pacifique lors des rassemblements organisés dans le pays par la communauté tibétaine ; demande instamment au gouvernement népalais d’inclure ces droits et d’assurer la liberté religieuse dans la nouvelle Constitution du Népal, qui devrait être promulguée le 28 mai 2011 ;

6. demande aux autorités népalaises de s’en tenir à leurs obligations internationales en matière de droits de l’homme ainsi qu’à leur propre législation dans leurs relations avec la communauté tibétaine ; invite instamment le gouvernement à résister aux fortes pressions exercées par le gouvernement chinois, qui visent à réduire au silence la communauté tibétaine du Népal, notamment en imposant des restrictions non seulement infondées, mais également illégales du point de vue des droits national et international ;

7. estime que la poursuite de la mise en œuvre pleine et entière de l’accord tacite sur les réfugiés tibétains par les autorités népalaises s’avère essentielle au maintien des contacts entre le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et les communautés tibétaines ;

8. demande au Service européen pour l’action extérieure de suivre de près la situation politique au Népal, grâce à sa délégation à Katmandou, notamment en ce qui concerne le traitement des réfugiés et le respect de leurs droits consacrés par la Constitution et par des accords internationaux ; invite instamment la haute représentante de l’Union européenne a exprimer aux autorités népalaises et chinoises les préoccupations suscitées par les actions du gouvernement népalais visant à bloquer les élections tibétaines ;

9. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission, aux États membres, à la vice-présidente de la Commission et haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au gouvernement du Népal et au Secrétaire général des Nations unies.

Tibetan.fr
Le 08/04/2011
 

DÉCÈS DE JAMYANG JINPA,
3 ANS APRÈS AVOIR ÉTÉ TORTURÉ A LABRANG


Un moine tibétain qui avait manifesté en 2008 devant des journalistes étrangers en Chine est décédé suite à "de graves tortures" en détention, selon le site du gouvernement tibétain en exil dans un article publié le 4 avril 2011.
Jamyang Jinpa, un moine originaire de la province du Gansu, est décédé le 3 avril, trois ans après avoir pris part à une manifestation dans son monastère de Labrang Tashikhyel.
Selon cet article, le groupe de journalistes étrangers était en visite en avril 2008 à Labrang, dans le comté de Xiahe, dans le cadre d’une tournée organisée par les autorités chinoises pour montrer que la situation était revenue à la normale après une agitation généralisée dans les régions tibétaines.
Jamyang Jinpa guidait alors les journalistes quand un groupe de 14 moines ont commencé à protester. Il s’est joint à eux et a condamné l’absence du respect des Droits de l’Homme au Tibet. A la suite de cette manifestation, tous les moines, sauf Jamyang Jinpa, se sont enfuis et cachés. Jamyang Jinpa était resté au monastère lorsque les forces de police chinoise ont fait irruption dans sa chambre et lui ont brisé les mains et les jambes avant de le sortir brutalement. Pendant les 10 jours qui ont suivi, la police a continué à le torturer jusqu’à ce qu’il soit sur le point de mourir. Les autorités ont alors dit à sa famille de venir le chercher.
"Quand ils sont venus pour recueillir Jamyang Jinpa, il ne pouvait pas marcher ou se tenir debout, et n’avait aucune sensation dans ses jambes", selon une source tibétaine en contact avec les moines de Labrang.
"Il ne pouvait pas reconnaître sa famille, sa vue avait complètement disparu, et il semblait n’avoir aucun souvenir de ce qui lui était arrivé."
L’état général du moine s’est détérioré au cours des 3 années suivantes, jusqu’à sa mort, le 3 avril 2011.
Ne connaissant pas le détail de la détérioration de l’état de santé de Jamyang Jinpa, il est impossible de déterminer la cause exacte de sa mort, et le simple fait de demander des précisions - sans parler d’un examen médical évidemment impossible - mettrait ses proches en danger, mais selon la famille de Jamyang Jinpa, il était en bonne santé avant sa détention.

La police de Xiahe et l’ensemble de la préfecture de Gannan n’étaient pas disponibles pour répondre aux questions de l’AFP.

Une cérémonie religieuse a été organisée à Dharamsala, siège du gouvernement tibétain en exil, par cinq ONG le 5 avril.

Tibet-info.net
Le 06/04/2011

 
 

MANIFESTATION AU TIBET
DANS LA RÉGION DE L'AMDO-NGABA : 8 ARRESTATIONS

Plusieurs centaines de Tibétains de Ngaba de la région Tibétaine de l’Amdo-Ngaba se sont rassemblés pour une manifestation contre l’occupation chinoise du Tibet le Mercredi 23 Mars 2011. Ils ont crié des slogans réclamant un Tibet libre, et le retour du chef spirituel tibétain, Sa Sainteté le Dalaï Lama au Tibet. Selon des témoins, la manifestation a été réprimée par les forces armées chinoises et police. Les manifestants ont été encerclés trois fois les abords du marché.

Lobsang Yeshe et Kanyag Tsering qui vivent à Dharamsala, en Inde, on rapporté, mardi sur le le Tibet Post International que les autorités Chinoises ont arrêtés au moins huit des manifestants dans le comté de Zamthang,dans la région de Ngaba à l’Est du Tibet :

Un instituteur nommé Phalkho, 40 ans, Dorjee ; 35 ans, Ador, 35 ans, Woesal Dorjee, 28 ans, et ainsi que 4 autres Tibétains dont on ne sait pas l’ identité. Par la suite, des centaines de Forces armées chinois ont été déployées dans le village, en regardant attentivement pour d’autres perturbations ou des turbulences. Les policiers sont restés jusqu’au 28 Mars, interroger les gens en ce qui concerne instigateurs de la manifestation.

Un autre moine bouddhiste appelé Tenzin du monastère de Kirti (photo) a été arrêté par la police. La police n’a pas donné de motif de son arrestation et qu’il était toujours en garde à vue.

Après la manifestation la police avec chien était proche du monastère de Kirti, tous les soirs. Le Jeudi 24 Mars 2011, de nombreux policiers sont arrivés dans un village appelé Tawa pres de Ngaba, et ont réunis de force les villageois. ont ordonnés que tous les habitants du village doivent surveillés le monastère de Kirti, et dénoncer à la police ce qui se passe sur d’ éventelles autres protestations. La police a déclaré que si les villageois ne vont pas au monastère pour observer les moines et aider la police, que chacun seront condamnés à une amende de 30 yuans par jour.

La police a également prévenue les villageois de ne pas s’ impliquer à toutes sortes de protestations contre le gouvernement Chinois.

Les moines du monastère de Kirti se sont rassemblés pour protester contre l’auto-immolation d’un des leurs.
Cependant, les villageois se sont rendus au monastère pour recontrer les moines. Au lieu de les observer les moines, ils ont offert des prières et encerclé le monastère matin et soir. La police chinoise a donné 30 yuans d’ amende à chacun des villageois après l’événement, la police a également pris des photos des participants et des enregistrements vidéo.

Par Patrick Bonnassieux
Tibetan.fr, le 04/04/2011
 
 

APPEL A UNE COMMÉMORATION NATIONALE
LE 10 MARS A PARIS

La Communauté Tibétaine de France, en coordination avec le Bureau du Tibet, se prépare à la commémoration du 52ème anniversaire du soulèvement du peuple tibétain contre l’occupation chinoise du Tibet,

Jeudi 10 mars 2011, à 15h
sur le parvis des droits de l’homme,
au Trocadéro, à Paris.
Métro : Trocadéro ligne 9 ou 6.


Cette commémoration se poursuivra par une marche pacifique de protestation vers l’ambassade de la République populaire de Chine à Paris.

Le gouvernement de la République populaire de Chine règne d’une main de fer sur le Tibet depuis son invasion militaire en 1950. La Chine a causé au Tibet et à son peuple une perte colossale d’êtres humains et de biens matériels inestimables. Elle n’a pas encore rendu des comptes devant les instances internationales sur les conséquences de son occupation féroce du Tibet, ainsi le peuple tibétain persiste à revendiquer que la justice soit rendue équitablement.

Le pouvoir occupant chinois mène en continu de multiples opérations de pillages de toutes les richesses du pays et, dans le même temps, les services en charge de la propagande chinoise font croire au monde entier que la Chine apporte au Tibet la civilisation moderne et le bien-être matériel ; ceci, afin de s’acheter une légitimité de la présence chinoise dans un pays occupé illégalement. Or, le fiasco du parcours de la flamme olympique
, à Paris, a montré clairement à la Chine communiste que l’opinion publique internationale n’est pas dupe de la situation au Tibet.

Nous condamnons fermement les traitements faits aux populations tibétaines dans leur propre pays (Tibet) avec une politique d’apatride, où les Tibétains sont laissés pour compte par les autorités chinoises dans les affaires économiques et sociales. La culture tibétaine a subi un coup considérable sous "la folie collective de l’ère Mao", et la langue tibétaine n’est officiellement d’aucune utilité dans l’administration coloniale, où seul l’usage du mandarin est la règle.

Le gouvernement chinois poursuit, depuis 1980, une politique de sinisation de la culture tibétaine, malgré la libéralisation de l’économie à l’intérieur de la chine. Cette politique est caractérisée par une politique de discrimination, ainsi que par une politique de "deux poids, deux mesures" selon son destinataire.

La chape de plomb s’est alourdie sur le peuple tibétain après les Jeux olympiques de Pékin, et on assiste régulièrement à des répressions policières et militaires à l’encontre des Tibétains, qui ne font qu’exprimer pacifiquement leurs opinions politiques ; les objectifs des médias occidentaux s’étant tournés ailleurs, la Chine dispose d’une carte blanche pour réprimer les Tibétains sous le silence inquiétant de "la communauté internationale".

En 2008, à la surprise générale de la Communauté tibétaine en exil, dans son ensemble, et de son gouvernement basé à Dharamsala en Inde, nous avons tous appris qu’un soulèvement général des Tibétains du Tibet avait lieu dans plus de 90 localités différentes à travers le pays
; ce soulèvement populaire tibétain a démenti l’image d’un Tibet "émancipé, prospère et moderne" ; image qui n’a de cesse d’être répétée par le gouvernement chinois sur la scène internationale.

Selon un rapport annuel
rendu public le 12 Janvier 2011 par le Centre Tibétain pour les Droits Humains (TCHRD), basé à Dharamsala, en Inde, le gouvernement chinois détient 831 prisonniers politiques tibétains dont 360 d’entre eux ont été condamnés par l’appareil de "Justice", sans avoir eu accès aux droits de la défense, et parmi eux ,12 personnes sont condamnés à perpétuité.

Le rapport indique qu’en 2010, 188 tibétains sont connus pour avoir été arrêtés ou détenus, dont 71 d’entre eux ont été condamnés par les tribunaux dans les mêmes conditions de déni du droit.

Par ailleurs, le rapport souligne que depuis 2008, plus de 60 écrivains tibétains, blogueurs, intellectuels et personnalités du monde culturel ont été arrêtés. Nous savons également que 9 Tibétains ont été condamnés à mort, et parmi eux deux ont été exécutés, et les autres ont un sursis d’exécution de deux ans. Parmi ces derniers M. Sonam Tsering, Lama Lhakpa et Sodor Kolu originaire du monastère de Chamdo. Ceci témoigne bien la réalité des conditions de vie des Tibétains militants pour la reconnaissance de la liberté d’expression ; en conséquence, nous devons dénoncer avec détermination, les abus et les violations aggravées et répétées des droits fondamentaux du peuple tibétain par le gouvernement chinois au Tibet.

A travers cette journée de mobilisation citoyenne, nous appelons à la résolution du problème de l’occupation chinoise du Tibet, par la voie du dialogue, dans un esprit de reconnaissance mutuelle. Que ceci puisse conduire vers un Tibet libre et autonome en substance.

Vive le Tibet libre et longue vie à Sa Sainteté le Dalaï Lama.

Par Thupten Gyatso, Président de CTF, pour le Bureau de "la Communauté Tibétaine de France et ses Amis"


LE TIBET FERMÉ AUX TOURISTES ÉTRANGERS
EN MARS 2011

Les autorités chinoises ont fermé le Tibet aux touristes étrangers pour le mois de mars, qui marque le troisième anniversaire d’émeutes anti-chinoises à Lhassa .
"Le bureau du tourisme ne donnera pas de permis aux étrangers pour se rendre au Tibet en mars", a déclaré par téléphone de Lhassa une responsable de la Compagnie générale du tourisme du Tibet.
"Vous ne pouvez pas venir en mars et en ce qui concerne avril, nous attendons encore une notification", a-t-elle poursuivi.

D’autres agences de voyage ont confirmé que le Tibet resterait fermé aux voyageurs étrangers en mars, l’une d’entre elles disant que toute demande pour se rendre sur le Toit du monde nécessitait un délai de traitement d’au moins dix jours.

Pour se rendre au Tibet, les touristes étrangers doivent habituellement voyager en groupes et obtenir un laissez-passer spécial, en plus du visa chinois.
A la suite des émeutes de 2008, qui avaient provoqué des incendies et des pillages à Lhassa, les étrangers n’ont plus eu le droit se rendre au Tibet pendant plus d’un an.

Cette information a été confirmée par le site China Daily, le 7 mars 2011 sous des prétextes pour le moins curieux.
Le China Daily affirme ainsi que le Tibet est fermé "en raison d’un climat particulièrement froid, d’une capacité d’accueil limitée, et de craintes pour la sécurité", bien que les autorités locales ne pensent pas qu’il y ait de problèmes avec les touristes étrangers, selon Zhang Qingli, chef du Parti au Tibet, actuellement présent à la session annuelle du Parlement chinois à Pékin.
L’article ajoute également que la capacité d’accueil est limitée "en raison du grand nombre de personnes se rendant au Tibet pour célébrer le 60ème anniversaire de la libération pacifique du Tibet".

Tibet-info.net
Le 07/03/2011


LA SITUATION DES DROITS DE L'HOMME
AU TIBET PIRE QU'EN CHINE


Dans le tout dernier rapport annuel de "Freedom House", groupe américain indépendant de surveillance des droits, le Tibet fait partie des pays et territoires ayant le niveau le plus bas en ce qui concerne à la fois les droits politiques et les libertés civiles.
La situation du Tibet est inscrite aux côtés de celle de la Birmanie, la Guinée équatoriale, l’Érythrée, la Libye, la Corée du Nord, la Somalie, le Soudan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan.
La situation du Tibet est inscrite aux côtés de celle de la Birmanie, la Guinée équatoriale, l’Érythrée, la Libye, la Corée du Nord, la Somalie, le Soudan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan.
Mais le rapport "
Freedom in the world 2011" cite la Chine – avec l’Égypte, l’Iran, la Russie et Venezuela – comme faisant partie des pays qui ont intensifié les mesures répressives avec une grande hardiesse

Parmi les incidents les plus notables de 2010, l’enquête cite :
- les efforts de la Chine pour convaincre le Comité du Prix Nobel de rejeter l’attribution du prix à Liu Xiaobo, défenseur de la démocratie emprisonné,
- sa pression sur les gouvernements étrangers afin de boycotter la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix et
- ses menaces de représailles économiques contre la Norvège, pays dans lequel les prix ont été remis.

Au total, sur 194 pays, le rapport ne trouve que 87 pays véritablement libres - deux de moins qu’en 2009 –, seulement 60 pays "partiellement libres" et 47 "non libres".

Par Monique Dorizon,
Tibet-info.net, le 20/01/2011



RÉSULTATS DU RECENSEMENT
DE LA COMMUNAUTÉ TIBÉTAINE EN EXIL
(effectué en avril 2009)


L’Administration centrale tibétaine, sise à Dharamsala (Inde) a annoncé les résultats du dernier recensement de tous les Tibétains exilés.

Le chiffre officiel est de 127 935 se répartissant en 70 556 hommes et 57 379 femmes ayant répondu au questionnaire.

Inde : 94 203
Népal : 13 514
Bouthan : 1 298
Reste du monde : 18 920

Par ailleurs, 79,4 % des Tibétains sont alphabétisés.

Il convient de savoir que le nombre de réfugiés tibétains en exil est beaucoup plus important, mais ces résultats sont strictement basés sur un questionnaire précis en application des normes internationales de recensement et qui doit être rendu dans un laps de temps bien défini.

Bureau du Tibet, 12/01/2011


DÉTENTION PAR LA CHINE DE
831 PRISONNIERS POLITIQUES TIBÉTAINS


Dans son dernier rapport, le Tibetan Center for Human Rights and Democracy (Centre Tibétain des Droits de l’Homme et de la Démocratie), basé à Dharamsala, stipule qu’à la date du 30 décembre 2010, le nombre de prisonniers politiques tibétains se montait à 831, dont 360 condamnés par les tribunaux, et 12 condamnés à la prison à vie.
Le rapport précise qu’au cours de l’année 2010, 188 Tibétains ont été arrêtés ou détenus, dont 71 ont été jugés. Il ajoute que depuis 2008, plus de 60 écrivains tibétains, des blogueurs, des intellectuels et des personnalités du monde de la Culture avaient été arrêtés.
Le rapport indique également que depuis le printemps 2008, 9 tibétains ont été condamnés à mort, dont deux exécutés, les autres sont en période probatoire de 2 ans. Parmi ceux-ci figurent Sonam Tsering, Lama Lhaka et Sodor du monastère de Kolu dans la Préfecture de Chamdo, condamnés en 2010.

Le rapport critique également la politique éducative menée par la Chine au Tibet, notamment une ordonnance du Gouvernement de la Province du Qinghai qui exigeait que toutes les leçons et manuels de l’école primaire soient en langue chinoise d’ici 2015, sauf pour les cours de langue tibétaine et d’anglais. L’annonce de la mise en place de cette politique avait entraîné des manifestations suivies par des milliers d’étudiants dans toute la province en octobre 2010.

Le rapport accuse la Chine de s’attaquer davantage à la liberté religieuse au Tibet en annonçant en septembre 2010 par l’Administration d’État pour les affaires religieuses son ordonnance n° 8, intitulée "Mesure de gestion pour les monastères bouddhistes tibétains et les temples" entrée en vigueur au 1er novembre. Parmi beaucoup d’autres choses, la réglementation rend illégal pour les centres religieux du Tibet le maintien de lien avec des personnalités religieuses étrangères.

En ce qui concerne la politique de développement et la modernisation du Tibet, le rapport accuse la Chine d’ignorer une approche fondée sur les droits et le besoin, ce qui entraîne pour les agriculteurs et les nomades tibétains des difficultés extrêmes dans leurs conditions de vie.

Par Monique Dorizon,
Tibet-info.net, le 15/01/2011


 

DROITS DE L'HOMME :
LA CHINE N'A PAS TENU SES PROMESSES


La Chine n’a pas tenu les objectifs qu’elle s’est elle-même fixés en matières de Droits de l’Homme, continuant à fouler aux pieds ces derniers, selon un rapport publié le 11 janvier 2011 par l’organisation Human Rights Watch (HRW), basée à New York.
Dans un plan adopté en 2009, le gouvernement chinois avait promis de garantir des libertés politiques et civiques, tout comme les droits des minorités comme les Tibétains et les Ouïghours, et de coopérer avec d’autres pays sur les Droits de l’Homme.

Mais au lieu de cela, "le gouvernement a systématiquement persisté à violer les droits les plus fondamentaux mentionnés dans ce document", selon le rapport.

La Chine a "condamné des dissidents connus à de longues peines de prison sur la base d’accusations fallacieuses de subversion ou de violation de secrets d’Etat, a renforcé les restrictions à la liberté des médias et de l’internet, ainsi que la surveillance des avocats, des défenseurs des Droits de l’Homme et des ONG", poursuit le texte.

Pékin a aussi "contrôlé davantage les Ouïghours et les Tibétains, fait disparaître ou placé en détention arbitraire de plus en plus de personnes, parfois détenues au secret dans des lieux appelés ’prisons noires’ ou illégales", détaille Human Rights Watch.

Le rapport relève également que la Chine a répondu à l’attribution du prix Nobel de la paix au dissident Liu Xiaobo par "une vague de répression contre la dissidence réelle ou supposée".
"L’échec du gouvernement à mettre en œuvre son plan montre clairement qu’il s’agissait davantage d’un exercice de relations publiques que d’un moyen utile de protéger et de promouvoir les droits humains du peuple chinois", a déclaré dans un communiqué Sophie Richardson, directrice pour l’Asie de l’organisation.

Le gouvernement chinois répond généralement aux critiques occidentales en arguant que les droits fondamentaux de ses citoyens sont garantis et que grâce à sa politique, des dizaines de millions de personnes sont sorties de la pauvreté au cours des 30 dernières années.
HRW a encore souligné que l’usage de la torture restait monnaie courante en Chine pour obtenir des aveux des suspects, et critiqué le refus de Pékin de révéler le nombre de personnes exécutées chaque année dans le pays.
Selon les observateurs, la Chine appliquerait davantage la peine de mort que tous les autres pays du monde réunis.

Tibet-info.net, le 11/01/2011


JIGME GYATSO ENTRE LA VIE ET LA MORT,
SUITE AUX TORTURES
ET AUX AUTRES MAUVAIS TRAITEMENTS


Un prisonnier politique Tibétain nommé Jigme Gyatso qui purge une peine de prison d’une durée de 17 ans à la prison de Chushul, près de la capitale du Tibet, Lhassa, est dans un état de santé critique, en raison de graves tortures, selon un rapport reçu par l’Administration Centrale Tibétaine.

En 1996, la Cour Populaire Intermédiaire de Lhassa a condamné Jigme Gyatso pour des actions subversives conduites avec un groupe de Tibétains résidant à Lhassa. Jigme Gyatso fut ensuite enfermé à la prison de Drachi pour une peine de prison de 15 ans assortie de travaux forcés.

Alors qu’il était en prison, Jigme Gyatso continuait à lancer des slogans pour la longue vie de Sa Sainteté le Dalaï Lama, ce qui lui valut une prolongation de deux ans d’incarcération. Sévèrement torturé et battu, Jigme Gyatso se trouve maintenant dans un état d’extrême faiblesse physique.

Jigme Gyatso est né en 1961 à Sangchu au Tibet dans la province de l’Amdo. Il vivait à Lhassa avant son arrestation et sa mère est décédée deux ans après qu’il ait été arrêté.

Il aura été l’un des premiers Tibétains à avoir travaillé pour la juste cause du Tibet à Sanghcu (Ladrang dans la Province de l’Amdo). Pendant son séjour dans Lhassa il avait rejoint des amis Tibétains et s’était fortement engagé dans nombre d’activités pour le Tibet.

Malgré leur faiblesse physique suite à des coups, de nombreux Tibétains, comme Jigme Gyatso, conservent leur esprit de détermination et de courage afin de braver la répression.

Traduction France Tibet

Tibetan.fr, le 05/01/2011


TROIS TIBÉTOLOGUES DÉNONCENT LES SORTIES 
DE RAFFARIN ET COPÉ


Trois enseignants critiquent les récentes déclarations de l’ex-Premier ministre et du secrétaire général de l’UMP sur la Chine et le Tibet.

Un article paru sur un site officiel d’information chinois
china.org.cn, du 3 décembre 2010, mais semble-t-il peu repris par les médias français, nous apprend que lors d’un séminaire qui s’est tenu à Pékin le 2 décembre avec de jeunes Chinois, monsieur Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, a déclaré que la question tibétaine n’était pas centrale dans les relations sino-françaises et que l’engagement français à soutenir l’unité chinoise avait été clairement confirmé dans un communiqué commun signé durant le G20 à Londres au début de l’année.

Ce n’est pas la première fois que monsieur Raffarin exprime son adhésion complète au régime autoritaire de type colonial qui caractérise l’administration politique de la Chine au Tibet, transformant la France en un ex-pays défenseur des Droits de l’Homme. Les intérêts économiques supposés que la France pourrait retirer de ce pacte ne devraient cependant pas obliger Monsieur Raffarin, à l’égal de Monsieur Jean-Luc Mélenchon
, à relayer le discours des autorités chinoises dont la politique en matière des Droits de l’Homme et des minorités ethniques n’est nullement compatible avec nos valeurs européennes.

Par ailleurs, lors de ce même séminaire, monsieur Jean-François Copé, président de l’UMP, a affirmé que "la plupart des Français savent très peu de choses au sujet du Tibet" et que ce qu’ils apprennent vient "d’observateurs français". Il aurait été utile qu’il précise ce qu’il entendait par cette expression. Il apparaît que monsieur Copé ignore que la France est, avec la Russie, le premier lieu en Occident où le tibétain a été enseigné à l’université (depuis 1842 aux Langues Orientales). L’école française de tibétologie est connue dans le monde entier pour la qualité de ses recherches. Deux chaires sont consacrées aux études tibétaines à l’École pratique des Hautes Études, trois équipes du CNRS comptent des tibétologues, cinq grandes bibliothèques de recherche en France possèdent des fonds tibétains importants et la BNF est en possession d’une partie des manuscrits de Dunhuang, premiers documents historiques en langue tibétaine (VIII-Xe s.). Nous sommes un certain nombre de spécialistes qui consacrons notre vie à l’étude de la culture, de la langue, de l’histoire et de la civilisation tibétaines et dont les travaux sont accessibles au grand public.

Nous sommes payés par la République pour enseigner, publier, apporter nos connaissances sur le Tibet et ses populations dont la culture singulière et d’un haut raffinement intellectuel est en danger, conséquence de la politique du gouvernement chinois depuis plus d’un demi-siècle.

Il serait souhaitable que nos politiciens commencent enfin à se renseigner sur la question tibétaine. Cela leur permettrait ainsi de comprendre pourquoi les Tibétains dans leur ensemble, en Chine comme en exil, contestent le "grand récit" de l’État chinois et les "bienfaits" de sa colonisation.

- Katia Buffetrille, ethnologue et tibétologue, École pratique des Hautes Études
- Françoise Robin, maître de conférences, Institut national des langues et civilisations orientales
- Heather Stoddard, professeur des universités, Institut national des langues et civilisations orientales

Nouvelobs.com, le 05/01/2011


UN ÉCRIVAIN TIBÉTAIN S'EXPRIME
SUR LA RÉPRESSION AU TIBET
ET SUR LE SÉISME DE JYEKUNDO



"J’ai souvent perdu patience et tolérance lorsque je réagissais contre les politiques sévères de la Chine, menées envers les Tibétains, qui aggravent la situation extrêmement tendue au Tibet" a déclaré Mr Gedun Tsering (20 ans), écrivain tibétain et ancien professeur du Canton de Serdeu, Comté de Marthang, dans la "Préfecture autonome tibétaine et qiang de Ngaba", Province du Sichuan, récemment réfugié en Inde.

Dans leurs ouvrages, lui et plusieurs autres écrivains tibétains ont mis en avant les faits et les formes de la violence continuelle de la Chine subie par les Tibétains, à l’intérieur du Tibet.

Récemment, Tsering a réussi à s’échapper du Tibet sain et sauf ; actuellement c’est l’un des derniers réfugiés tibétains arrivés dans la ville indienne de Dharamsala, où est installé le gouvernement tibétain en exil.
Prenant la parole pour le "
Tibet Post International" (TPI), il déclare que le régime communiste l’a accusé d’incitation au séparatisme. Depuis janvier 2010, soit depuis près d’un an, il se cachait dans les collines et les montagnes de la région de Ngaba, au Tibet oriental, après que les autorités chinoises aient considéré plusieurs livres et écrits comme "incitation à des activités pour scinder la nation".
Les écrivains impliqués dans la rédaction des livres et revues incriminés ont été considérés comme ayant des motivations politiques au sujet de divers problèmes du Tibet. Mais Tsering a dit que les articles des livres et des revues sont, dans leurs opinions, d’avant-garde et empreints de réalisme.
"Les larmes" (Tib : Migchu), "La langue" (Tib : Che), "L’œil vivant" (Tib : Sonmig) et "Luttes pacifiques" (Tib : Shiwai Drakgol), tous ces ouvrages ont été accusés "d’incitation à des activités politiques".

Questionné sur les difficultés à rédiger "L’œil vivant" et "Les larmes" au Tibet, Tsering raconte : "Je pensais que, si vous protestez simplement dans les rues et les villages, vous ne savez jamais si de bons résultats en résulteront, mais si vous ne faites rien, il n’y aura aucun résultat, alors nous avons décidé de créer une tribune grâce aux médias, y compris par des journaux et des revues tibétains pour que notre voix soit entendue dans le monde. Par conséquent, ces livres s’intéressaient essentiellement aux événements de 2008-2010 au Tibet, y compris les manifestations pacifiques dans toutes les régions du Tibet, la répression de la Chine depuis mars 2008, et contredisaient la propagande des médias contrôlés par l’Etat chinois sur la question du Tibet".

Tsering a souligné que tous les sites web populaires tibétains et les blogs, où les universitaires, les moines et les étudiants tibétains publient habituellement leurs articles, étaient fermés par les autorités chinoises, la Chine les accusant d’incitation au séparatisme en raison de leurs opinions sur le Tibet.
Aujourd’hui, au Tibet, il n’existe pas d’excellents sites web d’information ou de blogs où les Tibétains peuvent accéder aux informations et mentionner leurs opinions. Trop de restrictions sur la liberté de la presse et la liberté d’expression demeurent.

"Dans le livre ’L’œil vivant’, nous avons exprimé certaines opinions sur l’importance de la protection de l’environnement au Tibet mais aussi la préservation et la promotion de la culture tibétaine" dit Tsering.
"Moi et mes collègues originaires de diverses parties du Tibet discutions et préparions la distribution des livres, en fait, c’était le 1er janvier 2010, plus de 5 000 livres et revues avaient été largement distribués dans de nombreuses régions du Tibet. Mais les autorités chinoises nous ont accusés d’incitation à scinder la patrie".

"Moi et sept autres écrivains tibétains, nous avons aussi composé un livre intitulé ’La Langue’ (Tib : Che) qui mettait essentiellement l’accent sur le récent et grave tremblement de terre à Jyekundo 
au Tibet oriental, qui a tué beaucoup de gens, et plus tard, nous avons distribué le livre", dit-il. "Les autorités chinoises ne nous ont pas autorisés à aller dans les régions touchées par le séisme". "Nous avons entendu leurs pleurs, leurs voix ont été seulement entendues depuis là où ils étaient piégés sous les décombres. Les autorités ont également refusé l’autorisation d’accès à de nombreux journalistes tibétains" a aussi déclaré Tsering au TPI.

Parlant au TPI au sujet du livre "L’œil vivant", Tsering affirme : "D’innombrables Tibétains ont perdu leur vie en luttant pour la vérité et la justice au Tibet lors des manifestations pacifiques s’étant déroulées dans toutes les régions du Tibet, au cours de l’année 2008".

Il ajoute : "Nous avons exprimé comment, en colère et pleins de haine, nous avons subi les autorités chinoises, et n’avons pas réussi à garder notre patience et notre tolérance envers les autorités communistes qui ont mené une persécution généralisée et massacré des Tibétains dans leur propre patrie".

Par Monique Dorizon,
Tibet-info.net, le 04/01/2011


LA RÉPRESSION SE POURSUIT SUR DREPUNG

D'éminents moines du monastère de Drepung, sans passé politique, condamnés à des peines allant de 15 ans d’emprisonnement à la prison à vie.

Des Tibétains de Lhassa sont inquiets du sort et de la sécurité de 3 moines du monastère de Drepung détenus depuis avril 2008, ayant été condamnés à des peines allant de 15 ans à la prison à vie.
Ces lourdes peines infligées aux moines sont à replacer dans le contexte d’une répression ininterrompue sur le monastère de Drepung, après que les moines de ce monastère aient été à l’avant-garde des manifestations pacifiques à Lhassa, commencées le 10 mars 2008.
Selon les organisations "
International Campaign for Tibet" et "Tibetan Center for Human Rights and Democracy", Jampel Wangchuk, 55 ans, maître de discipline, a été condamné à la prison à vie et Kunchok Nyima, 43 ans, maître d’écriture, a été condamné à 20 ans de prison. Selon le Gouvernement tibétain en exil, un troisième moine, Ngawang Choenyi, âgé de 38 ans, maître d’écriture, aurait été condamné à 15 ans de prison.
Les charges exactes portées contre ces trois moines ne sont pas connues. Ces trois moines sont très respectés dans leur communauté.
Bien que les moines de Drepung aient joué un rôle majeur dans une importante manifestation, le 10 mars 2008, Jampel Wangchuk, Kunchok Nyima et Ngawang Choenyi, n’auraient pas pris part à ces mouvements de protestation.
D’après une source ayant des contacts à Lhassa "la raison réelle de leur condamnation serait que les autorités utilisent le prétexte des manifestations pour détenir des membres influents de la communauté de Drepung, sans aucun lien avec la politique. On peut se faire du souci pour le sort de ces trois moines".

La situation de deux autres moines de Drepung, arrêtés en même temps, Ngawang Sertho et un cuisinier portant le surnom de "Gyakpa" ("Gros") demeure inconnue.
En août 2009, selon le Tibetan Center for Human Rights and Democracy, un autre moine détenu alors, Gyalpo, est décédé en prison à la suite des tortures infligées
Le Gouvernement tibétain en exil a établi la condamnation de 42 moines de Drepung depuis mars 2008.
Le même rapport déclare que Lobsang Wangchuk, moine de Drepung, originaire de Lhassa était presque aveugle à la suite de mauvais traitements en détention dans un lieu inconnu.
ll y a eu au Tibet un accroissement de condamnations à la prison à vie depuis la répression ayant débuté en mars 2008.
Wangdue, un ancien responsable d’un programme contre le Sida à Lhassa dirigé par l’Institut australien Burnet, a été condamné à la prison à vie pour "espionnage" à Lhassa en 2008.

Avant 2008, l’influent professeur de religion Tenzin Delek Rinpoche, qui supervisait un renouveau religieux parmi les communautés de sa région et avait créé des écoles, des foyers pour personnes âgées et des institutions religieuses, a été condamné à mort, condamnation commuée en prison à vie à la suite de sa détention en 2002, accusé d’avoir posé des bombes.
Le moine, Choeying Khedrub (Sey Khedrup) a été condamné le 29 janvier 2001 à la prison à vie par la Cour Suprême de la Région autonome du Tibet pour "crime d’incitation à la scission" après avoir été accusé d’avoir imprimé et distribué des tracts parlant d’indépendance.

Le cycle de manifestation qui a entraîné des actes de répression violente dans tout le Tibet a commencé par une marche bien ordonnée vers Lhassa menée par plusieurs centaines (250 ?) de moines de Drepung. Les moines connaissaient déjà de fortes restrictions à la suite de leur tentative de célébration de la Médaille d’or attribuée par le Congrès américain au Dalaï Lama en octobre, un an auparavant.

Des dizaines de moines ont été arrêtés après s’être tenus à distance du personnel de sécurité à la suite d’un sit-in de protestation de nombreux moines, dont beaucoup pleuraient en récitant des prières de longue vie pour le Dalaï Lama. Aux autres, il a été ordonné de retourner au monastère. Celui-ci a été barricadé par les forces de sécurité à la suite de cet incident.
Les 10 et 11 avril 2008, des camions militaires ont manœuvré à proximité du monastère de Drepung et la route y menant a été de nouveau fermée. Les moines de Drepung ont été empêchés de quitter le monastère pour aller chercher de la nourriture.
Jampel Wangchuk, Kunchok Nyima et Ngawang Choenyi ont été arrêtés le 11 avril et aujourd’hui encore, leur lieu de détention n’est pas connu.

- Jampel Wangchuk (nom civil : Tsepel) a été condamné à la prison à vie. Il est originaire de Tsotoe dans le Comté de Phenpo Lhundrup (ch : Linzhou) Région autonome du Tibet (TAR).
- Kunchok Nyima est originaire de Ngaba (ch : Aba) au Sichuan, région tibétaine du Kham. On avait cru qu’il avait été renvoyé dans sa région d’origine comme d’autres moines de Lhassa originaires d’autres régions que la Région autonome du Tibet, mais il n’est jamais arrivé.
- Ngawang Choenyi (nom civil : Kalden) est originaire du quartier de Shasuzur à Lhassa.

En avril 2008, des centaines de membres de la police armée (PAP) ont effectué des descentes dans les 3 principaux monastères, Sera, Drepung et Ganden, déjà encerclés et sous haute surveillance à la suite du début des manifestations de mars. Les descentes se passaient aux premières heures du jour, et selon plusieurs témoignages, plusieurs centaines de moines ont été emmenés. Selon un témoignage, c’est plus de 600 moines qui ont été emmenés du monastère de Drepung à l’aube du 25 avril 2008, certains avec des cagoules noires sur la tête.
Beaucoup d’entre eux ont été emmenés à Golmud au Qinghai par le train et détenus dans une prison militaire. Plus tard, les autorités ont affirmé "qu’ils étaient partis étudier".
La poétesse tibétaine Woeser s’est exprimée au sujet d’une chanson écrite par un moine de Drepung, alors en détention à Golmud. Elle était basée sur une chanson populaire de l’Amdo, Tibet oriental.
Cette chanson fut apprise par de nombreux moines détenus, et comportait ces paroles :

Les trois places de Sera, Drepung et Ganden
Sont touchées par l’haleine d’un serpent venimeux
A cause de cette mer de circonstance adverse
On n’a plus le droit d’étudier assidument les textes écrits


Depuis que les moines de Drepung sont descendus dans la rue, le 10 mars 2008, le Gouvernement chinois a mis en place une vaste dissimulation de la torture, des disparitions et des assassinats qui ont eu lieu au Tibet, ainsi qu’une offensive de propagande virulente contre le Dalaï Lama. Faisant partie de cette offensive, des fonctionnaires ont intensifié la mise en place de campagnes de rééducation patriotique afin "d’offrir aux moines une éducation légale car les activités religieuses doivent être aussi considérées dans le cadre de la loi".
"L’éducation patriotique" est menée dans les monastères et couvents tibétains afin de renforcer le contrôle du Parti sur la religion et de saper l’influence du Dalaï Lama dans la société et les institutions religieuses, exigeant des moines et des nonnes de signer des déclarations publiques reniant le Dalaï Lama.

Par Monique Dorizon,
Tibet-info.net, le 03/01/2011

 
 

Le Tibet à Bordeaux  
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LE TIBET BRULE !
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PÉTITIONS EN LIGNE :
Demande d'une enquête dans la violation des Droits de l'Homme au Tibet
Signez la pétition adressée au Secrétaire Général de l'ONU
Arrêtez la destruction de Lhassa
Signez la pétition adressée à l'UNESCO et à l'ICOMOS

UNE CITATION DU DALAI-LAMA :
« Le Tibet est une nation ancienne, qui a en héritage une culture extrêmement riche, mais qui semble avoir reçu une condamnation à mort. (...)
Vous, les pays européens, vous jouissez des libertés fondamentales. Aussi est-il important que vous soyez solidaires des peuples qui n’en bénéficient pas, et agissiez en conséquence. »
Extrait de l'entretien du Dalaï-Lama au Sénat à Paris le 13 août 2008

 
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